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Zèle
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet

Zèle (1)

En latin, zelus, en hébreu kanak, se prend :

I. Pour l’ardeur que nous avons pour quelque chose (1 Rois 19.10-14) : Je brûle de zèle pour le Seigneur des armées. Phinées est loué pour avoir été rempli de zèle contre les méchants qui violaient la loi du Seigneur (Nombres 25.13) : Quia zelatus est pro Deo suo. Judith dit que Siméon et ses frères furent remplis du zèle du Seigneur, pour venger l’outrage fait à leur sœur (Judith 9.3).

II. Zelus se met pour la colère : (2 Rois 19.31) : La colère du Seigneur fera cela (Sophonie 1.18 ; 3.8) Jusqu’à quand votre colère sera-t-elle allumée comme un feu ? (Psaumes 88.5) : Le feu de ma colère détruira toute la terre.

III. Zelus est pris pour la jalousie (Proverbes 6.34) : La jalousie d’un mari en fureur ne pardonnera point (Zacharie 1.14 ; 8.2) : J’ai aimé Jérusalem el Sion d’un amour de jalousie.

IV. Zelus se met pour l’envie. N’ayez point d’envie contre les méchants ; n’enviez point leur bonheur passager (Psaumes 36.1). N’êtes-vous pas encore charnels, puisque l’envie et les disputes règnent encore parmi vous (1 Corinthiens 3.3). Voyez aussi (Jacques 3.6). Le zèle d’amertume (Jacques 3.14), est opposé au zèle de la charité, qui ne s’irrite point, dit l’Apôtre (1 Corinthiens 13.4,5). Mais le faux zèle, le zèle d’amertume, est rempli d’aigreur et d’animosité.

Zèle (2)

Jugement du zèle.

On donnait ce nom, parmi les Hébreux, à l’action d’un Israélite qui, transporté de zèle, sans attendre la sentence des juges, et sans observer les formalités ordinaires de la justice, frappait ou mettait à mort un Juif, qu’il trouvait dans le violement manifeste et scandaleux de quelque point important de la loi, où à qui il entendait proférer quelque blasphème contre le nom de Dieu, ou contre son temple, ou son peuple. Dans ces cas, il était permis à tout Israélite de lui courir sus, et de le mettre à mort, s’il pouvait. Et de même si les prêtres dans le temple, voyaient un de leurs confrères qui fit ses fonctions dans un état de souillure, ils étaient autorisés par la coutume à l’arracher du lieu saint, à le tirer hors du parvis, et à lui casser la tête à coups de bâtons. Mais afin qu’on pût se servir de cette liberté, il fallait que le mal se commit au moins en présence, de dix Israélites, et que celui qui était en faute y persévérât, et ne s’en retirât point, lorsqu’il se voyait averti et attaqué ; car s’il cessait de mal faire, il était défendu de le tuer, sans l’avoir auparavant fait condamner en jugement.

On fonde ce droit sur une tradition qu’ils prétendent avoir reçue de Moïse, et sur l’exemple de Phinées (Nombres 25.7-8), qui, transporté d’un saint zèle, perça d’un seul coup Zamri, chef de la tribu de Siméon, et Cozbi, fille d’un prince de Madian. C’est en vertu du même droit que Matthathias, père des Machabées (1 Machabées 2.24), tua Apelles, que le roi de Syrie avait envoyé à hiodin, pour contraindre les Juifs de sacrifier. On rapporte à la même pratique la vengeance que les Juifs d’Égypte tirèrent de trois cents de leurs frères qui avaient lâchement abandonné leur religion. Enfin on peut dire que c’est par le même zèle que Notre-Seigneur chassa du temple les banquiers, ceux qui trafiquaient, et qui y vendaient des colombes, et des animaux pour les sacrifices (Matthieu 21.12 Jean 2.14-15). L’Évangéliste remarque que dans cette occasion les apôtres se souvinrent de cette parole de l’Écriture (Psaumes 68.10) : Le zèle de votre maison m’a dévoré. Voyez Grotius, de Jure belli et pacis, livre 2 chapitre xx, paragraphe 8 ; Selden., de Jure nat et gent livre 4).

L’Idole du Zèle, idolum zeli, dont parle Ézéchiel (Ézéchiel 8.3-5), est, à ce qu’on croit, le faux dieu Adonis, justement appelé l’idole de jalousie, à cause qu’il était aimé de Vénus, et que Mars, piqué de jalousie, envoya contre lui un sanglier, qui le tua d’un coup de dent. De plus, en suivant le récit d’Ézéchiel, on voit que le même simulacre qui est nommé au vers. 5, l’image de jalousie, est appelé vers. 14 Thammuz, en l’honneur duquel les femmes faisaient des lamentations, comme tout le monde sait qu’on en faisait aux fêtes d’Adonis. Saint Jérôme, suivi de plusieurs commentateurs, croit que l’idole de jalousie, est le dieu Baal, qui ayant été placée dans le temple du Seigneur par le roi Manassé, fut enfin ôtée par Josias. D’autres croient que sous le nom d’image de jalousie, qui excite la jalousie, le prophète avait voulu marquer toute sorte d’idoles, qui irritent la colère de Dieu, et allument son zèle contre leurs adorateurs.

L’oreille du zèle entend toutes choses : Dieu est comme un épuux jaloux qui écoute toutes choses, qui est attentif à tous les discours des méchants, qui les réprimera et les châtiera.

Cessez de chercher la mort avec tant d’ardeur ; ne témoignez pas tant de zèle pour votre propre perte : autrement, n’accusez point la mort, ne lui imputez point votre perte. Le verbe zelare se met quelquefois pour tirer vengeance. Phinées fut emporté de zèle contre les prévaricateurs (Nombres 25.11), il s’arma pour les mettre à mort. Saül fit mourir les Gabaonites par un zèle à contre-temps, pour venger la tromperie qu’ils avaient faite à Israël : (2 Samuel 21.2). L’auteur de la Sagesse (Sagesse 5.18) nous représente le Seigneur qui va s’armer de zèle contre ses ennemis ; c’est-à-dire, qui va tirer vengeance de leur malice. Isaïe (Isaïe 40.13) dit qu’Éphraïm n’aura plus de guerre contre Juda ; que ces deux royaumes vivront en paix : Auferetur zelus Ephraim et hostes Juda peribunt ; Ephraim non oemulabitur Judam, et Judas non pugnabit contra Ephraim. Où l’on voit que zelari et cemulari sont mis comme synonymes à hostis et à pugnare. Ézéchiel (Ézéchiel 39.25) dit que le Seigneur va venger l’outrage fait à son nom.

Dans le Deutéronome (Deutéronome 32.21), Dieu dit que les Israélites, ingrats et infidèles, l’ont voulu comme piquer de jalousie, ou de zèle, en adorant des dieux qui lie sont point dieux ; et moi, dit le Seigneur, je les piquerai de jalousie et de zèle, en aimant un autre, qui n’est point un peuple ; et je les irriterai en substituant en leur place une nation insensée, comme un époux irrité et piqué de jalousie contre une épouse infidèle, qui s’est abandonnée à des amants indignes au mépris d’un mari infiniment digne de respect ; il la menace de la répudier, de la rejeter, et de prendre en sa place un peuple qui ne mérite pas le nom de peuple, pour lui causer par ce parallèle un zèle, une jalousie, un dépit de désespoir. Cela s’est parfaitement accompli dans la réprobation du peuple juif, et dans la vocation des gentils à la religion chrétienne.

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