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Galatie
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal Bost

Province de l’Asie Mineure, ayant à l’orient la Cappadoce, au couchant la Bithynie, au midi la Pamphilie, et au septentrion le Pont-Euxin. Quelques troupes de Gaulois [après avoir pillé le temple de Delphes] s’étant jetées dans l’Asie Mineure, firent la conquête de ce pays, s’y établirent, et l’appelèrent Galatie, du nom de Galatia, qui en grec signifie la Gaule [Originaires de la Gaule, les Galates, dit Barbie du Bocage, formaient trois peuples différents : les Tolistoboiens, les Tectosages et les Trocmiens. Ils ravagèrent l’Asie Mineure, vendirent leurs secours aux princes du pays en guerre les uns contre les autres, et finirent par se faire céder différents cantons pris sur la Phrygie, la Bithynie, la Paphlagonie et la Cappadoce, lesquels réunis formèrent la Galatie, que l’on nomma aussi Gallo-Grèce. C’était un pays montueux et cependant très-fertile, arrosé par le Sangarius et l’Halys, qui tous deux se jettent dans la mer Noire. Parmi ses montagnes se distinguent le mont Olympe, au nord-ouest d’Ancyre, et le mont Adoreus, près de Pessinus. Les Tolistoboiens habitaient à l’ouest, ayant pour villes principales Pessinus, Gordium ou Juliopolis et Amorium, patrie d’Esope. Les Tectosages étaient contigus ; Ancre (Angora) était leur principale ville. Les Troctniens, les plus reculés à l’est, avaient pour capitale Tavium. Ces peuples conservèrent leur langage pendant 600 ans environ. Ces trois divisions furent dans la suite partagées chacune en 4 cantons que l’on appela tétrarchies, en sorte que le nombre de ces tétrarchies fut de 12 ; chaque tétrarchie avait son tétrarque, son décaste et son stratophylax, c’est-à-dire son gouverneur, son juge et son général. Il y avait un conseil ou sénat composé de 300 anciens. La constitution était aristocratique, et les assemblées générales se tenaient dans une forêt de chênes, drynemetum l’exercice de la souveraineté était d’abord entre les mains de trois chefs ; elle passa bientôt entre celles de deux, et enfin un seul la posséda. Sous Dejotarus et Amyntas, qui s’élevèrent au rang de rois, le territoire de la Galatie s’accrut d’une partie de la Pamphylie et de la Lycaonie. Sylla, Pompée, Antoine y firent la guerre. Devenus les maîtres du pays 25 ans avant Jésus-Christ, sous Auguste, les Romains, réunissant tout ce qui avait été ajouté par Amyntas à la Galatie, en firent une seule province. Sous Théodose le Grand ou Valens, on partagea cette province en Galatia Prima ou Proconsularis, capitale Ancyra, et en Galatia Secunda ou Salutaris, capitale Pessinus. La population, composée de Grecs, de Celtes et d’autres nations, était très-mélangée. Beaucoup d’habitants étaient Juifs. Saint Paul les visita pendant son second voyage apostolique, et y fonda plusieurs communautés chrétiennes].

Les Galates, à qui saint Paul a écrit une de ses Épîtres, étaient les descendants de ces anciens Gaulois. Saint Paul prêcha plus d’une fois dans leur pays (Actes 16.6) en l’an 51, et ensuite en l’an 54 (Actes 18.23) et y forma une Église considérable. Il est croyable que ce fut lui qui le premier y prêcha aux Gentils ; mais on a lieu de présumer que saint Pierre y avait prêché avant lui aux Juifs, puisque sa première Épître est adressée aux Juifs de la dispersion du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce, etc. (1 Pierre 1.1). Et ce furent apparemment les Juifs qui y avaient été convertis par saint Pierre qui causèrent parmi les Gentils convertis de la même nation les troubles qui donnèrent occasion à saint Paul de leur écrire son Épître, dans laquelle il s’applique principalement à établir sa qualité d’apôtre, que l’on voulait lui contester pour le mettre au-dessous de saint Pierre, qui ne prêchait ordinairement qu’aux Juifs. Il montre ensuite l’inutilité de ces cérémonies et de la circoncision ; il s’élève avec force contre les faux docteurs, qui cherchaient à le décrier et à détruire son autorité ; enfin il leur donne d’excellents préceptes pour le règlement de leurs mœurs et pour se conserver dans la pureté du christianisme. Les souscriptions qui se lisent dans les éditions grecques de cette Épître marquent qu’elle fut écrite de Rome. Théodoret croit que c’est la première de celles que saint Paul écrivit de cette ville, et saint Jérôme veut qu’il l’ait écrite étant dans les liens. Mais nous aimons mieux suivre le sentiment qui veut qu’elle ait été écrite d’Éphèse l’an de Jésus-Christ 55 [Il y a à Angora un monastère qui est occupé par des moines arméniens schismatiques ; Aucher-Eloi dit (pages 72) que, suivant la tradition, il fut fondé par saint Paul].

Dans les livres des Machabées (2 Machabées 8.20) il est dit que Judas Machabée, exhortant ses gens à combattre vaillamment contre les Syriens, leur rapporta divers exemples de la protection de Dieu sur les Hébreux, et entre autres celle qu’ils éprouvèrent dans un combat qui se donna dans la Babylonie, où six mille Juifs tuèrent cent vingt mille Galates. Le grec est plus circonstancié. Il porte que les Galates, étant venus attaquer l’armée des Juifs dans la Babylonie, l’armée des Juifs n’était que de huit mille hommes, soutenus de quatre mille Macédoniens ; ces derniers n’osant en venir aux mains, les huit mille Juifs seuls défirent cent vingt mille Galates.

L’Écriture ne nous apprenant rien sur le temps et les autres circonstances de cette défaite, nous n’en pouvons rien dire d’assuré. Il y a même assez d’apparence qu’il faut entendre ici non les Galates établis dans la Galatie, mais les Gaulois qui étaient alors répandus dans l’Asie. Le grec Galatai se prend également pour les uns et pour les autres.