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Osiris
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet

Dieu fameux des Égyptiens, qu’on disait être le fils, le frère et le mari de la déesse Isis. Le nom d’Osiris ne se lit pas dans le texte sacré ; mais on ne peut guère se dispenser de le faire connaître ici, à cause qu’on le confond avec des personnages qui sont connus dans les livres saints, et qu’on a lieu de croire que les Hébreux lui rendirent leur culte dans le désert. Or voici ce qu’on dit d’Osiris : Il était fils de Jupiter et de Niobé, fille de Phoronée. Il régna d’abord dans Argos ; mais, peu content de ses sujets, il laissa sa couronne à son fils Ægialée, et passa en Égypte. Il y régna avec beaucoup d’équité et de douceur, et donna à ses sujets de très bonnes lois ; il épousa Io, que les Égyptiens appellent Isis. On dit qu’il fut mis en pièces par ses ennemis, et qu’Isis, son épouse, ramassa toutes ses parties, les ensevelit honorablement, et procura à son mari les honneurs divins. On prétend qu’il fut changé en bœuf par les dieux, suivant les principes de la métempsycose, et que c’est lui que les Égyptiens adorent sous le nom d’Apis et de Sérapis. De là la grande vénération des Égyptiens pour le taureau, et le culte du veau d’or, adoré par les Israélites dans le désert, et par les sujets de Jéroboam dans le royaume des dix tribus. De là les figures d’Osiris avec des cornes, ou avec une tête d’épervier, ou avec une tête de loup, ou avec une tête de serpent, parce qu’on prétendait qu’il était le soleil. Il y a même des auteurs qui croient que le culte des vaches, qui est commun encore aujourd’hui dans les Indes et dans quelques autres endroits de l’Orient, est une suite des honneurs que les Égyptiens rendaient à Osiris et à Isis.

On donna au Nil le nom d’Osiris, et on lui rendit les honneurs divins, comme à l’auteur de la fertilité de l’Égypte. On dit qu’Osiris enseigna l’agriculture et plusieurs autres arts aux Égyptiens ; c’est ce qui le leur rendit si cher. Heltanique dit que le nom propre de ce dieu était Arsaphes, et que tes prêtres lui avaient donné celui d’Osiris. Pline confond Osiris, Pan, Sérapis et Hanimon. Le chevalier Marsham croit que Osiris est Menés ou Cham ; Vossius le prend pour Misraim, fils de Cham, et père des Égyptiens. On l’a pris pour le soleil, pour la planète de Jupiter, pour Apis, pour Athys, pour Adonis, pour Pluton, pour Titan, pour Apollon, pour Mithras, pour Typhon, pour l’Océan, etc.

Les Égyptiens admettaient deux principes dans le monde, l’un bon et l’autre mauvais. Dans le bon principe, on reconnaissait trois choses, dont l’une avait la qualité et faisait l’office de père, l’autre celui de mère, et le troisième celui de fils. Le père était nommé Osiris, la mère Isis, et le fils Orus. Ils étaient les trois divinités qui étaierit reconnues pour le bon principe. Le mauvais principe était Typhon. Osiris était dans le monde ce qu’est dans l’homme la raison et la pensée. Typhon tenait lieu des passions qui répugnent à la raison. Dans le corps humain, le bon tempérament venait d’Osiris ; les maladies et les indispositions avaient Typhon pour cause. Dans le ciel et dans les éléments, le bon ordre et l’égalité du mouvement représentait Osiris ; et tout ce qui s’écartait de cet ordre était l’image de Typhon. Voilà, selon Plutarque, l’idée que les Égyptiens avaient de la Divinité. Tout cela, est peut-être d’une invention nouvelle ; mais, quoi qu’il en soit, c’est apparemment selon cette idée qu’Osiris et Isis étaient le père et la mère de toutes choses, que les païens ont attribué à Osiris les attributs de presque tous les dieux, et à Isis ceux de toutes les déesses.

Il est très-croyable que les dieux, que les Israélites portèrent dans le désert el dont Amos leur fait des reproches, étaient Osiris et Isis : Vous avez porté la tente de Moloch, votre dieu (Amos 5.26) ; à la lettre, de votre roi, l’image de vos idoles, l’astre de votre dieu. Le roi du ciel était le soleil, ou Osiris ; l’astre que les Égyptiens et presque tous les Orientaux adoraient était la lune : le soleil et la lune étaient les dieux du bonheur, de la bonne fortune ; c’étaient les bons principes, premiers objets du culte des Orientaux, suivant la pensée de Vossius. Osiris était la même chose que Gad et Meni, à qui les Hébreux rendaient un culte idolâtre comme aux deux principes du bien. Voyez leurs articles.