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Tondre
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet

Tonsure, se prennent pour la tondaille des brebis et pour la tonsure des cheveux et de la barbe d’un homme. Les tondailles des troupeaux se faisaient clans la joie ; c’était une tête à laquelle on invitait ses amis. Nabal, époux d’Abigaïl, faisant sa tondaille, avait préparé un repas comme un festin de roi (1 Samuel 25.2). David crut que, dans cette circonstance, il ne lui refuserait pas quelque secours pour sa troupe. Absalon invita toute la famille royale aux tondailles de ses troupeaux.

Dans le deuil, les Hébreux coupaient leurs cheveux et laissaient croître leur barbe (Esdras 9.3). Job ayant appris la mort de ses fils et de ses filles, et la perte de ses biens (Job 1.20), déchira ses habits, se coupa les cheveux et se prosterna pour adorer Dieu. Jérémie reçoit ordre du Seigneur de couper ses cheveux, de les jeter et de faire le deuil (Jérémie 7.29). Michée dit à la fille de Sion de se couper les cheveux et de faire le deuil de ses enfants (Michée 1.16).

Dieu avait défendu aux Israélites de couper leurs cheveux à la manière des Arabes, qui les coupaient en rond (Lévitique 19.27). Jérémie désigne en plusieurs endroits ces mêmes peuples par la forme de leur tonsure (Jérémie 9.26 ; 25.23 ; 49.32).

Les prêtres, dans le temple, portaient les cheveux courts, Mais ils ne les faisaient pas au rasoir (Ézéchiel 44.20) ; ils les coupaient aux ciseaux de temps en temps et ne les coupaient point jusqu’au cuir, selon les Septante. Mais plusieurs entendent l’Hébreu, qui porte à la lettre : Ils n’enverront point leurs cheveux, comme s’il y avait, ils ne les laisseront pas croître. Dans le Lévitique (Theodoret ex Heb et Syr.), Dieu défend à Aaron, après le malheur arrivé à Nadab et Abiu, ses fils, de découvrir sa tète, c’est-à-dire de raser ses cheveux comme les autres Israélites le pratiquaient dans le deuil (Lévitique 10.6). Les talmudistes remarquent que les prêtres qui étaient actuellement occupés au service du temple se coupaient les cheveux aux ciseaux tous les trente jours, et que le grand prêtre était obligé de se les faire couper de même tous les vendredis au soir, en sorte que la peau de la tête ne fût pas entièrement découverte. Saint Jérôme, sur Ézéchiel, remarque que, dans cet endroit, Dieu défend deux choses à ses prêtres : l’une pleine de superstition, qui est de couper leurs cheveux avec le rasoir, à la manière des prêtres d’Isis ; l’autre de les porter trop longs, comme les hommes efféminés qui frisent leurs cheveux et les portent le plus longs qu’ils peuvent. Lorsqu’on tira Joseph de prison par ordre du roi (Genèse 41.14) on le rasa, on lui fit changer d’habit, et on le présenta ainsi devant Pharaon. Dans sa prison il avait laissé croître ses cheveux, mais ou les lui coupa quand il fit obligé de paraître à la cour ; car les Égyptiens se font raser ou couper les cheveux dès leur jeunesse, dit Hérodote ; ils ne les laissaient croître que dans le deuil. Il n’était pas du respect dû au roi de paraître en sa présence dans un extérieur négligé et lugubre. Le même Joseph, dans sa plus grande faveur, n’alla point demander à Pharaon d’aller enterrer son père dans la terre de Chanaan, il lui fit parler par d’autres (Genèse 50.4), parce qu’il était dans le deuil.

On lit dans les livres des Rois (1 Samuel 14.24-26) qu’Absalon, qui avait la plus belle chevelure qui fût dans tout Israël, se faisait couper les cheveux tous les ans une fois, parce que leur poids et leur quantité l’incommodaient ; ils pesaient deux cents sicles du poids du roi. Ce prince ne coupait pas sans doute tous ses cheveux, ç’aurait été une difformité ; les Hébreux ne se les coupaient que dans le deuil, comme on l’a vu ci-devant ; il n’en faisait couper qu’autant qu’il fallait pour se soulager de l’embarras et de la chaleur que cette quantité de cheveux lui causaient, et nonobstant ils pesèrent deux cents sicles ; ce qu’on doit entendre apparemment, tant de ce qu’il en laissait que de ce qu’il en faisait couper, en faisant la compensation de l’un avec l’autre. On peut voir sur cela l’article Absalon.