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Oiseau
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet

On discute si les oiseaux sont sortis de la terre ou des eaux, et si dans l’usage on peut les mettre dans la catégorie des poissons, dont on peut user les jours de jeûne, auxquels l’Église défend l’usage de la, viande, ou s’ils sont réellement viande, ainsi ; que les animaux À quatre pieds. Les sentiments sont partagés sur cette question. Moïse parlant de la création des oiseaux, dit (Genèse 1.20) : Que les eaux produisent des poissons vivants, et des oiseaux sur la terre, sous le firmament du ciel. Voici l’Hébreu à la lettre : Que les eaux produisent des reptiles vivants, et que les oiseaux volent sur la terre. Ce texte n’est point exprès pour proue ver que les oiseaux sont sortis des eaux, aussi bien que les poissons ; et (Genèse 11.19) semble insinuer que les oiseaux sont tirés de la terre : Dieu forma de la terre tous les animaux et les oiseaux. Quant à la conséquence que l’on’en voudrait tirer, savoir que l’usage des oiseaux est permis aux jours de jeûne, de même que celui du poisson, cette conséquence est manifestement abusive, puisque les oiseaux sont plus délicats que la chair des animaux à quatre pieds, et qu’ils ne sont ni moins succulents, ni moins contraires à l’esprit du jeûne, qui est l’abstinence et la mortification des sens : Nec ideo le carne vesci non putes, dit saint Jérôme.

Le sentiment qui tient que les oiseaux sont sortis des eaux, de même que les poissons, paraît bien mieux fondé dans l’Écriture et dans les Pères. Le texte de Moïse lui est très-favorable. Il rapporte au même lieu, chapitre 1 verset 20, la création des poissons et des oiseaux. Il ne dit pas un mot des oiseaux au sixième jour, où il parle de la production des animaux terrestres (Genèse 1.24, 25), et dans la récapitulation des ouvrages du cinquième jour (Genèse 1.21), il dit expressément que Dieu créa les poissons et les monstres marins, et tous les oiseaux selon leurs espèces. Enfin il dit que Dieu bénit ce qu’il avait créé le cinquième jour, et qu’il dit aux poissons : Multipliez-vous, et remplissez la mer, et aux oiseaux : Remplissez la terre. Les Pères et la plupart des interprètes ont entendu le texte de Moïse en ce sens. Ils ont cru que les poissons et les oiseaux avaient la mémo origine, et avaient été créés le même jour.

Une autre preuve qui fait voir que les anciens croyaient que les poissons et les oiseaux étaient sortis des eaux, c’est qu’ils se sont permis l’usage de la volaille aux jours de jeune et d’abstinence. C’est ce qui paraît dans Socrate l’historien et dans Nicéphore, qui disent qu’autrefois plusieurs mangeaient indifféremment de la volaille et du poisson, sur ce fondement que les uns et les autres étaient tirés de l’eau. On a plusieurs exemples de saints personnages, qui ont usé de volailles, quoiqu’ils fissent profession de l’abstinence de la viande. Saint Épiphane ayant servi un oiseau devant saint Hilarion, ce saint solitaire n’y voulut point toucher, disant qu’il ne mangeait rien qui eût eu vie. Saint Épiphane n’ignorait pas certainement les règles de la vie monastique, et il n’avait garde de tenter saint Hilarion pour l’engager à les violer. Saint Jérôme, dans sa lettre à Salvie, suppose que l’on usait quelquefois de volailles durant les jours de jeûne, quoiqu’il n’approuve pas l’abus que quelques-uns faisaient de cette permission, en lâchant la bride à leur sensualité. Bède raconte que saint Cutbert servit un jour un canard à des moines qui l’étaient venus visiter. Quoique saint Benoît défende à ses religieux la chair des animaux à quatre pieds, il ne leur défend pas expressément celle des oiseaux, et l’on a divers exemples qui prouvent que dans son ordre on en usait sans scrupule en certains jours de l’année, par exemple, quatre ou huit jours à Noël, et autant à la Pentecôte, et cela dans des temps où l’observance de sa Règle était encore en vigueur. On peul voir sur cette matière les commentateurs sur la Genèse (Genèse 1.20-21, 22), et les auteurs qui ont expliqué la Règle de saint Benoît, chapitre 39. Voyez en particulier le R. P. Hoeften, dans ses Disquisitions monastiques, et le R. P. Martenne dans son Commentaire sur la Règle de saint Benoît.

Quelques interprètes ont prétendu que les oiseaux étaient tirés de la terre, de même que les animaux à quatre pieds ; et d’autres ont soutenu qu’ils étaient plutôt tirés de l’air, parce que l’air a quelque rapport avec l’eau, et qu’il est naturel que les animaux vivent dans l’élément d’où ils sont tirés ; comme nous voyons que les animaux produits de la terre, vivent sur la terre, les poissons tirés de l’eau, vivent dans l’eau. Ainsi, disent-ils, un grand préjugé que les oiseaux sont tirés de l’air, c’est qu’ils vivent dans l’air. On peut voir ces choses traitées plus au long dans les commentateurs.

Sacrifices d’Oiseaux. On offrait des oiseaux en sacrifice dans plusieurs occasions par exemple, dans les sacrifices ordonnés pour le péché, celui qui n’avait pas une chèvre ou une brebis (Lévitique 5.7-8) pouvait offrir deux tourterelles, ou deux petits de colombes, l’un pour le péché, et l’autre en holocauste ; il les présentera au prêtre, qui offrant le premier pour le péché lui tordra la tôle du côté des ailes, en sorte néanmoins qu’elle demeure attachée au cou, et qu’elle n’en soit pas tout à fait arrachée. Il brûlera l’autre tout entier en holocauste, selon la coutume. Dans un autre endroit (Lévitique 1.14-16) Moïse raconte plus au long la manière dont se faisait le sacrifice des oiseaux. Le prêtre prenait celui qui était destiné pour l’holocauste. Il lui tournait avec violence la tête en arrière sur le col, lui faisait une ouverture et une plaie par laquelle il faisait couler le sang sur le bord de l’autel, jetait la petite vessie du gosier avec les plumes auprès de l’autel, du côté de l’Orient, où l’on a accoutumé de jeter les cendres, lui rompait les ailes sans les couper, ni les diviser avec le fer, après quoi il mettait l’oiseau sur le feu de l’autel pour y être consumé en holocauste.

Quelques interprètes (Lévitique 1.15) veulent qu’on ait arraché la tête de l’oiseau, mais d’autres soutiennent qu’on faisait seulement avec les ongles une ouverture entre la tête et le gosier, sans détacher entièrement la tête du reste du corps. Le texte de Moïse ne marque pas ce qu’on aurait fait de la tête ainsi séparée, et on remarque quand Abraham offrit des oiseaux en holocaustes, il ne les coupa pas, mais les mit entiers sur les autres victimes qu’il fit brûler en holocauste (Genèse 15.10). Dans les autres lieux où Moïse parle de sacrifices d’oiseaux, il ne commande pas qu’on leur arrache la tête.

Dans les offrandes que les femmes nouvellement accouchées offraient au jour de leur purification (Lévitique 12.6-7), il y avait régulièrement un agneau de l’année pour étre offert en holocauste, et le petit d’une colombe ou d’une tourterelle pour le péché. Mais si la personne n’a pas le moyen d’offrir un agneau, elle offrait deux tourterelles, ou deux petits de colombe, l’un pour are offert en holocauste, et l’autre pour le péché. Celui qui était offert on holocauste était immolé de la manière qu’on vient de voir ; et celui pour le péché était simplement étouffé en lui tordant ie cou avec violence, sans toutefois lui arracher la tête. Voyez (Lévitique 5.7-8).

Lorsqu’un homme frappé de lèpre (Lévitique 14.5-6) était guéri, il venait à l’entrée du camp d’Israël ; le prêtre sortait dehors pour reconnaître s’il était bien guéri. Après cela le lépreux venait au dehors du tabernacle, et il offrait deux passereaux, ou deux oiseaux vivants et purs, dont il est permis de manger : il faisait un bouquet de branches de cèdre et d’hyssope liées avec du fil, ou un ruban d’écarlate ; il remplissait un pot de terre d’eau vive, il immolait un de ces oiseaux sur cette eau, en sorte que le sang de l’oiseau se mêlât avec elle ; puis le prêtre teignant le bouquet d’hyssope et de cèdre dans l’eau, eu arrosait le lépreux guéri ; puis il laissait aller en liberté le passereau vivant, afin qu’il se retirât où il voudrait.

On laissait quelquefois dans la Palestine les corps morts exposés aux oiseaux carnassiers, comme il parait par plusieurs passages de l’Écriture (Deutéronome 32.24 ; 2 Samuel 21.10 ; 2 Rois 14.11 ; Jérémie 7.33). Mais pour l’ordinaire on les enterrait le soir, et on détachait même du poteau les corps des criminels (Deutéronome 21.23). Il n’y avait que certains cas extraordinaires ou on laissait les corps morts à la voirie.

Moïse pour inspirer l’humanité aux Israélites (Deutéronome 22.6-7), leur ordonne, s’ils trouvent un nid d’oiseaux, de ne pas prendre la mère avec les petits, mais de laisser aller la mère en prenant les petits, afin, dit-il, que vous soyez heureux, et que vous viviez longtemps.

Il paraît par l’Écriture que les anciens faisaient la chasse aux oiseaux (Baruch 3.17) ; Baruch parlant des rois de Babylone, dit qu’ils se Jouent avec les oiseaux. Daniel dit à Nabuchodonosor (Daniel 3.38) que Dieu lui a soumis jusqu’aux oiseaux du ciel.

Les prophètes parlent souvent des oiseaux de passage ; de l’hirondelle et de la cigogne qui reviennent au lieu de leur première demeure (Proverbes 26.2 ; 27.8) ; au lieu que l’homme ne reconnaît pas le Seigneur son Dieu (Jérémie 8.7). Dieu dit qu’il rappellera son peuple captif, comme un oiseau qui vient d’un pays éloigné (Osée 9.12 ; 11.12).

Le Seigneur parlant de son peuple dit dans Jérémie (Jérémie 22.9-10) : Mon héritage n’est-il pas comme un oiseau de différentes couleurs et diversement peint ? Bétes de la terre, assemblez-vous contre Jérusalem, hà lez-vous de la dévorer. Comme s’il disait, Juda était comme un oiseau d’une beauté charmante, cependant l’ai-je épargné lorsqu’il m’a offensé ; ne l’ai-je pas livré aux animaux carnassiers pour le dévorer ? L’Hébreu se peut traduire à la lettre : Mon héritage reest-il pasun oiseau feint n’est-il pas à mon égard un oiseau enfermé ? Un oiseau de cage tout des plus beaux ; cependant ne l’ai-je pas livré aux bêtes carnassières ? Quelques-uns traduisent l’Hébreu : Mon héritage n’est il pas devenu contre moi comme une hyène ? Tout mon héritage n’est-il pas rempli de bêtes farouches ? etc.

Le terme hébreu zippor, qu’on traduit ordinairement par on moineau, se prend aussi en général pour un petit oiseau, et quelquefois pour une poule. L’Ecclésiastique, parlant des vieillards (Ecclésiaste 12.4), dit qu’ils s’éveillent au chant de l’oiseau, c’est-à-dire, au chant du coq. Le grec omis signifia aussi un oiseau et une poule ; et l’interprète d’Origène a mis une poule pour un oiseau.

Pour ce qui regarde la distinction des oiseaux purs et impurs, voyez ci-devant leur dénombrement dans l’art. Animal. On peut consulter le Lévitique (Lévitique 11.13, :Te, Deutéronome 14.11-12) et suivants Nous avons aussi parlé de chacun d’eux en particulier sous leurs titres.

Oiseux de La synagogue. Les critiques, qui ont fait leur principale étude des cérémonies des Juifs et des écrits de leurs rabbins, ont beaucoup parlé des dix Oiseux de la synagogue ; ce sont des officiers qui sont appelés Oiseux, à cause que leur emploi était sédentaire, et que dégagés de toute autre occupation, ils ne vaquaient qu’au service divin et aux exercices de piété. Vitringa et Lightfoot, qui ont le plus écrit sur cela, ne sont point d’accord sur le sujet de ces Oiseux. Lightfoot croyait que ces dix personnes étaient nécessaires pour composer une synagogue considérable. Il mettait à leur tête les trois magistrats qui jugent des affaires civiles ; le quatrième est le chazan, ou le ministre ordinaire de la synagogue. Le terme hébreu chazan signifie inspecteur, c’est comme l’ange ou l’évêque de l’assemblée : il ne lit pas la loi, mais comme chef il choisit ceux qui la doivent lire.

Outre ces quatre chefs, il y a encore trois Parnassim, ce sont les diacres qui ont soin de recueillir les aumônes et de les distribuer aux pauvres. Le huitième ministre de la synagogue est l’interprète, emploi nécessaire depuis la captivité de Babylone, à cause que le peuple n’entendait plus la langue hébraïque. Pour achever le nombre des dix Oisifs, Lightfoot met encore un docteur de théologie, et un interprète ou sous-maître, qui fait des répétitions.

D’autres croient que les dix Oiseux étaient les trois présidents et les sept lecteurs ; d’autres que c’étaient dix personnes gagées, pour assister continuellement à la synagogue, parce que sans ce nombre de dix il n’y a point d’assemblée légitime pour réciter les formules ordinaires des bénédictions. Vitringa dans son Archisynagogue réfute ces sentiments et soutient que c’étaient dix personnes préposées à une synagogue. Leur nombre n’était pas toujours fixe ni uniforme ; car dans les petits lieux il était moindre que dans les grands. Dans les moindres synagogues il y avait au moins un chef, archisynagogus, accompagné de deux collègues ou assesseurs, qui présidaient aux assemblées ; mais dans les grandes le chef de la synagogue y ajoutait sept lecteurs, qui achevaient le nombre de dix ; et comme ils étaient assidus à la synagogue, et qu’on choisissait d’ordinaire des gens aisés et désoccupés, on leur donne parmi les Juifs le nom d’oisifs. Ceux qui sont curieux de savoir les choses plus à fond peuvent consulter les auteurs que nous venons de citer.

Olda