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Sang
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal Bost

Dieu défendit dès le commencement du monde (Genèse 9.4-6) de manger ni le sang seul, ni le sang mêlé avec la chair, c’est-à-dire, les chairs étouffées et dont on n’aurait pas tiré le sang, parce que l’âme de l’animal est dans le sang (Lévitique 19.11 Deutéronome 12.23) ; c’est-à-dire, la vie animale dépend tellement du sang, que l’animal ne peut vivre sans cela. De là viennent les diverses acceptions du terme sang.

1° Il se prend pour la vie. Dieu répétera le sang de l’homme ; c’est-à-dire, il punira l’homicide, de quelque manière qu’il soit arrivé. Que son sang soit sur nous : qu’on nous impute sa mort. La voix du sang d’Abel crie vers le Seigneur ; le meurtre commis sur sa personne crie vengeance (Nombres 25.24-27) celui qui doit tirer vengeance d’un meurtre commis en la personne de son parent.

2° le sang se met pour la parenté. Nul ne s’approchera de la femme qui est sa proche parente : (Lévitique 18.6). Aman était étranger au sang des Perses (Esther 16.10) ; il était d’une race étrangère.

3° le sang se met pour ce qui arrive d’ordinaire aux femmes (Lévitique 20.18). Et (Lévitique 15.24).

4° La chair et le sang sont souvent opposés à l’esprit et à la raison. Ce n’est pas la chair et le sang qui vous ont révélé cela ; c’est mon Père qui est dans les cieux (Matthieu 16.17). La chair et le sang ne posséderont point le royaume de Dieu (1 Corinthiens 15.50). Vous n’avez point à combattre contre la chair et le sang, contre des ennemis visibles, composés de chair et de sang, mais contre les princes et les puissances de ce monde (Éphésiens 6.12), contre les démons, etc.

5° Le vin est aussi nommé le sang de la vigne (Deutéronome 32.14). Et Juda lavera son manteau dans le sang du raisin.(Genèse 49.11).

6° Les prêtres sont établis de Dieu pour juger entre lèpre et lèpre, entre sang et sang (Deutéronome 17.8) ; c’est-à-dire, pour juger dans les matières criminelles et où il s’agit de la mort d’un homme, si le meurtre est casuel ou volontaire, ou s’il est digne de pardon.

7° David dit qu’il ne boira point le-sang (1 Chroniques 11.19) de ses héros qui avaient exposé leur vie pour lui aller quérir de l’eau à la citerne de Béthléem ; c’est-à-dire, qu’il ne boira pas de cette eau qui a failli leur coûter la vie.

8° Dieu s’était réservé le sang de toutes les victimes, comme maître absolu de la vie et de la mort. On devait répandre le sang des animaux sur son autel, ou au pied de son autel, selon la nature des sacrifices ; et si l’on était trop éloigné du temple, on le versait à terre et on le couvrait de poussière. Ce sang des victimes de l’Ancien Testament n’était que la figure du sang que Jésus-Christ a versé pour nous, et qui nous a mérité le pardon de nos péchés.

Homme de sang, époux de sang, c’est-à-dire, un homme cruel et sanguinaire ; une ville meurtrière et coupable du sang des saints et des prophètes ; un époux acheté au prix du sang, ou qui est l’occasion et la cause innocente de l’effusion du sang de ses fils : c’est ainsi que Séphora appela Moïse, son mari, lorsqu’elle eût donné la circoncision à ses fils pour les garantir de la mort dont ils étaient menacés. Bâtir sa maison dans le sang (Hébreux 2.11) ; c’est-à-dire, par l’oppression et le sang des malheureux. Laver ses pieds dans le sang (Psaumes 57.11) ; remporter une victoire sanglante et signalée. La Vulgate lit : Laver ses mains : mais l’Hébreu porte : Il lavera ses pieds. Le vengeur du sang (Nombres 35.27) est celui qui, selon l’usage, était chargé comme plus proche parent de poursuivre la vengeance du meurtre de son parent. Rechercher le sang, c’est-à-dire, se venger.

Délivrez-moi du sang : (Psaumes 50.16) ; pardonnez-moi le meurtre d’Urie que j’ai fait mettre à mort. Je visiterai le sang de Jézabel (Osée 1.4) ; je vengerai le sang qu’elle a répandu (Osée 4.2) : Ils commettent meurtre sur meurtre. Un sang n’est pas essuyé qu’ils en répandent un autre. La lune se changera en sang (Joël 2.31), elle paraîtra rouge comme le sang. Vivez dans votre sang (Ézéchiel 16.6). Je vous ai vue toute souillée du sang de votre naissance, et je vous ai dit : Malgré cette impureté dont vous êtes chargée, je veux vous donner la vie (Zacharie 9.11). Il parle de Jésus-Christ. Vous avez délivré vos captifs, les saints Pères qui étaient dans l’enfer, vous les avez rachetés par le sang de votre alliance que vous avez répandu pour eux. Quelques-uns l’expliquent de la délivrance des Hébreux de l’Égypte : Dieu les a tirés de cette prison par le sang de son alliance, de son Agneau pascal. On dit que le sang crie (Genèse 4.10-11) de dessus la terre, que la terre a bu le sang, qu’elle est enivrée de sang (Isaïe 34.7) ; que le sang est dans les mains de quelqu’un ; que le sang est sur la tête de quelqu’un, etc. Toutes ces expressions s’entendent mieux par la force qui les accompagne que par tous les commentaires qu’on pourrait faire pour les expliquer.

Le sang de Jésus-Christ est le prix de notre salut ; c’est par son sang qu’il a acquis son Église (Actes 20.28). C’est par le mérite de son sang que nous acquérons la justification et la rémission de nos péchés : (Romains 5.9). Et encore (Éphésiens 1.7 Colossiens 1.4). C’est par son sang qu’il a pacifié toutes choses au ciel et en la terre (Colossiens 1.20). C’est par son sang qu’il est entré dans le ciel et qu’il nous en a procuré l’entrée (Hébreux 9.14). Son sang est le sang de l’alliance nouvelle et éternelle (Hébreux 13.20), qui a été répandu pour les péchés des hommes, qui nous sert de breuvage, et qui est en nous un gage de l’immortalité.