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Béthulie
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet

Béthulie (1)

Ville célèbre par le siège qu’en fit Holopherne, et auquel il fut tué par Judith. Nous avons dit, dans le Commentaire sur Judith que cette ville n’était autre que celle de Béthul ou Béthuel, dont nous venons de parler. Judith et son mari, et les principaux de Béthulie étaient de la tribu de Siméon (Judith 6.11 ; 8.1-3 ; 9.2). Le dessein d’Holopherne était d’aller en Égypte, Il avait soumis toute la Galilée, tout ce qui est au delà du torrent de Cison, et même les montagnes qui séparaient le royaume de Juda des terres de Samarie. Il ne lui-restait donc plus à assujettir que les terres de Juda et de Siméon, pour ensuite entrer en Égypte.

Mais, me dira-lon, continent accorder cela avec ce que dit l’Écriture (Judith 4.3 ; 7.3), que Béthulie au voisinage de Dothaïm et d’Esdrelon, de Cadmon et de Bethléem ? On sait que ces villes étaient dans le Grand-Champ et aux environs, bien éloignées de Béthul. Je réponds que dans cet endroit, l’auteur du livre de Judith marque la marche de l’armée d’Holopherne, et donne la description du camp qu’elle quitta pour aller faire le siège de Béthulie, et non pas le camp qu’elle occupa, en faisant ce siège (Judith 7.1-3) : Holopherne ordonna à son armée de marcher contre Béthulie… Ils se préparèrent donc tous au combat contre les enfants d’Israël, et ils s’avancèrent par le pied de la montagne, jusqu’à la hauteur qui est au-dessus de Dotaïm. Leur camp s’étendait depuis Belma, ou Belmaïm, jusqu’à Chelmon, qui est vis-à-vis d’Esdrelon. Le grand-prêtre Éliacim (Judith 4.5) écrivit à tous ceux qui étaient vis-à-vis d’Esdrelon et du Grand-Champ, contre Dothaim, de se saisir des hauteurs, pour empêcher l’armée d’Holopherne de pénétrer dans le pays de Juda. Jusque-là il n’y a rien de contraire a ce que nous avons dit de Béthulie, située vers Gaza, dans la tribu de Siméon.

Il est vrai que les voyageurs nous parlent d’une ville de Béthulie, située dans la tribu de Zabulon, à une lieue de Tibériade et à pareille distance d’Abeline, à trois lieues de Dothaïm et au nord de Scythopolis ; mais cette ville n’est connue d’aucun ancien. Ni Josué, ni Josèphe, ni Eusèbe, ni saint Jérôme, ne connaissent aucune ville de Béthulie en cet endroit : ce qui nous fait croire que celle que l’on y a montrée depuis les croisades, n’y a été fixée que par conjecture ; les voyageurs ayant ainsi souvent donné à tout hasard des noms anciens à des lieux qu’ils s’imaginaient être en la place des anciennes villes qui leur étaient d’ailleurs connues par l’histoire. Nous donnerons, sur l’article de Judith, l’histoire du siège de Béthulie [Les raisons par lesquelles D. Calmet cherche à établir que Béthulie était dans la tribu de Siméon n’ont pas été fort goûtées. Le P. Houbigant sur Judith, 7.3 (Grec), réfute son opinion. Ce texte est ainsi conçu, verset 1 : … Holopherne ordonna à toute son armée… de décamper pour s’avancer vers Béthune. 3 Ils campèrent dans la vallée près de Béthune, auprès de la fontaine, et s’étendirent en largeur au-dessus de Dothaïm jusqu’à Belthem (sic), et en longueur depuis Béthune jusqu’à Cyamon qui est vis-à-vis d’Esdrelon. D. Calmet, pour soutenir son opinion sur ce point, est obligé de dire que le camp décrit ici est celui qu’Holopherne quittait ; tandis que, comme le remarque le P. Houbigant, il est assez visible que c’est celui qu’il vint occuper d’où il suit, dit encore le même savant, que si, de l’aveu même de D. Calmet, le camp décrit ici devait être dans la tribu de Zabulon, Béthulie devait étre dans cette tribu].

Barbié du Bocage reconnaît Béthulie dans la Galilée Inférieure, tribu de Zabulon, à l’ouest du lac de Tibériade, dans un pays montueux, et riche en sources et en fontaines.

Il me semble avoir lu quelque part que Béthune était dans la tribu de Nephthali. Je suis assez porté à embrasser ce sentiment, d’après lequel cette ville aurait été située au nord de l’endroit où la placent Barbié du Bocage et presque tous les géographes, c’est-à-dire à l’ouest du Petit-Jourdain. M. Gilot de Kerhardène reconnaît Béthulie dans Safad. Voici comment il en parle :

Safad est la ville la plus élevée de la Syrie. La montagne de Béthulie est aussi haute que le Thabor, c’est-à-dire à cinq cents toises d’élévation au-dessus de la mer. En suivant la route de Jérusalem à Damas, dite le Grand-Champ d’Esdrelon, du côté oriental, on voit Safad s’élever dans les cieux avec ses deux châteaux semblables à deux ailes brillantes ; on croit l’atteindre en quelques heures, mais on se trompe facilement sur les distances dans un pays de montagnes… Safad se trouve à égale distance de la forteresse de Baudouin, près du pont des Filles de Jacob et des ruines de Jotapata, sur la route d’Acre ; la ville est bâtie sur trois montagnes, et les cinq villages agglomérés dont elle se compose renferment neuf mille habitants… Du temps des croisades la montagne de Béthulie était entourée de murs, mais la ville occupait, comme aujourd’hui, trois montagnes au moyen de vastes faubourgs, l’enceinte murée ne suffisant pas à la population. Depuis le tremblement de terre qui n’avait laissé debout que la forteresse, les Juifs et les Turcs se sont refait deux quartiers séparés en rebâtissant des maisons sur les ruines ; rien ne les empêchait d’obéir, en cette occasion, à leur antipathie mutuelle quant aux chrétiens du pays, établis entre les Juifs et les Turcs, ils habitent le village intermédiaire placé sur la route même, mais-ils y sont comme inaperçus, n’ayant point d’église…

De la vallée intermédiaire qui s’ouvre au nord et sépare les deux quartiers, on jouit, à travers le ravin qui mène au lac au sud-est, du point de vue le plus magnifique. Le lac tout entier, pris dans sa longueur, forme la plus sublime perspective. Le bassin bleuâtre semble, par un effet d’optique, s’encadrer dans une bordure de rochers lumineux, et si on se place à l’entrée du ravin où est la fontaine de Judith, on croit toucher le lac avec la main : comment se persuader qu’il y ait trois lieues de distance ? Ce ravin devient, plus bas, une vallée qui s’ouvre sur une plaine fertile s’étendant jusqu’aux bords du lac…

[Pour le moment je ne chercherai point à prouver que Safad est Béthulie, quoique la tâche soit d’autant plus facile que j’ai retrouvé la fontaine de Judith dans le ravin qui touche Safad au midi…]

Béthulie (2)

Montagne et village peu éloignés du labyrinthe de Thécua dans la tribu de Juda. « Au sortir de ce vallon, en cheminant vers le nord-est, on arrive, après trois quarts d’heure de marche, à la montagne nommée par les chrétiens du pays le Mont-Français, ou le Mont de Béthulie, à cause d’un village de ce nom situé à un quart-d’heure de là. » Voyez Correspondances d’Orient lettr. 121, de M. Poujoulat, tome 5 page 201 et Lamartine. Voyez en Orient., tome 1, page 466, 467.