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Phinée
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet

Phinées (1)

Ou, comme parlent les Juifs, Pinehas, fils d’Eléazar, et petit-fils d’Aaron, fut le troisième grand prêtre des Juifs, et exerça cette charge depuis l’an 2571 jusque vers, l’an 2590, avant Jésus-Christ 1410, avant l’ère vulgaire 1444, Il est principalement loué dans l’Écriture pour le zèle qu’il fit paraître à venger la gloire de Dieu, lorsque, les Madianites ayant envoyé leurs filles dans le camp d’lsraël pour engager les Hébreux dans la fornication et dans l’idolâtrie, et Zambri étant entré publiquement dans la tente d’une femme madianite nommée Cozbi, il s’éleva du milieu du peuple (Nombres 25.7), prit un poignard, entra après Zambri dans le lieu infâme, et les perça tous deux d’un seul coup, l’homme et la femme, dans les parties que la pudeur cache ; et la plaie ou la maladie dont le Seigneur avait déjà commencé de frapper lsraël cessa aussitôt (Nombres 25.8-10 ; 26.1 Psaumes 105.29).

Alors le Seigneur dit à Moïse : Phinée, fils du grand prêtre Eléazar, a détourné ma colère des enfants d’Israël, parce qu’il a été animé de mon zèle contre eux, et qu’il m’a empêché de les exterminer. C’est pourquoi dites-lui que je lui donne la paix de mon alliance, et que le sacerdoce lui sera donné à lui et à sa race par un pacte éternel, parce qu’il a été zélé pour son Dieu, et qu’il a expié le crime des enfants d’Israël. La promesse que le Seigneur fait à Phinée de lui donner le sacerdoce par un pacte éternel enfermait apparemment cette condition tacite : pourvu que vos enfants me demeurent fidèles et obéissants ; puisque nous savons que le sacerdoce passa de la race d’Eléazar et de Phinée à celle d’Ithamar, et qu’elle ne rentra dans celle d’Eléazar qu’après environ cent cinquante ans.

Voici ce que nous savons de ce transport du sacerdoce d’une famille dans l’autre. Cette dignité demeura dans la race de Phinée depuis Aaron jusqu’au grand prêtre Héli, pendant environ trois cent trente-cinq ans. On ignore la manière et les causes de ce changement. Il rentra ensuite dans la famille d’Eléazar, sous le règne de Saül, lorsque ce prince ayant fait mourir Achimélech, et les autres prêtres de Nobé, il donna la souveraine sacrificature à Sadoc, qui était de la race de Phinée. Dans le même temps, David avait auprès de lui Abiathar, de la race d’Héli, qui faisait les fonctions de grand prêtre ; de manière qu’après la mort de Saül, David conserva le sacerdoce à Sadoc et à Abiathar. Mais sur la fin du règne de David, Abiathar s’étant attaché à Adonias au préjudice de Salomon, il fut disgracié, et Sadoc seul fut reconnu pour grand prêtre. Le sacerdoce demeura dans sa famille jusqu’après la captivité de Babylone, et même jusqu’à la ruine du temple. Or, depuis le commencement de Sadoc seul et l’exclusion d’Abiathar jusqu’à la ruine du temple, il y a mille quatre-vingt-quatre ans.

Nous lisons encore une autre action mémorable de Phinée, dans laquelle il fit encore éclater son zèle pour le Seigneur : c’est lorsque les Israélites de delà le Jourdain (Josué 22.30-31) ayant élevé sur le bord de ce fleuve un grand monceau de terre, ceux de deçà le fleuve craignant qu’ils ne voulussent abandonner le Seigneur pour se faire une autre religion, leur députèrent Phinée et d’autres principaux d’entre eux, pour s’informer de leur intention dans l’érection de ce monument ; mais ayant su que ce n’était que dans la vue de conserver la mémoire de leur union et de leur commune origine, Phinée en loua le Seigneur, en disant : Nous savons maintenant que le Seigneur est avec nous, puisque vous n’êtes point coupables de la prévarication que nous avons soupçonnée.

Voici l’éloge que Jésus, fils de Sirach, a fait de Phinée (Ecclésiaste 45.28) : Phinée, fils d’Eléazar, est le troisième en gloire ; il est le troisième, depuis Aaron, qui ait été honoré de la souveraine sacrificature. Il imita Aaron dans la crainte du Seigneur. Il demeura ferme durant la chute honteuse de son peuple, et il apaisa la colère de Dieu allumée contre Israël, par sa bonté et par son zèle. C’est pourquoi Dieu a fait avec lui une alliance de paix. Il lui a donné la principauté des choses saintes et de son peuple, afin que lui et sa race possèdent pour jamais la dignité du sacerdoce. Et telle que fut l’alliance du Seigneur avec David, pour lui donner le royaume a lui et à sa race ; telle fut aussi celle qu’il fit avec Phinée, pour répandre la sagesse dans nos cœurs, pour juger son peuple dans la justice, et pour rendre leur gloire immortelle dans la suite de leurs races.

On ne sait pas précisément l’année de la mort de Phinée. Mais comme il a vécu après la mort de Josué, et avant la première servitude sous Chusan-Rasalhaim, pendant le temps qu’il n’y avait ni rois ni juges dans le pays, et que chacun faisait ce qu’il jugeait à propos (Juges 17.6 ; 18.1 ; 21.24), on met sa mort vers l’an du monde 2590, avant Jésus-Christ 1410, avant l’ère vulgaire,1414. Ce fut sous son pontificat qu’arrivèrent les histoires de Michas, de ceux de la tribu de Dan, qui firent la conquête de Laïs, et de l’outrage fait à la femme du lévite de la montagne d’Éphraïm. Phinée eut pour successeur dans la grande sacrificature Abiezer ou Abisué.

Les rabbins donnent une très-longue vie à Phinée. Il y en a qui croient qu’il a vécu jusqu’au temps du grand prêtre Héli, ou même jusqu’au temps de Samson. D’autres veulent qu’il soit le même que le grand prêtre Héli, ou plutôt que le prophète Élie, ce qui augmenterait encore son âge de quelques siècles. L’auteur des Traditions hébraïques sur les livres des Rois dit que les Juifs croient que l’homme de Dieu qui vint trouver le grand prêtre Héli de la part du Seigneur pour lui reprocher son indolence sur le sujet de ses fils, était Phinée. Il y en a qui le font vivre encore au temps de David, d’autres au temps de Samuel ; mais il y a beaucoup d’apparence qu’i : s ont voulu simplement marquer que l’on vit dans la personne du prophète Élie tout le zèle du grand prêtre Phinée ; comme l’ange disait que saint Jean-Baptiste viendrait dans l’esprit et avec le zèle d’Élie (Luc 1.17 Matthieu 11.4 ; 17.11-12 Marc 9.13). Les Juifs croient une espèce de métempsycose pour les âmes des gens de bien. Voyez Les Commentateurs sur saint Matthieu 16.1 4, et Lightfoot, Harmon parte 2 Joan. 1, 20, 21, pages 386.

Phinées (2)

Fils du grand prêtre Héli et frère d’Ophni. Voyez ci-devant les articles d’Hui et d’Onan.

Phinées (3)

Père d’Eléazar, prêtre (Esdras 8.33).