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Ours
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal Bost

En latin, ursus ; en grec arctos ; en hébreu, dob à cause de l’épaisseur de son poil dont il est chargé dans toutes les parties de son corps. Il a les ongles fort crochus, et il s’en sert pour monter au plus haut des arbres ; il se nourrit de fruits, de miel, de mouches à miel et de chair. On voit des ours blancs dans les pays septentrionaux. On en voit beaucoup en Pologne, en Moscovie, dans la Lithuanie, dans les grandes forêts d’Allemagne. On a cru que l’ours mettait ses petits au monde tout informes, et qu’à force de les lécher la mère les perfectionne. Il y a même des écrivains qui dérivent ursus du verbe ordiri, commencer, comme qui dirait orsus, commencé, ébauché, mais c’est une erreur populaire. Aristote et Pline disent que l’ours en naissant n’est guère plus grand qu’une souris, et qu’il croit toute sa vie ; qu’il n’a ni yeux, ni poil, qu’il n’y a que les ongles qui paraissent. Les mères ne portent que trente jours, et font ordinairement cinq petits.

Ils demeurent cachés et endormis pendant l’hiver. Le mâle demeure en cet état quarante jours, et la femelle quatre mois. Ils dorment si profondément pendant les quatorze premiers jours, qu’ils ne s’éveillent pas même à force de coups. On dit que, pendant ces quarante jours, ils ne se nourrissent qu’en léchant leurs pieds : il est certain qu’ils ne mangent point pendant tout ce temps, et qu’au bout de ces quarante jours les mâles se trouvent fort gras. Les anciens estimaient fort la chair de l’ours ; encore aujourd’hui la patte de l’ours salée et fumée se sert sur la table des princes. Cet animal tout grossier et tout stupide qu’il paraît, est capable de discipline : il saute, il danse au son de la trompette, et fait mille petits tours. On assure même qu’il est susceptible d’amour pour les femmes.

L’ours était fort commun dans la Palestine. [Voyez Blé § 8] David dit qu’il a souvent combattu contre des ours et des lions. Le prophète Élisée ayant maudit les enfants de Béthel, qui lui criaient d’une manière insultante : Monte, chauve, monte, chauve ; deux ours sortis de la forêt voisine, dévorèrent quarante-deux de ces enfants (4 Reg 2.14). Les auteurs sacrés, pour exagérer le transport d’un homme en colère, disent qu’il est outré de douleur et de dépit, comme une nurse à qui l’on a pris ses petits (Proverbes 10.2).

Isaïe (Isaïe 11.7), décrivant le bonheur du règne du Messie, dit qu’alors on verra le bœuf et l’ours paître ensemble, et les petits de l’un et de l’autre vivre en paix dans une même étable ; l’ours marquait le peuple gentil le bœuf le peuple juif ; ces deux peuples réunis dans l’Église ne formeront qu’un seul troupeau. Daniel (Daniel 7.5), dans la description qu’il fait des quatre grandes monarchies, représente celle des Chaldéens sous l’idée d’une lionne ; celle des Perses sous l’idée d’un ours, celle.des Grecs sous la figure d’un léopard, et celle des successeurs d’Alexandre le Grand sous l’idée d’un animal terrible. L’ours que le prophète décrit, avait trois rangs de dents dans la gueule ; il désigne principalement Cyrus.

Dans l’Apocalypse (Apocalypse 13.2) saint Jean nous dépeint les persécuteurs de l’Église sous l’idée d’une bête à sept têtes, ayant dix cornes avec dix diadèmes chargés des noms de blas phèmes. Son corps ressemblait à celui du léopard ; ses pieds étaient comme ceux de l’ours, et sa gueule comme celle d’un lion. On croit que cette bête à sept têtes désignait les sept empereurs romains, qui ont persécuté l’Église depuis saint Jean l’Évangéliste, savoir : Dioclétien, Maximien, Galère, Maximin, Sévère, Maxence et Licinius. Ils réunissaient en leurs personnes la cruauté, la force, la voracité, la malice du léopard, de l’ours et du lion.

L’auteur de l’Ecclésiastique dit que la colère de la femme lui change tout le visage ; elle prend un regard sombre et farouche comme un ours, son teint devient livide comme un sac. L’ours en colère est terrible : cet animal de lui-même a un regard hideux ; mais quand il est en colère il fait trembler (Ecclésiaste 25.24)

Isaïe (Isaïe 59.11) compare le désespoir des méchants aux rugissements de l’ours. Le cris de l’ours en fureur est capable d’effrayer les plus intrépides.