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Jean 6.48
Grande Bible de Tours


1 Jésus s’en alla ensuite au-delà de la mer de Galilée, c’est-à-dire de Tibériade.
2 Et une grande foule le suivait, voyant les miracles qu’il faisait en faveur des malades.
3 Jésus monta donc sur une montagne, et s’y assit avec ses disciples.
4 Or, le jour de Pâque, la fête des Juifs était proche.
5 Jésus, ayant donc levé les yeux, et voyant une grande foule de peuple venir à lui, dit à Philippe : Où achèterons-nous des pains pour donner à manger à tout ce monde ?
6 Mais il disait cela pour le tenter ; car il savait bien ce qu’il devait faire.
7 Philippe lui répondit : Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour en donner un peu à chacun.
8 Un de ses disciples, André, frère de Simon Pierre, lui dit :
9 Il y a ici un enfant qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de personnes ?
10 Jésus dit : Faites-les asseoir. Or il y avait beaucoup d’herbe en cet endroit, et environ cinq mille hommes s’y assirent.
11 Jésus prit donc les pains ; et, ayant rendu grâces, il les distribua à ceux qui étaient assis ; et il leur donna de même des poissons autant qu’ils en voulaient.
12 Lorsqu’ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : Recueillez les morceaux qui sont restés, afin que rien ne se perde.
13 Ils les ramassèrent donc, et emplirent douze corbeilles des morceaux des cinq pains d’orge qui étaient restés après que tous en eurent mangé.
14 Et ces hommes, ayant vu le miracle qu’avait opéré Jésus, disaient : Il est vraiment le Prophète qui doit venir dans le monde.
15 Mais Jésus, sachant qu’ils devaient venir l’enlever pour le faire roi, s’enfuit encore seul sur la montagne.
16 Lorsque le soir fut venu, ses disciples descendirent au bord de la mer,
17 Et montèrent dans une barque pour traverser la mer et se rendre à Capharnaüm. Il était déjà nuit, et Jésus n’était pas venu à eux.
18 Cependant la mer s’enflait, à cause de la violence du vent.
19 Lorsqu’ils eurent ramé environ l’espace de vingt-cinq ou trente stades, ils virent Jésus marcher sur la mer, et près de leur barque ; ils furent remplis de frayeur.
20 Mais il leur dit : C’est moi, ne craignez pas.
21 Ils voulurent donc le prendre dans leur barque, et la barque se trouva aussitôt au lieu où ils allaient*.
Saint Jean omet ici plusieurs circonstances rapportées par les autres évangélistes, pour placer un fait miraculeux dont ils n’avaient pas parlé.
22 Le lendemain, le peuple, qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une seule barque, et que Jésus n’y était pas entré avec ses disciples, mais que les disciples seuls étaient partis.
23 D’autres barques vinrent de Tibériade, près du lieu où le Seigneur, après avoir rendu grâces, les avait nourris de cinq pains,
24 Et ils connurent que Jésus n’était plus là, ainsi que ses disciples. Ils entrèrent dans ces barques, et allèrent à Capharnaüm, cherchant Jésus.
25 Et, l’ayant trouvé au-delà de la mer, ils lui dirent : Maître, quand êtes-vous venu ici ?
26 Jésus leur répondit : En vérité, en vérité je vous le dis, vous me cherchiez, non à cause des miracles que vous avez vus, mais parce que vous avez mangé des (cinq) pains, et que vous avez été rassasiés.
27 Travaillez pour avoir, non la nourriture qui périt, mais celle qui demeure pour la vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera ; car Dieu le Père a imprimé son sceau sur lui*.
Les miracles opérés par Jésus-Christ sont un témoignage d’une signification évidente ; la puissance divine de Jésus est la marque ou le sceau de Dieu le Père.
28 Ils lui dirent : Que ferons-nous pour faire des œuvres de Dieu ?
29 Jésus leur répondit : L’œuvre de Dieu est que vous croyiez en Celui qu’il a envoyé.
30 Ils lui dirent : Quel signe donc faites-vous, afin que nous le voyions et que nous croyions en vous ? Que faites-vous* ?
Témoins du miracle de la multiplication des pains, les Juifs demandaient un signe comparable au miracle de la manne qui tomba durant quarante ans dans le désert.
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger le pain du ciel*.
Exode, XVI, 14. — Nombr., XI, 7. — Ps. LXXVII, 24. — Sag., XVI, 20.
32 Jésus leur répondit : En vérité, en vérité je vous le dis, Moïse ne vous a point donné le pain du ciel ; mais mon Père vous donne le véritable pain du ciel.
33 Car le pain de Dieu est Celui qui est descendu du ciel, et qui donne la vie au monde.
34 Ils lui dirent donc : Seigneur, donnez-nous toujours ce pain.
35 Jésus leur répondit : Je suis le pain de vie ; celui qui vient à moi n’aura pas faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif.
36 Mais, je vous l’ai dit, vous m’avez vu, et vous ne croyez pas.
37 Tout ce que mon Père me donne viendra à moi ; et je ne jetterai point dehors celui qui vient à moi ;
38 Car je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de Celui qui m’a envoyé.
39 Or la volonté de mon Père, qui m’a envoyé, est que je ne perde aucun de tous ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour.
40 La volonté de mon Père, qui m’a envoyé, est que quiconque voit le Fils, et croit en lui, ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour.
41 Les Juifs donc murmuraient contre lui de ce qu’il avait dit : Je suis le pain vivant qui suis descendu du ciel.
42 Et ils disaient : N’est-ce pas là Jésus, fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment donc dit-il : Je suis descendu du ciel ?
43 Mais Jésus leur répondit : Ne murmurez point entre vous.
44 Personne ne peut venir à moi, si mon Père, qui m’a envoyé, ne l’attire ; et je le ressusciterai au dernier jour.
45 Il est écrit dans les Prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Tous ceux donc qui ont entendu la voix du Père, et ont été enseignés par lui, viennent à moi.
46 Ce n’est pas qu’aucun homme ait vu le Père, si ce n’est Celui qui est de Dieu ; car Celui-là a vu le Père.
47 En vérité, en vérité je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle.
48 Je suis le pain de vie.
49 Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts.
50 Voici le pain descendu du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point.
51 Je suis le pain vivant, qui suis descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai est ma chair pour la vie du monde*.
Cette promesse de l’Eucharistie démontre le dogme de la présence réelle.
52 Les Juifs disputaient donc entre eux, en disant : Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger ?
53 Et Jésus leur dit : En vérité, en vérité je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et ne buvez son sang, vous n’aurez point la vie en vous.
54 Celui qui mange ma chair et boit mon sang, a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour*,
L’Eucharistie, reçue avec les dispositions requises, est un gage de l’immortalité bienheureuse. (Voy. S. IGNAT. Epist. ad Ephes., cap. V. — S. IREN. lib. V, cap. II.)
55 Car ma chair est vraiment nourriture, et mon sang est vraiment breuvage.
56 Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et je demeure en lui.
57 Comme mon Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que je vis par mon Père, de même celui qui me mange vivra aussi par moi.
58 Voici le pain qui est descendu du ciel. Ce n’est pas comme vos pères qui ont mangé la manne, et qui sont morts : celui qui mange ce pain vivra éternellement.
59 Jésus dit ces choses enseignant dans la synagogue de Capharnaüm.
60 Beaucoup de ses disciples, en l’entendant, dirent : Ces paroles sont dures, et qui peut les écouter ?
61 Mais Jésus, connaissant en lui-même que ses disciples murmuraient sur ce sujet, leur dit : Cela vous scandalise-t-il ?
62 Et si vous voyiez le Fils de l’homme monter où il était auparavant ?
63 C’est l’esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai adressées sont esprit et vie.
64 Mais il y en a quelques-uns parmi vous qui ne croient pas. Car Jésus savait dès le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui devait le trahir.
65 Et il leur disait : C’est pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi, s’il ne lui est donné par mon Père.
66 Dès lors beaucoup de ses disciples se retirèrent et n’allaient plus avec lui.
67 Jésus dit donc aux douze : Et vous, voulez-vous aussi me quitter ?
68 Simon Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irons-nous ? Vous avez les paroles de la vie éternelle.
69 Nous croyons, et nous savons que vous êtes le Christ, Fils de Dieu.
70 Jésus leur répondit : Ne vous ai-je pas choisis au nombre de douze ? et un de vous est un démon.
71 Il parlait de Judas Iscariote, fils de Simon ; car c’était lui qui devait le trahir, quoiqu’il fût un des douze.

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