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Onkélos
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet

Fameux auteur de la Paraphrase chaldaïque sur le Pentateuque. Les Juifs prétendent qu’Onkélos était gentil de naissance et de religion, et qu’il s’était converti au judaïsme du vivant d’Hillel, qui vivait quelque temps avant Notre-Seigneur. Sa Paraphrase est sans difficulté la meilleure, la plus sensée et la plus littérale de toutes celles que l’on a des Juifs ; et il serait à souhaiter qu’il eût expliqué tous les livres hébreux de l’Ancien Testament, comme il a fait le Pentateuque. Le père Morin montre que cette Paraphrase est de beaucoup plus moderne que les Juifs ne la disent : il la croit d’avant le Talmud de Babylone, et d’après le Talmud de Jérusalem. Saint Jérôme ne l’a pas connue, et il y a beaucoup d’apparence qu’elle n’a été composée que depuis ce Père.

Quelques Juifs ont prétendu qu’Onkélos était fils de l’empereur Tite ; d’autres, qu’il était neveu de cet empereur et fils de sa sœur. D’autres croient que l’auteur de la Paraphrase, qui porte le nom d’Onkélos, était phis ancien que celui qu’ils veulent être neveu de l’empereur Tite. Celui-ci était, disent-ils, un grand nécromancien, qui, voulant se faire prosélyte, évoqua les âmes de Tite, de Balaam et de Jésus-Christ, pour leur faire des questions et pour tirer leurs réponses sur diverses choses. Enfin d’autres rabbins ont soutenu qu’Onkélos le Paraphraste était le même qu’Aquila, célèbre interprète grec de l’Écriture. Mais le R. P. Morin, qui nous apprend toutes ces particularités, les a fort bien réfutées dans ses Exercitations bibliques, livre 2 exercit. 8, chapitre 6.

Voici les raisons qui ont fait croire qu’Onkélos était le même qu’Aquila de l’ont :

1° La ressemblance des noms : Onlcélos et Aquila, ou Akilas, sont les mêmes.

2° Aquila, de même qu’Onkélos, était prosélyte.

3° L’un et l’autre vivaient au même temps, c’est-à-dire environ cent cinquante ans après Jésus-Christ.

Mais on répond à ces raisons :

1° Que la différence des noms d’Onkélos et d’Aquila est assez grande pour en faire deux personnes.

2° La qualité de prosélyte, qu’on attribue à Onkélos, n’est pas fondée.

3° Le temps auquel ou fait vivre Onkélos est bien différent de celui d’Aquila : ce dernier a vécu au second siècle de l’Église, et Onkélos vivait du temps d’Hillel, quelque temps avant Jésus-Christ. On dit, à la vérité, qu’il a vécu jusqu’après la mort de Gamaliel, petit-fils d’Hillel, qui mourut dix-huit ans avant la destruction de Jérusalem ; mais cela est encore bien éloigné du temps d’Aquila.

4° Il est vrai que le Bereshit Rabba a écrit un commentaire rabbinique sur la Genèse ; et quelques rabbins, après lui, parlent du Targum d’Akilas : mais ce Targum n’est autre que la version grecque d’Aquila. Targuai, en général, se peut prendre pour une version ou une paraphrase. [Voyez Aquila].

Le Targum d’Onkélos a toujours été très-estimé des Juifs. Élie, lévite, dit que les Juifs se croient obligés de lire toutes les semaines dans leurs synagogues une section de la loi, qui est la leçon de la semaine, ils lisaient deux fois cette section ; la première en hébreu dans l’original, et la seconde dans le Targum, c’est-à-dire, en chaldéen, et qu’ils se servaient pour cela du Targum d’Onkélos ; que cela se pratiquait encore de son temps, c’est-à-dire, au commencement du seizième siècle. De là vient, selon la remarque dit même auteur, que ce Targum était si connu parmi eux pendant que les autres étaient si rares ; en sorte qu’on avait assez de peine de trouver un seul exemplaire des autres Targums dans toute une province, au lieu qu’on en trouvait assez de ceux d’Onkélos.

Ce que dit le R. P. Morin, que le Targum d’Onkélos n’a été composé qu’après le Talmud de Jérusalem, et les raisons qu’il en donne, prouvent seulement qu’on a fait quelques additions au texte d’Onkélos, qu’on y a mis quelques mots : mais pour le corps de l’ouvrage on ne peut douter qu’il ne soit environ vers le temps de Jésus-Christ. Le silence de saint Jérôme sur son sujet n’est qu’un simple argument négatif, qui n’a pas grande force dans cette matière. Il peut ne l’avoir pas connu, quoiqu’il existât, et il peut l’avoir connu, sans le citer et sans en faire mention.

Les Juifs dans plusieurs exemplaires de leurs Bibles, insérèrent le texte du Targum d’Onkélos après celui de la Bible, et y mirent les mêmes notes de musique qui sont dans l’original hébreu, de sorte qu’il se peut lire avec une espèce de chant dans leurs synagogues, en même temps que l’original, et sur le même air.

Quoique Onkélos suive d’ordinaire son original mot à mot, fort exactement et d’une manière fort juste, toutefois il ne laisse pas d’expliquer quelquefois les endroits de l’original qui lui paraissent obscurs. Par exemple, dans la plupart des passages de l’Écriture où se trouve le nom de Jéhovah, il met le nom de Memra, Verbum Jéhovah, la parole de Jéhovah ; et il distingue Memra de Pitgama, qui signifie le discours, lui attribuant même toutes les actions de la Divinité suprême. C’est ce Memra à qui ils attribuent la création du monde ; c’est lui qui apparut à Moïse sur le mont de Sinaï, et qui lui donna la loi. C’est lui à qui Jacob fit un vœu, en disant : Si le Verbe me conduit, et me ramène dans la maison de mon père, il sera mon Dieu ; c’est le même Verbe qui apparut à Abraham dans la plaine de Membré. C’est lui que Jacob prit à témoin entre lui et Laban, etc. Voyez ci-devant l’article Memra.

Ono