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Lakis
Dictionnaire Biblique Westphal
Bost

Aujourd’hui Tellel-Hésy, à 25 km à l’est de Gaza (Ghazze)

La ville est connue déjà au XIVe siècle avant Jésus-Christ, par les tablettes d’el-Amarna (La-ki-si) et joue un rôle important dans la résistance opposée à Josué (Josué 10.3). Les Israélites s’en emparèrent (Josué 10.31 et suivant) et s’y installèrent (Josué 15.39). Le roi cananéen périt sans doute avec ses sujets ou, d’après une autre tradition, fut pendu en compagnie de ses alliés, d’autres roitelets, et enseveli avec eux dans la caverne de Makkéda (Josué 10.26 et suivant 12.11). Malgré les travaux de fortification entrepris par Roboam (2 Chroniques 11.9), Lakis tomba aux mains du pharaon Sisak (Sheshonk Ier, 947-925), qui s’empara même de Jérusalem (2 Chroniques 12.4 ; 2 Chroniques 12.9).

C’est à Lakis qu’Amatsia se réfugia, mais en vain, pour fuir la conspiration qui en voulait à son trône et à sa vie (2 Rois 14.19 ; 2 Chroniques 25.27). Le roi assyrien Sanchérib, dans sa célèbre campagne de 701, vint mettre aussi le siège devant Lakis (2 Rois 18.13 et suivant) ; ceci est encore attesté par des reliefs trouvés à Ninive. Le roi, assis sur son trône, l’arc à la main gauche et la droite élevant une flèche, reçoit le rapport de son grand-officier, suivi de guerriers qui précèdent des captifs à genoux. Les scènes de l’assaut sont très explicitement figurées. Sur les remparts de la ville, les Israélites sont postés, qui lancent des flèches, jettent des pierres et des torches allumées.

Les Assyriens conduisent le siège avec des machines, véritables « béliers », qui roulent sur des chaussées et protègent des archers, en grande partie à genoux. D’une des tours assiégées, des prisonniers sortent et trois hommes sont empalés. Moyen expressif employé par le graveur pour annoncer le résultat du siège (figure 94). Comme celui-ci se poursuivait, Ézéchias se soumit et paya tribut (2 Rois 18.14), après avoir envoyé une ambassade à Lakis. Reperdue, la ville opposa une nouvelle résistance à Nébucadnetsar, en même temps que Azéka-(TeH Sakârîyé), car toutes deux, de par leur position, commandaient la route de l’Égypte et les Caldéens devaient s’en préoccuper lors de leurs opérations en Palestine (Jérémie 34.7 ; Jérémie 37.5). Après l’exil, la ville fut réoccupée par les fils de Juda (Néhémie 11.30). Dans ses censures le prophète Michée, annonçant les malheurs qui s’approchent, est sévère pour Lakis (Michée 1.13).

La ville a été fouillée par Fl. Pétrie et Bliss (1890-1893), qui y ont retrouvé des vestiges de fortifications et une abondante céramique. Un site voisin de Tell el-Hésy, appelé aujourd’hui Outnm Lâkis, représente une installation assez tardive, peut-être celle des Juifs du temps de Néhémie (Néhémie 11.30).

A. P.

Lakkum  

Dictionnaire Encyclopédique de la Bible par Alexandre WESTPHAL, Pasteur, Docteur en Théologie, et professeur honoraire de l'Université de Toulouse (Faculté de Théologie protestante de Montauban).
Edition originale publiée en 1932 par les Editions et Imprimeries « Je Sers », Issy-les-Moulineaux. Imprimeries Réunies Ducros et Lombard, Aberlen et Cie. Valence sur Rhone.
Numérisation Yves PETRAKIAN – 2005 France.