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Yvoire
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet

Ou Ivoire

L’Hébreu appelle l’ivoire schen, c’est-à-dire une dent, parce que l’ivoire est une dent d’éléphant.

Ézéchiel (Ézéchiel 17.15) l’appelle corne de dent, parce que c’est une dent en forme de corne, et qu’il a plutôt la nature de la corne que celle d’une dent, étant maniable et aisée à travailler comme lucorne. Varron soutenait que le nom de dent ne convenait nullement à l’ivoire, et que c’était une vraie corne. Dans le 1er livre des Rois (1 Rois 10.22), il est dit qu’on apportait du pays d’Ophir à Salomon des dents d’éléphants : Dentes elephantorum. L’Hébreu porte ; Schen-abim ; et Bochart croit que schen-abim est mis pour schen-kahabim, prétendant que kahabim signifie des éléphants ; de quoi il ne donne aucune preuve. Nous croyons qu’il faut lire ces deux mots séparément, schen-habenim, des dents, ou de l’ivoire et de l’ébène. Habenim signifie l’ébène dans Ézéchiel (Ézéchiel 27.15).

Dioscoride écrit qu’en faisant cuire l’ivoire pendant six heures avec la racine de mandragore, il s’amollit en sorte qu’on en peut faire tout ce que l’on veut. L’ivoire de l’île de Ceylan et de l’île d’Achem a cela de particulier, qu’il ne jaunit point comme celui de Terre-Ferme et des Indes Occidentales ; ce qui le rend plus cher que l’autre. L’Écriture parle de l’ivoire rouge : Rubicundiores ebore antiquo, plus rouges que l’ancien ivoire. Homère parle de cette couleur qu’on donnait à l’ivoire.

On se servait de cet ivoire ainsi coloré pour en orner les brides des chevaux. Ovide insinue qu’on teignait ainsi l’ivoire pour empêcher qu’il ne se jaunit, comme il fait ordinairement quand il est vieux.

L’Hébreu du passage de Jérémie que nous avons cité est différent de la Vulgate ; il porte (Lamentations 4.7) : Leur corps est plus brillant, ou plus rouge que les perles. On sait que les perles sont blanches, et non pas rouges ; il faut donc prendre l’Hébreu, qui signifie ordinairement être rouge, dans le sens d’être brillant, comme il se prend quelquefois dans l’Écriture et même dans les profanes ; ou bien expliquer le rouge de la perle de ce beau rouge incarnat qui se remarque dans le nacre de la perle, où le blanc et le rouge sont si tempérés, qu’on peut très-bien leur comparer un teint blanc et vermeil.

Le trône de Salomon était tout d’ivoire et revêtu d’or pur ; on y montait par six degrés, et douze lions d’or placés un à un à chaque côté des degrés en faisaient un admirable ornement.

L’Écriture parle aussi quelquefois de maisons d’ivoire (Amos 3.15). Amos, invectivant contre la mollesse et la somptuosité des riches de Samarie, dit que leurs maisons d’ivoire périront. Le roi Achab avait bâti une de ces maisons d’ivoire (1 Rois 22.39). Il en était parlé au long dans les annales des rois d’Israël. Le Psalmiste (Psaumes 44.9), décrivant la magnificence des présents que l’on fit à l’épouse de Salomon dans la cérémonie de ses noces, dit que les filles des rois lui présentèrent la myrrhe, la casse et les plus excellents aromates dans des maisons d’ivoire. Ces coffrets d’ivoire servaient à serrer les habits, l’or, les pierreries et ce qu’on avait de plus précieux ; cela est connu même chez les profanes. On faisait quelquefois ces cassettes de cèdre, comme on le voit par Ézéchiel (Ézéchiel 27.24), suivant l’Hébreu ; et par Euripide, qui les appelle des maisons de cèdre.

Quant aux maisons d’ivoire dont parlent Amos et le 1 Rois, il y a assez d’apparence que c’étaient de véritables maisons, ornées de quantité de meubles d’ivoire, comme de lits, de tables, de cassettes et d’autres embellissements où l’on avait employé l’ivoire ; ces ouvrages étaient apparemment plus en usage et plus en estime en ce temps-là qu’à présent.

Le même Amos parle des lits d’ivoire (Amos 6.4). Saint Jean, dans l’Apocalypse (Apocalypse 18.12), parlant de la chute de Rome, qu’il désigne sous le nom de Babylone, dit qu’on n’y verra plus les vases d’or, d’argent et d’ivoire qu’un y voyait auparavant. On a parlé ailleurs du trône d’ivoire de Salomon (Ézéchiel 27.6), dit que les Tyriens avaient porté la magnificence jusqu’à faire les bancs des rameurs avec de l’ivoire des Indes. C’est une somptuosité qui paraît assez mal placée ; aussi on traduit l’Hébreu diversement ; les uns : Ils ont fait vos ais d’ivoire foulé aux pieds (à la lettre : d’ivoire fille des pas) et venu des îles de Céthim. Mais que veut dire de l’ivoire foulé aux pieds ? C’est que l’éléphant a coutume de cacher sous terre ses dents, lorsqu’elles lui tombent de hasard ou de vieillesse. D’autres traduisent : Ils ont fait vos bancs avec de l’ivoire travaillé en Assyrie, et venu des îles de Céthim ou de Macédoine. Mais on sait que la Macédoine n’est pas un pays où l’on trouve des dents d’éléphant. Il y en a d’autres qui traduisent ainsi : On a fait vos bancs d’ivoire, enchâssés dans du buis venu des îles de Macédoine. Les Hébreux donnent le nom d’îles aux péninsules et aux pays maritimes, bien qu’aux îles proprement dites, et la Macédoine produisait du buis dont on faisait cas. On enchâssait quelquefois l’ivoire dans du buis, comme on le voit par Virgile.


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