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Terre
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal Bost

Terra. Ce terme se prend :

1° Pour l’élément terrestre et grossier qui nous soutient et nous nourrit. La terre donne son fruit ; la terre est stérile, est arrosée, etc. Le Seigneur donna le nom de terre à Vacillent aride (Genèse 1.10)

2° La terre est mise pour toute la matière grossière qui fut créée au commencement. Moïse dit que Dieu créa alors le ciel et la terre (Genèse 1.1), c’est-à-dire la matière de tous les êtres sensibles.

3° La terre se met pour le globe terraqué, pour la terre et tout ce qu’elle contient, hommes, animaux, plantes, métaux, eaux, poissons, etc. : Domini est terra et plinitudo ejus (Psaumes 23.1). Les cieux des cieux sont la demeure du Seigneur, et il a donné la terre aux enfants des hommes (Psaumes 113.15-16). Il leur a dit (Genèse 8.17) : Entrez sur la terre, et rendez-vous-en les maîtres, etc.

4° La terre se prend souvent pour ceux qui l’habitent : Toute la terre n’avait qu’une langue (Genèse 11.1). Toute la terre était remplie d’iniquité (Genèse 6.13). Que toute la terre loue le Seigneur (Psaumes 99.1).

5° La terre marque souvent le pays des Israélites, ou en général le pays ou le canton dont on parle ; la terre de Chanaan, la terre d’Égypte, la terre d’Assur, la terre de Moab. Quelquefois toute la terre ne signifie, que toute la Judée ou tout l’empire de Chaldée et d’Assyrie. Ainsi Cyrus dit que le Seigneur lui a donné l’empire de toute la terre (Esdras 1.2). Dans les psaumes on invite toute la terre, c’est-à-dire tout Israël, à louer et à servir le Seigneur (Psaumes 32.8-14 ; 44.17 ; 47.3 ; 56.6-12 ; 65.1-4).

L’homme n’est que terre et cendre (Ecclésiaste 10.9), ou que poussière et cendre. Toute la terre est devant vous (Genèse 20.15) : Vous êtes le maître de vous établir et d’aller où vous jugerez à propos. Le serpent est condamné à manger la terre tous les jours de sa vie (Genèse 3.14). Noé est nommé Vir terne (Genèse 9.20), ou Vir agricola, laboureur. Dieu menace son peuple de rendre le pays qu’il doit habiter une terre de fer (Deutéronome 28.23), stérile, sèche, dure, intraitable.

Les Hébreux qui furent envoyés pour considérer la terre promise rapportèrent que c’était une terre qui dévorait ses habitants : (Nombres 13.33), remplie de peuples guerriers, environnée d’ennemis, exposée à des dangers continuels.

Naaman ayant été guéri de sa lèpre par Élisée, le pria de lui permettre d’emporter la charge de deux mulets de terre du pays d'Israël, afin que sur cette terre il pût rendre ses adorations au Seigneur ; croyant ne le pouvoir faire comme il faut sur une terre impure comme l’était, à son avis, celle de Syrie.

Demander à un peuple de la terre et de l’eau était une chose usitée parmi les anciens Perses, lorsqu’ils demandaient que ce peuple reconnût leur domination : ainsi Nabuchodonosor, dans le grec de Judith (Judith 1.5), ordonne à Holopherne de marcher contre les peuples de l’Occident qui n’ont pas voulu obéir à ses ordres, et de leur annoncer de sa part qu’ils aient à préparer de la terre et de l’eau, parce qu’il est résolu d’aller contre eux dans sa fureur, etc. Darius fit de même demander aux Scythes de la terre et de l’eau ; et Mégabyse envoya faire la même demande à Amyntas, roi de Macédoine, de la part de Darius, son maître. Polybe et Plutarque parlent de la même coutume des Perses. Il y en a qui croient que ces demandes symboliques désignaient l’empire de la terre et de la mer ; d’autres que ces deux choses marquaient les deux choses les plus nécessaires à la vie, comme qui dirait le pain et l’eau. Par la terre ils désignaient les aliments qu’on tire de la terre, le froment et les fruits ; et par l’eau, la boisson, qui est la seconde partie de la nourriture de l’homme. C’est à-peu-près dans le même sens que l’Ecclésiastique a dit : Le Seigneur a mis devant vous le feu et l’eau ; étendez vos mains vers celui des deux qu’il vous plaira (Ecclésiaste 15.17) ; et ailleurs (Ecclésiaste 39.31) : Le feu et l’eau sont les choses les plus nécessaires à la vie : Initium necessarice rei vite hominum, aqua, ignis, etc. Le feu et l’eau étaient considérés par les anciens comme les premiers principes de la génération, de la naissance et de la conservation de l’homme. On en interdisait l’usage aux proscrits ; et on les faisait toucher à l’épouse dans la cérémonie de ses noces.

Terre, dans le sens moral, est opposée au ciel, à l’esprit : Celui qui vient de la terre parle de la terre (Jean 3.31) ; mais celui qui vient du ciel est au-dessus de tous. Si vous êtes ressuscités avec Jésus-Christ, n’ayez plus de sentiments pour les choses de la terre (Colossiens 3.4). L’homme terrestre est opposé à l’homme céleste (1 Corinthiens 15.47-48) ; la demeure terrestre à la demeure céleste (2 Corinthiens 5.1).

La terre des vivants marque la demeure des bienheureux dans l’autre vie, ou même la Palestine, par opposition au pays de captivité, où les Juifs se considéraient comme dans le tombeau. Voyez (Psaumes 26.13 ; 51.7 ; 55.13 ; 141.6. Isaïe 38.11 ; 53.8), etc.

La terre de l’oubli, de l’obscurité, marque le tombeau (Psaumes 88.13, Job 10.21-22, Psaumes 62.10), etc.