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Butin
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal Bost

Moïse, ou plutôt le Seigneur, ordonne dans la loi, que le butin pris sur l’ennemi (Nombres 31.27) se partagera également entre ceux qui ont combattu et tout le reste du peuple. C’est-à-dire, que l’on devait partager tout le butin en deux parties égales, dont la prentière était pour ceux qui avaient été à la guerre, et l’autre partie était pour le peuple qui était demeuré dans le camp. Ainsi si l’armée qui avait combattu, n’était que de vingt mille hommes, et que ceux qui étaient demeurés dans le camp, fussent de quarante mille, les premiers avaient toute la moitié du butin, quoique bien moindres en nombre.

Moïse ajoute : Vous séparerez aussi la part du Seigneur, que vous tirerez de tout le butin de ceux qui ont combattu ; et de cinq cents hommes, ou bœufs, ou ânes, ou brebis ; vous en prendrez un, que vous donnerez au grand-prêtre, parce que ce sont les prémices du Seigneur. Quant à l’autre moitié du butin, qui appartiendra aux enfants d’Israël, qui n’ont pas combattu, de cinquante hommes ou bœufs, ou ânes, ou brebis ou autres animaux, quels qu’ils soient ; vous en prendrez un, que vous donnerez aux lévites, qui veillent à la garde et aux fonctions du tabernacle du Seigneur ; De cette sorte la portion d’Eléazar et dès prétres se trouva beaucoup plus grande à proportion que celle des douze mille soldats qui axaient été à la guerre ; et que celle des lévites ; et ce qui se pratiqua dans cette occasion fut une loi pour toute la suite des temps. On en peut voir un exemple dans ce qui arriva sous David, après la défaite des Amalécites qui avaient pillé Sicéleg (1 Samuel 30.24-25).

Les rabbins prétendent que sous les rois d’Israël on suivit une autre règle dans la distribution du butin l’on donnait au roi 1° tout ce qui avait appartenu au roi vaincu : sa tente, ses esclaves, ses animaux, ses dépouilles, son trésor. Après cela on partageait le reste du butin en deux parties égales, dont le roi avait moitié, et les soldats qui avaient combattu, l’autre moitié. Cette dernière partie était distribuée également entre les soldats qui avaient combattu et ceux qui étaient demeurés pour la garde du camp. Ils prétendent que ces règles subsistaient dès le temps d’Abraham : il est malaisé de le prouver ; mais nous savons qu’Abraham (Genèse 15.20) offrit au Seigneur la dîme de ce qu’il avait pris sur les cinq rois, et qu’il en fit présent à Melichisedech.

Chez les profanes on remarque à-peu-près les mêmes usages que nous voyons ici. Parmi les anciens Grecs, les soldats mettaient tout le butin en commun, puis le roi ou le général le partageait également entre eux. On donnait aussi aux dieux leur part des dépouilles gagnées sur l’ennemi. Numa avait ordonné qu’on en offrirait à Jupiter Férétrius la première partie, la seconde à Mars, la troisième à Quirinus. Quelquefois on brûlait en l’honneur des dieux la part du butin qu’on leur destinait, et d’autres fois on le mettait dans leurs temples.

Dans l’Alcoran, sous le titre Anfal, il est porté que de tout ce qui s’est pris chez l’ennemi, des cinq parts, les soldats en auront quatre, et la cinquième partie appartiendra à Dieu, au prophète Mahomet, à ses parents, aux orphelins, aux pauvres et aux pèlerins. Plusieurs interprètes musulmans tiennent que ce n’est que par honneur et par cérémonie, qu’il est parlé de donner à Dieu une part du butin ; mais d’autres soutiennent au contraire que la chose est d’obligation, et que cette part doit être employée aux réparations et à l’ornement du temple de la Mecque et des autres mosquées. Quant à la portion du prophète et de ses parents, les uns disent qu’elle est devenue caduque par sa mort et par celle de ses proches, et qu’ainsi le cinquième du butin appartient entièrement aux orphelins, aux pauvres et aux pèlerins. Les autres soutiennent que la portion du prophète doit être employée aux affaires générales dès Musulmans, ou donnée au chef de la mosquée du lieu, ou des lieux où il y a plus de nécessité. Cela nous importe assez peu ; mais il est visible que ce faux prophète avait tiré ceci des lois de Moïse.

Buz