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Nard
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal Bost

Plante qui croit dans les Indes, et dont la racine est fort petite et menue. Elle pousse une tige longue et mince, et a plusieurs épis à fleur de terre ; ce qui l’a fait appeler spic-nard. Le nard des montagnes est plus odorant que celui qui croît le long des eaux. Toutes les espèces de nard sont chaudes et dessiccatives. Elles provoquent l’urine, et resserrent le ventre, quand on les prend en breuvage. Le nard Indique, nommé communément spica nardi, pour être véritable, doit être de couleur jaune, tirant sur le purpurin, et avoir ses épis longuets ; en sorte que les poils de l’épi soient larges et odorants. Leur goût doit être un peu âcre et amer, dessécher la langue, et laisser ensuite la bouche remplie d’une odeur assez agréable. On croit que le romarin, l’aspic et la lavande sont des espèces de nard. On faisait un parfum assez estimé avec l’épi du nard, et dont l’Écriture (Cantique 1.11 ; 4.13-14) parle assez souvent. L’Épouse du Cantique dit que, pendant que le roi se reposait, le nard dont elle était parfumée a répandu sa bonne odeur. Et dans l’Évangile, saint Marc (Marc 14.3) parle d’un parfum d’épi de nard ; et saint Jean (Jean 12.3) d’un parfum de nard pistique, que plusieurs entendent de nard pur, et non sophistiqué. Mais il y a beaucoup d’apparence que les copistes de saint Jean ont mis nard pistique, nardi pistici, au lieu de nard en épi, nardi spicati. Le spic nard comme on l’appelle en français, ou l’épi du nard, est le plus estimé pour faire des parfums ; el le parfum que l’on tire de ses feuiiles est beaucoup moins précieux. Cacumina nardi in aristas se spargunt, dit Pline ; ideo gemina dote nardi spicas et folia celebrant [« Le nard, nardus, est un genre de plantes unilobées, de la triandrie monogynie et de la famille des graminées… Le nard des Indes a l’épi cétacé, unilatéral et un peu recourbé ; il est vivace. S’il faut en croire Loureiro, cette plante serait le vrai nard indien des anciens, et il s’étonne que Linnœus ait fait de ce vrai nard un barbon ; mais Poiret observe que Loureiro n’a point vu la fleur de cette plante, dont il décrit les feuilles un peu différemment que Linnœus, qu’ainsi il n’a pu en juger que d’après leur odeur et leur saveur, ce qui ne peut pas l’autoriser à repousser l’opinion de Linnœus. Ainsi on n’est pas encore bien assuré, non-seulement de l’espèce, mais même du genre de la plante que les anciens appelaient nardindien, et qu’on apporte encore de Ceylan et des Moluques. On estime le nard, alexitère, céphatique, stomachique, néphrétique et hystérique. On s’en sert dans les Indes pour assaisonner les poissons et les viandes, pour faire des pastilles et des sachets odorants. » Bose, dans le Nouv. Dict natur., publié par Déterville, tome 15.Paris, 1803].