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Usure
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal Bost

usura, ou fenus. C’est ce qu’on reçoit au delà du principal, en vertu du prêt usuraire. Si vous prêtez de l’argent à ceux de mon peuple qui seront pauvres parmi vous, vous ne les presserez point comme-un exacteur impitoyable, et vous ne les accablerez point par des usures (Exode 22.25-26). Et ailleurs (Lévitique 25.35-36) : Si votre frère est tombé dans la pauvreté, et qu’il ait besoin de votre secours, après que vous l’aurez reçu chez vous comme un hôte et un étranger et que vous l’aurez nourri avec vous, vous ne tirerez point d’intérêt de lui, et n’en exigerez pas plus que vous ne lui aurez donné ; vous ne lui donnerez point votre argent à usure, et vous n’exigerez pas de lui plus de fruit qu’il n’en a reçu de vous. On peut traduire ainsi l’Hébreu : Lorsque votre frère sera tombé dans la pauvreté et dans la misère, vous le soutiendrez. Et à l’égard de l’étranger, et de celui qui est habitué dans le pays, qui vit avec vous (Lévitique 15.36), vous ne prendrez point d’usure de lui, vous ne lui donnerez point votre argent à usure, etc. En sorte que ce passage renfermerait deux préceptes : l’un, de soutenir son frère dans sa pauvreté ; et le second, de soulager même l’étranger, et de ne lui pas prêter à usure.

Et dans le Deutéronome (Deutéronome 23.19-20) : Vous ne prêterez à usure à votre frère ni argent, ni grain, ni quelque chose que ce soit, mais seulement aux étrangers. Vous prêterez à votre frère ce dont il aura besoin, sans en tirer aucun intérêt, afin que le Seigneur votre Dieu vous bénisse en tout ce que vous ferez. En cet endroit le Seigneur semble tolérer l’usure envers les étrangers, c’est-à-dire, envers les chananéens et les autres peuples dévoués à l’anathème ; mais non pas envers les étrangers avec qui les Hébreux n’étaient point en guerre, et contre qui le Seigneur n’avait rien prononcé.

Exiger l’usure est ici un acte d’hostilité, dit saint Ambroise ; c’est une manière de faire la guerre aux chananéens que de les ruiner par ce moyen : Exigez l’usure de celui que vous pouvez tuer sans crime. Et encore les lois ne permettent-elles point d’exercer l’usure envers nos ennemis, quoique en juste guerre elles permettent seulement de les dépouiller de leurs biens, dont ils se servent contre nous. Ainsi le plus vrai est de dire que Dieu tolérait, mais n’approuvait point l’usure que les Hébreux exerçaient sur les chananéens. Il avait accordé cela à la dureté de leurs cœurs, ne pouvant l’empêcher entièrement.

(Voyez Prêt)

Mais Jésus-Christ, dans l’Évangile, a révoqué toutes ces sortes de tolérances qui étaient en usage sous la loi ancienne (Luc 6.30-33) : Donnez à tous ceux qui vous demandent ; et ne demandez point votre bien à celui qui l’emporte… Si vous prêtez à ceux de qui vous espérez de recevoir la même grâce, quel gré vous en saura-t-on, puisque les gens de mauvaise vie s’entreprêtent de la sorte pour recevoir le même avantage ? C’est pourquoi, aimez vos ennemis, faites du bien à tous, et prétez sans en rien espérer. Ces derniers mots : prêtez sans en rien espérer, se peuvent expliquer en trois manières :

1° Prêtez même au plus pauvre, de qui vous n’espérez pas qu’il puisse vous le rendre ;

2° Prêtez sans espérer qu’on vous rende un pareil service ;

3° Prêtez sans désespérer votre prochain, ou prêtez sans que la crainte de tomber dans l’indigence vous empêche de faire le bien.

Mais nous croyons que la vraie explication est celle-ci : Prêtez aux plus pauvres, quand même vous n’espéreriez pas qu’ils dussent vous le rendre. Saint Augustin n’a osé décider si ce qui est acquis par l’usure est injuste, et si l’on est obligé de le restituer. Que dirai-je de l’usure, dit-il, que les lois civiles condamnent, et que les juges obligent à restitution ? Est-il plus cruel de ravir quelque chose aux riches que d’ôter en quelque sorte la vie aux pauvres, en les opprimant par l’usure ? Tout ce qui est acquis par cette voie est sans doute mal acquis, et je voudrais qu’on le restituât ; mais on n’a point de juges devant qui on en puisse répéter la restitution. Il parle apparemment de l’usure secrète Néhémie (Néhémie 5.11) oblige les Juifs de retour de la captivité de restituer à leurs frères ce qu’ils en avaient injustement exigé. Mais il est inutile de s’étendre plus au long sur l’usure, qui est condamnée par toutes les lois naturelles, divines et humaines. Voyez les casuistes et les commentateurs sur l’Exode (Exode 22.25-26).

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