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Tharsis
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal

Tharsis (1)

Second fils de Javan (Genèse 10.4). Nous croyons qu’il fonda Tharse eu Cilicie et qu’il communiqua le nom de Tharsis à toute cette province.

Tharsis (2)

Fils de Balan, de la tribu de Benjamin (1 Chroniques 7.10).

Tharsis (3)

Un des premiers satrapes des Perses, et des plus en crédit auprès d’Assuérus (Esther 1,14)

Tharsis (4)

Pays de Tharsis, où Salomon envoyait ses flottes (1 Rois 10.22 2 Chroniques 9.11). Il y a sur ce pays un très-grand nombre de sentiments divers. Josèphe, le paraphraste chaldéen et l’Arabe l’expliquent de Tharse, ville de Cilicie ; les Septante, saint Jérôme, Théodoret, l’entendent de Carthage. Eusèbe fait descendre les Espagnols de Tharsis. Le géographe arabe veut que Tharsis soit Tunis en Afrique, et Bochart que ce soit Tartessus, île dans le détroit de Gadès. M. Le Clerc entend par Tharsis Thassus, île et ville dans la mer Egée. Grotius croit que tout l’Océan est nommé Tharsis, à cause de la fameuse ville de Tartessus, dont nous avons parlé. Sanctius croit que la mer en général est nommée Tharsis, et que les vaisseaux de Tharsis sont ceux qu’on emploie dans les voyages de mer, par opposition aux nacelles et aux barques dont on se sert dans les fleuves. Les Septante traduisent quelquefois Tharsis par la mer, et l’Écriture donne également le nom de vaisseaux de Tharsis à ceux qu’on équipait à Asiongaber, sur la mer Rouge, et qui allaient dans l’Océan, comme à ceux qu’on équipait à Joppé et dans les ports de la Méditerranée. Nous ne voyons guère d’autre moyen que celui-là pour expliquer tous les passages où il est parlé des vaisseaux de Tharsis. Car, d’un côté, nous voyons assez clairement que Tharsis signifie la ville de Tharse et la Cilicie ; et de l’autre, nous remarquons qu’on équipait des vaisseaux de Tharsis, ou des vaisseaux pour aller à Tharsis, dans des lieux d’où l’on ne peut présumer qu’on voulût aller à Tharse en Cilicie. Par exemple, l’auteur du livre de Judith (Judith 1.12-23), décrivant la route d’Holopherne, dit qu’il alla en Cilicie et qu’il pilla tous les enfants de Tharsis. Jonas (Jonas 1.3), fuyant de devant la face du Seigneur, s’embarqua à Joppé pour aller en Tharsis, apparemment à Tharse en Cilicie. Les prophètes Isaïe (Isaïe 33.1-14 ; 9.19) et Ézéchiel (Ézéchiel 27.12-25 ; 38.13) mettent parmi les vaisseaux marchands qui venaient trafiquer à Tyr ceux de Tharsis. La Cilicie était tout à fait à portée de Tyr, et il n’y a guère d’apparence qu’on y vint trafiquer des côtes de l’Océan. Enfin le Psalmiste (Psaumes 71.10) met les rois de Tharsis avec ceux des îles Reges Tharsis et insoloe. Or les îles marquent ordinairement celles de la Méditerranée et les pays maritimes où les Hébreux avaient accoutumé d’aller par cette mer.

De tous ces passages on peut conclure que le pays de Tharsis était sur la Méditerranée, et qu’apparemment c’est la Cilicie.

Lors donc qu’on voit équiper des vaisseaux destinés à aller à Tharsis dans la mer Rouge et à Asiongaber, on doit conclure l’une de ces deux choses, ou qu’il y a deux pays de Tharsis, l’un sur l’Océan, et l’autre sur la Méditerranée, ce qui ne nous paraît nullement probable ; ou que les vaisseaux de Tharsis en général ne signifient autre chose que des vaisseaux de long cours, de grands vaisseaux, opposés aux barques et aux nacelles. On peut voir notre Commentaire sur la Genèse, 10.4 [Le capitaine Seely, dans les Merveilles d’Elora, ou Récit d’un voyage aux temples d’Elora (Indes Orientales), semble vouloir que ce fût à Mora, ou dans celte partie des Indes, que la flotte de Salomon allait une fois tous les trois ans chercher de l’or et de l’argent, de l’ivoire, des singes et des paons (1 Rois 10.22), parce qu’on y voit des figures de singes et de paons sculptées dans uu grand nombre de temples.

Barbié du Bocage, après avoir dit que si la position d’Ophir est des plus controversées il en est de même de celle relative à

Tarsis, à continué en ces termes « Les uns, se fondant sur ce que les vaisseaux de Tyr, de même que ceux d’Asiongaber, prenaient part aux navigations de Tharsis, ont cru entrevoir qu’il y avait deux lieux ou pays de ce nom, l’un situé sur la côte de la mer Méditerranée, et l’autre sur la mer des Indes (Gossel, Recherch., 2.127) ; les autres, n’admettant qu’un seul Tharsis, lui ont assigné des places arbitraires. Ainsi on l’a marqué sur la côte, méridionale de l’Arabie, sur les côtes Orientales de l’Afrique, dans l’Inde, à Ceylan, dans la mer Noire et dans la Thrace, à Tharse de Cilicie, à Tunis, à Carthage et même sur les côtes occidentales de l’Afrique. Toutefois l’opinion la plus commune l’indique à Tartessus en Espagne, au delà du détroit des colonnes d’Hercule. Heeren (Politig., etc., 2.469) voit dans l’expression de Tharsis un mot d’une acception générale désignant les contrées occidentales de l’Europe. Le savant Gosselin, dans sa Dissertation sur les.voyages de Tharsis (Recherch.), émet une opinion différente, énoncée vaguement avant lui, il est vrai, par quelques auteurs, mais non discutée. Il fait du mot Tharsis du texte hébreu, rendu tantôt par le mot mer, tantôt par le mot Carthaginois, tantôt par le mot Tharsis lui-même, une expression synonyme du mot mer, d’où il suit que les expressions vaisseaux de Tharsis devraient toujours se traduire par les mots vaisseaux de la mer. Cette opinion, conforme à la traduction de Luther, comme l’observe Heeren, a été observée par le savant docteur Vincent, dont le nom peut faire autorité en pareille matière. Et en effet, rendue de la sorte, l’expression Tharsis s’explique facilement dans le plus grand nombre des circonstances où il est cité. Dans ce cas il indique la mer, une mer quelconque, aussi bien la mer Rouge, le golfe Arabique et la mer des Indes, que la Méditerranée.