/   /   /  Jean 2:8     

Jean 2.8
Vigouroux


1 Trois jours après, il se fit des noces à Cana en Galilée, et la mère de Jésus y était.
[2.1 Cana en Galilée est célèbre non seulement par le miracle de l’eau changée en vin, mais aussi par un autre miracle raconté dans Jean, 4, 46-54. C’est là qu’était né Nathanaël, voir Jean, 21, 2. — « Aujourd’hui, la Cana évangélique s’appelle Kafr-Kenna, sur le chemin de Nazareth à Tibériade. Les chrétiens y ont une église bâtie des débris d’une autre plus magnifique, changée plus tard en mosquée et détruite aujourd’hui. On y [montre] deux des hydries dans lesquelles l’eau fut changée en vin. Elles sont en calcaire compact du pays et travaillées assez grossièrement. Elles n’ont absolument aucune sculpture. Voici leurs dimensions : la grande urne, de forme plus arrondie a 1 mètre 20 centimètres sur 80 centimètres ; la seconde, plus allongée, a 90 centimètres sur 75. Chacun des hydries contenait, dit l’évangéliste, deux ou trois métrètes, or cette mesure vaut près de 39 litres. La capacité des urnes de l’Evangile variait de 78 à 117 litres. Or la plus grande des urnes actuelles peut contenir 100 litres et la plus petite 60 litres. Il y a donc complète coïncidence. Elles ont été vues à la fin du VIe siècle par Antonin le Martyr. — On montre encore à Kenna les ruines de la maison de l’un des douze Apôtres, Simon, [que plusieurs croient être l’époux des noces de Cana]. — Saint Jérôme nous apprend qu’il y a deux Cana. L’une du côté de Sidon, et celle-ci il l’appelle la Grande ; l’autre, qu’il appelle la Petite. Aujourd’hui les Arabes appellent Kenna-el-Djalil la Cana voisine de la Phénicie. Or, el-Djalil en arabe signifie la Grande. Cet accord du nom moderne avec le texte de saint Jérôme tranche la question. Â» (J.-H. MICHON.)]
2 Et Jésus fut aussi invité aux noces, avec ses disciples.
3 Et le vin venant à manquer, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont pas de vin.
4 Jésus lui dit : Femme, qu’y a-t-il entre moi et vous ? Mon heure n’est pas encore venue.
[2.4 Femme. Ce mot ne renfermait jamais chez les Hébreux une idée de mépris comme en français. Jésus attaché à la croix s’en sert, lorsqu’il recommande, de la manière la plus tendre, sa mère à son disciple bien-aimé. Les Romains et les Grecs donnaient le titre de femme à des princesses et à des reines, en leur adressant la parole. — « Plusieurs traduisent, sur le latin : « Que nous importe à l’un et à l’autre ? Â» Mais la plupart entendent ces mots autrement : « Qu’avons-nous à faire ou à concerter ensemble ? Laissez-moi la liberté que demande mon ministère. Â» Ce second sens paraît mieux en harmonie avec l’acception de ces mots dans la Bible et avec l’esprit du quatrième évangile. Puisque saint Jean écrit pour prouver que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, il doit plutôt relever en lui un sentiment qui implique la conscience de sa divinité qu’un autre, où l’on verrait seulement un indice de sa nature humaine. « Un miracle, semble-t-il dire à sa Mère, est une œuvre toute divine : la chair et le sang n’y doivent avoir aucune part. C’est comme homme que je suis votre fils ; c’est comme Dieu que je dois agir en ce moment. Â» En parlant ainsi, Notre-Seigneur ne fait que répéter ce qu’il a déjà dit, en sortant du temple : que la volonté de son Père était la seule règle qu’il eût à suivre dans l’exercice de son ministère. Du reste, il n’y a dans ces paroles aucun reproche ni aucun blâme pour Marie, qui partage les sentiments de son Fils et qui entre dans sa pensée ; mais pour ceux qui l’entendaient, pour les Apôtres surtout, il y a une instruction importante : c’est que le Sauveur n’est pas avec sa Mère dans les mêmes rapports qu’un enfant ordinaire ; c’est que, dans l’exercice de leur ministère, les ministres de Dieu ne doivent avoir aucun égard aux inspirations de la chair et du sang. — Quant au mot : « Femme, Â» c’est en hébreu comme en grec une appellation respectueuse, qui n’a rien de dur ni de dédaigneux. Sans exclure la tendresse filiale, elle réserve au Sauveur l’indépendance que son œuvre réclame. Il n’en emploiera pas d’autre quand il cherchera à consoler sa Mère au Calvaire, ni lorsqu’il se révélera à Madeleine, après sa résurrection. Â» (L. BACUEZ.)]
5 Sa mère dit aux serviteurs : Faites tout ce qu’il vous dira.
6 Or il y avait là six urnes de pierre, pour servir aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures.
[2.6 Deux ou trois mesures, dans l’original, metretas. La metreta était la même chose que le bath, lequel avait une capacité de 38 litres 88. — Pour la purification des Juifs, parce qu’ils se lavaient pour se purifier avant et après le repas.]
7 Jésus leur dit : Remplissez d’eau ces urnes. Et ils les remplirent jusqu’au bord.
8 Alors Jésus leur dit : Puisez maintenant, et portez-en au maître d’hôtel. Et ils lui en portèrent.
[2.8 Le maître d’hôtel est appelé dans l’original architriclin, mot qu’on a francisé et qui vient d’archê, commandement et de triclinion, lit où l’on se couchait pour prendre ses repas. L’architriclin était l’intendant du festin, il était chargé de tout surveiller et de tout diriger.]

9 Dès que le maître d’hôtel eut goûté l’eau changée en vin, ne sachant d’où venait ce vin, quoique les serviteurs qui avaient puisé l’eau le sussent bien, il appela l’époux
10 et lui dit : Tout homme sert d’abord le bon vin ; puis, après qu’on a beaucoup bu, il en sert du moins bon ; mais toi, tu as réservé le bon vin jusqu’à maintenant.
11 Jésus fit là le premier de ses miracles, à Cana en Galilée ; et il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.
[2.11 Cela signifie que Jésus ne fit pas de miracles dans sa jeunesse (saint Chrysostome).]
12 Après cela, il descendit à Capharnaüm, avec sa mère, ses frères et ses disciples ; et ils n’y demeurèrent que peu de jours.
[2.12 Ses frères ; c’est-à-dire ses parents (saint Augustin). Voir Matthieu, 12, 46. — A Capharnaüm. Voir Matthieu, 4, 13.]
13 La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem.
[2.13 La Pâque des Juifs. Voir Matthieu, 26, 2. C’est la première Pâque du ministère public de Jésus.]
14 Et il trouva dans le temple des marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et des changeurs assis (à leurs tables).
[2.14 Et il trouva dans le temple, etc. Voir Matthieu, 21, 12.]
15 Et ayant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; et il jeta par terre l’argent des changeurs, et renversa leurs tables.
16 Et il dit à ceux qui vendaient des colombes : Otez cela d’ici, et ne faites pas de la maison de Mon Père une maison de trafic.
17 Or ses disciples se souvinrent qu’il est écrit : Le zèle de votre maison me dévore.
[2.17 Voir Psaumes, 68, 10.]
18 Les Juifs, prenant la parole, lui dirent : Quel signe nous montrez-vous pour agir de la sorte ?
19 Jésus leur répondit : Détruisez ce temple, et en trois jours je le rétablirai.
[2.19 Voir Matthieu, 26, 61 ; Marc, 14, 58 ; 15, 29. — Le Sauveur répond aux Juifs d’une manière énigmatique, parce qu’il connaît leur incrédulité et la malice de leur cœur. — Voilà le signe que donne le Christ : sa victoire sur la mort (saint Chrysostome). — Ce temple, en grec naos. Voir Matthieu, note 21.12 et 27, 40.]
20 Les Juifs dirent : Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et vous le rétablirez en trois jours ?
[2.20 On a mis quarante-six ans. Hérode-le-Grand fit rebâtir et embellir le temple de Jérusalem, vers l’an 20 avant Jésus-Christ. Le temple proprement dit fut achevé en un an et demi et les bâtiments accessoires en huit ans, mais la décoration n’en fut achevée que l’an 64 de notre ère, c’est-à-dire plusieurs années après la mort de Jésus-Christ. Les Juifs disent à Notre-Seigneur qu’il y a 46 ans qu’on travaille au temple, sans prétendre par là que tout est terminé.]
21 Mais il parlait du temple de son corps.
22 Après donc qu’il fut ressuscité d’entre les morts, ses disciples se souvinrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Ecriture, et à la parole que Jésus avait dite.
[2.22 Voir Psaumes, 3, 6 ; 56, 9.]
23 Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de Pâque, beaucoup crurent en son nom, voyant les miracles qu’il faisait.
24 Mais Jésus ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous
25 et qu’il n’avait pas besoin que personne lui rendît témoignage d’aucun homme ; car il savait lui-même ce qu’il y avait dans l’homme.

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