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Matthieu 3.14
Vigouroux


1 En ces jours-là, Jean-Baptiste vint, prêchant dans le désert de Judée,
[3.1 En ces jours-là, c’est-à-dire au temps de Jésus-Christ dont ce livre contient l’histoire ; car cette expression n’indique pas toujours que les faits qui la suivent soient immédiatement arrivés après ceux qui la précèdent. — Jean (Yohanan, Jéhovah fait grâce), surnommé Baptiste, parce qu’il baptisait dans le Jourdain, était de race sacerdotale, fils de Zacharie et d’Elisabeth, cousine de la sainte Vierge, voir Luc, 1, 5-80. Destiné par la Providence à être le précurseur du Messie, il se prépara à sa mission par une vie rude et austère, et il l’accomplit en prêchant la pénitence, en annonçant la venue du Messie, en baptisant Jésus et en montrant en lui l’agneau qui efface les péchés du monde, celui auquel il était chargé de préparer lui-même les voies. Il mourut martyr de son zèle à défendre la sainteté du mariage et fut décapité à Machéronte par ordre d’Hérode Antipas. Voir Matthieu, 14, 1-12. — Le désert de Judée, ainsi appelé, non qu’il fût stérile et sans pâturages, mais parce qu’il était inhabité, est la région située à l’ouest de la mer Morte. « Il consiste en un plateau déchiré par de profonds ravins, et sur lequel s’élèvent des monticules coniques. C’est un désert jaunâtre et sans eau, d’une largeur de 25 kilomètres et d’une longueur d’environ 100 kilomètres. La chaleur de cette contrée dépourvue d’arbres est considérable. Â» (A. SOCIN). La tradition fixe le séjour du précurseur à trois heures de Bethléem, à la Grotte de saint Jean-Baptiste ou désert de saint Jean, appelé dans le pays el-Habiz. « Cette grotte est située sur le haut d’une colline très escarpée, tournée au nord-ouest, et qui domine la vallée du Térébinthe. Elle est d’un accès assez difficile ; mais quand on est dedans, on la trouve si bien appropriée à la destination qu’elle a eue, à la vie d’ermite, qu’on la croit faite de main d’homme. C’est une cellule naturelle, longue de dix à douze pieds, large de six ; elle a deux ouvertures, dont l’une sert de porte et l’autre de fenêtre : celle-ci donne sur la vallée et a une très belle vue. Au fond de la grotte, il y a un rocher qui semble taillé tout exprès pour servir de siège et de couche ; on l’appelle lit de saint Jean. Une source d’eau fraîche et limpide sort d’une fente de montagne : elle forme au pied de la grotte un petit bassin et s’épanche dans la vallée en traçant un étroit ruban de verdure. Â» (MISLIN.)]
2 et disant : Faites pénitence, car le royaume des Cieux est proche.
[3.2 Voir Marc, 1, 4 ; Luc, 3, 3. — Le royaume des cieux. — « Le mot, royaume de Dieu, employé plus de cinquante fois par saint Marc et par saint Luc ; celui de royaume des cieux, non moins souvent répété par saint Matthieu ; ceux de royaume du Christ ou simplement de royaume par excellence, semblent pris indistinctement ou à peu près dans le même sens. Ils sont propres à la révélation chrétienne, dit saint Augustin. Néanmoins l’expression royaume des cieux était déjà employée par le Précurseur pour annoncer l’avènement du Sauveur, et nous avons lieu de croire qu’elle était dès lors en usage pour désigner l’œuvre du Messie ou le nouvel état religieux et politique qu’on s’attendait à lui voir fonder. Dans l’esprit de Notre-Seigneur, ces mots n’avaient un sens non moins précis qu’étendu. Ils signifiaient la société chrétienne, l’Eglise dont il devait être le fondateur et le chef ; le grand royaume prédit par Daniel, comme supérieur à tout autre ; royaume véritablement divin, qui ne tire d’ici-bas ni son origine, ni son autorité, ni sa constitution, ni sa hiérarchie ; royaume surnaturel, qui n’admet dans son sein que des hommes régénérés, élevés à la dignité d’enfants de Dieu ; royaume universel, dont l’autorité s’étend sur le monde entier et qui aspire à s’incorporer tous les peuples ; royaume [longtemps] combattu et incomplet sur la terre [jusqu’au jour où le Christ reviendra sur terre dans sa Puissance pour instaurer son Règne glorieux, voir Matthieu, note 16.28] ; royaume éternel néanmoins, qui ne finira pas ici-bas avant la fin des temps, et qui doit se perpétuer et se consommer dans le ciel pour l’éternité. Mais il s’en faut que ces expressions aient éveillé dès lors des idées aussi nettes et aussi exactes dans tous ceux qui les entendaient. Comme elles n’énonçaient clairement qu’une chose, à savoir, que le Messie régnerait et que sa royauté ne serait pas [seulement] terrestre comme les autres, elles permettaient à chacun de faire ses conjectures et de garder les vues qu’il pouvait avoir sur les caractères, les prérogatives et les destinées de cette royauté à venir. On ne la désirait pas avec moins d’ardeur ; au contraire. Ce qu’il y avait de vague dans l’idée qu’on s’en formait servait à écarter les difficultés ; et les ennemis du Sauveur, comme ses disciples, s’accordaient pour désirer voir bientôt s’accomplir les desseins du ciel. Â» (L. BACUEZ.)]
3 C’est lui qui a été désigné par le prophète Isaïe, lorsqu’il dit : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droit Ses sentiers.
[3.3 Voir Isaïe, 40, 3 ; Marc, 1, 3 ; Luc, 3, 4.]
4 Or Jean avait un vêtement de poils de chameau et une ceinture de cuir autour de ses reins ; et sa nourriture était des sauterelles et du miel sauvage.
[3.4 Jean avait un vêtement de poils de chameau et une ceinture de cuir autour de ses reins. « La ceinture de cuir, le vêtement de poils de chameaux sont encore portés par les Arabes les moins riches. Les pauvres gens qui n’ont pas de manteau portent une courte tunique retenue par une ceinture, c’était le costume de Jean. Â» (J.-H. MICHON.) — Sa nourriture était des sauterelles. On a toujours mangé et l’on mange encore les sauterelles en Orient. Elles sont plus grosses que celles de nos contrées. On enlève les pattes et les ailes et on les prépare des manières les plus diverses. Elles ont un goût qui approche de celui de l’écrevisse ou du homard. Les rois d’Assyrie en exigeaient comme tribut des peuples qu’ils avaient soumis. — Du miel sauvage. Il abonde dans le désert de Judée où les abeilles sauvages le produisent dans les trous des rochers.]
5 Alors Jérusalem, et toute la Judée, et tout le pays des environs du Jourdain, venaient à lui ;
[3.5 Voir Marc, 1, 5. — Tout le pays autour du Jourdain. C’est-à-dire la région appelée dans l’Ancien Testament Kikkar, aujourd’hui le Ghôr ; c’est la gorge profonde creusée par le Jourdain depuis le lac de Tibériade jusqu’à la mer Morte. Il s’agit surtout ici sans doute de la partie méridionale du Ghôr.]
6 et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, confessant leurs péchés.
[3.6 Le baptême de saint Jean était un symbole de la rémission des péchés, qu’il promettait à ceux qui s’en approchaient dans un esprit de componction et de pénitence, après avoir confessé leurs péchés.]
7 Mais voyant beaucoup de pharisiens et de saduccéens qui venaient à son baptême, il leur dit : Race de vipères, qui vous a appris à fuir la colère qui va venir ?
[3.7 Voir Luc, 3, 7. — Les Pharisiens et les Saduccéens étaient les deux principales sectes des Juifs. Ces derniers prétendaient qu’il n’y avait ni anges ni démons : ils rejetaient l’immortalité de l’âme et la résurrection des morts. Les Pharisiens croyaient toutes ces vérités et faisaient profession d’être exacts observateurs de la loi de Dieu et des traditions des anciens ; mais ils faisaient consister presque toute la religion dans des pratiques purement extérieures et corrompaient la loi de Dieu par de fausses interprétations. — Voir les notes 31 et 32 à la fin du volume sur les Pharisiens et les Saduccéens.]
8 Faites donc de dignes fruits de pénitence.
9 Et ne prétendez pas dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père. Car je vous déclare que Dieu peut susciter de ces pierres des enfants à Abraham.
[3.9 Voir Jean, 8, 39.]
10 Car déjà la cognée est mise à la racine des arbres ; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu.
11 Moi, je vous baptise dans l’eau, pour la pénitence ; mais Celui qui doit venir après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter Ses sandales. Lui, Il vous baptisera dans l’Esprit-Saint et dans le feu.
[3.11 Voir Marc, 1, 8 ; Luc, 3, 16 ; Jean, 1, 26 ; Actes des Apôtres, 1, 5. — C’était la coutume des Hébreux, aussi bien que des Grecs et des Romains, de faire porter, lier et délier leurs souliers par les derniers de leurs esclaves. — Dans l’Esprit saint et dans le feu ; c’est-à-dire dans l’Esprit saint qui purifie et qui enflamme comme le feu.]
12 Il a Son van dans Sa main, et Il nettoiera Son aire ; et Il amassera Son blé dans le grenier, mais Il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteindra pas.
13 Alors Jésus vint de la Galilée au Jourdain, auprès de Jean, pour être baptisé par lui.
[3.13 Voir Marc, 1, 9.]
14 Mais Jean L’écartait, en disant : C’est moi qui dois être baptisé par Vous, et Vous venez à moi !
15 Mais Jésus, répondant, lui dit : Laisse faire maintenant ; car c’est ainsi qu’il convient que nous accomplissions toute justice. Alors Jean Le laissa faire.
16 Or Jésus, ayant été baptisé, sortit aussitôt hors de l’eau. Et voici que les cieux Lui furent ouverts, et il vit l’Esprit de Dieu qui descendait comme une colombe, et qui vint sur Lui.
[3.16-17 On voit ici se manifester distinctement les trois personnes de la très sainte Trinité.] [3.16 Voir Luc, 3, 22.]
17 Et voici qu’une voix du Ciel disait : Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, en qui Je Me suis complu. [3.17 Voir Luc, 9, 35 ; 2 Pierre, 1, 17.]

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