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Venus
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal

Déesse de l’impudicité adorée par les païens. Quelques-uns croient que son nom vient de l’hébreu Socoth-Bénoth ou Venos, selon une autre prononciation : Voyez ce qu’un a remarqué sur ces termes.

Elle était adorée sous différents noms. Les Égyptiens la nommaient Nephtis ; les Assyriens, Militta ; les Arabes, Alitta ; les Perses, Vitra. Elle était aussi connue sous le nom de Tanaïs à Babylone, d’Erycine en Sicile, d’Aphrodite parmi les Grecs. En général, je crois qu’on l’adorait dans les terres d’Israël sous le nom d’Astarté, ou Astaroth, ou Avera, ou la déesse des bois. On la confond avec la Iune, et c’est ce que les païens appelaient Vénus la céleste, et les Hébreux la reine du ciel ou la déesse Méni. Le dieu Dagon était aussi apparemment Vénus. La colombe était consacrée à cette fausse divinité. [Voyez Astarté, Dagon, etc] [En Égypte, Vénus s’appelait Hathôr, et Vulcain Phtha. Les débris du temple de Phtha à Memphis existent encore ; ils ont été vus par les voyageurs français en 1828, et leurs recherches se sont même étendues jusqu’à reconnaître la carrière d’où furent tirés les matériaux de ce temple : c’est de la montagne de Thorra, sur la rive orientale du Nil et en face même de l’ancien emplacement de Memphis… Un immense bois de dattiers couvre l’emplacement de Memphis. Passé le village de Bédréchéin, qui est à un quart d’heure dans les terres, on s’aperçoit qu’on foule le sol antique d’une grande cité aux blocs de granit dispersés dans la plaine et à ceux qui déchirent le terrain et se font encore jour à travers les sables qui ne tarderont pas à les recouvrir pour jamais. Entre ce village et celui de Mit-Rabinèh s’élèvent deux longues collines parallèles, éboulements d’une enceinte immense renfermant jadis les principaux édifices sacrés de Memphis. Dans l’intérieur de cette enceinte existe le grand colosse exhumé il y a quelques années, et dont la physionomie suffit pour le faire reconnaître comme une statue de Sésostris. Au nord de ce colosse exista jadis un temple de Vénus (Hathôr), construit hors de la grande enceinte, du côté de l’orient. Les fouilles faites par Champollion le Jeune ont constaté dans cet endroit même l’existence d’un temple orné de colonnes pilastres en granit rose, et ce temple était dédié à Phtha et à Hathôr (Vulcain et Vénus), les deux grandes divinités de Memphis. M. Champollion-Figeac, Histoire d’Égypte, pages 63, dans l’Univers pittoresque de Didot.

On a aussi trouvé dans le nouveau monde des traces du culte de Vénus, suivant M. Frédéric Münter. Voyez son ouvrage sur le temple de Vénus Uranie à Paphos.

À trois lieues de Carthage on voyait un temple nommé Sicca Venerta, qui avait d’autant plus de rapport à Socoth-Bénoth de l’Écriture, que les filles y sacrifiaient leur virginité en l’honneur de Vénus et y gagnaient les dots avec quoi elles se mariaient.