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Sel
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal Bost

sal ; en grec, hals ; en hébreu, melach.

Dieu avait ordonné qu’on employât le sel dans tous les sacrifices qu’on lui offrirait (Lévitique 2.13).

Jésus-Christ, faisant allusion à cela, lorsqu’il parle des peines des damnés (Marc 9.48), dit que ces victimes de la colère de Dieu seront salées par le feu, de même que toute victime doit être salée par le sel ordinaire. Voyez aussi (Deutéronome 29.23).

On voit par Ézéchiel (Ézéchiel 16.4), qu’autrefois on frottait de sel les enfants nouveaux-nés. Saint Jérôme croit qu’on en usait ainsi pour dessécher l’humidité qui abonde dans les enfants, et pour resserrer les pores qui sont trop ouverts. Galien dit que le sel durcit la peau des enfants et la rend plus ferme. Avicenne veut qu’on frotte les enfants avec une eau où l’on aura détrempé du sel, pour leur resserrer le nombril et leur durcir la peau. D’autres croient que c’est afin d’empêcher la pourriture qui pourrait naître du retranchement de l’ombilic.

Le prophète Élisée, étant prié de rendre potable et d’adoucir les eaux de la fontaine de Jéricho (2 Rois 2.1), demanda qu’on lui apportât un vase neuf et qu’on y mit du sel ; il fut incontinent obéi ; il jeta ce sel dans la fontaine, et dit : Voici ce que dit le Seigneur : J’ai guéri ces eaux, et elles ne causeront à l’avenir ni mort ni stérilité ; et en effet les eaux furent bonnes à boire et perdirent toute leur mauvaise qualité. Le sel ne pouvait naturellement qu’augmenter l’amertume de cette source ; mais le prophète employa exprès un remède qui paraissait contraire à l’effet qu’il voulait produire, afin que le miracle parût avec plus d’évidence.

Le Sage (Ecclésiaste 39.31) met le sel au nombre des choses les plus nécessaires.à la vie, avec l’eau, le feu, le fer, le lait, le miel, le raisin, l’huile et les habits. Job demande si quelqu’un pourra manger de ce qui n’est point salé (Job 6.6).

Le sel de La terre est apparemment la marne avec laquelle on fume les terres dans certains pays, au lieu d’y mettre du fumier ordinaire. Voyez notre Commentaire sur saint Matthieu. 5.13.

Le sel minéral est celui qui se tire des mines, en forme d’une pierre dure. On Croit que la femme de Loth fut changée en une statue de sel minéral (Genèse 19.26) ; qu’elle devint comme un rocher, une pierre de sel. [Voyez statue de sel. D’après Hérodote, les Libyens bâtissaient leurs maisons en sel de roche : Chardin assure que les Caramaniens en font autant, et Pline prétend qu’en Arabie on affermit les murs des maisons en aspergeant les blocs de sel dont ils se composent.

Le sel est le symbole de la sagesse : Que tous vos discours soient assaisonnés de sel (Colossiens 4.6), dit saint Paul. Et Jésus-Christ (Marc 9.49) : Ayez toujours du sel dans vous-mêmes.

Le sel est le symbole de la perpétuité et de l’incorruption. Ainsi on dit un pacte ou une alliance de sel (Nombres 18.19). Et ailleurs (2 Chroniques 13.5) : Le Seigneur a donné le royaume à David et à sa race, par un pacte de sel.

Le sel est le symbole de la stérilité. Abimélech ayant pris la ville de Sichem (Juges 9.45), la détruisit, et y sema du sel, afin qu’elle demeurât toujours déserte et stérile. Sophonie menace (Sophonie 2.9) de la part du Seigneur les Ammonites et les Moabites de réduire leur pays au même état que Gomorrhe, comme une terre desséchée, salée, déserte, stérile. Voyez aussi (Job 34.6, Psaumes 106.34, Jérémie 17.6).

Le sel est le symbole de l’hospitalité et de la fidélité que les serviteurs, les amis, les hôtes, les domestiques, doivent à celui qui leur donne à manger et qui les reçoit à sa table. Les gouverneurs des provinces de delà l’Euphrate, écrivant à Artaxerxès, lui disent : (Esdras 4.14) Nous nous souvenons du sel que nous avons mangé dans le palais, et nous ne pouvons souffrir qu’on donne atteinte aux intéréts du roi, etc.

Mer de sel (Genèse 14.3 Nombres 34.12). C’est la mer Morte ou le lac Asphaltite. L’Écriture et les profanes donnent quelquefois le nom de selà l’asphalte et au bitume ; d’où vient que Moïse parlant d’un sol brûlant (Deutéronome 29.23) : Salis ardore consumentur, marque l’asphalte ou le bitume. Hérodote fait aussi mention de certaines lampes qu’on allumait en Égypte, et où l’on mettait du sel, c’est-à-dire, du bitume ou autre matière semblable.

La vallée des salines, située dans l’Idumée. Voyez vallée.