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Kedem
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet

C’est un terme hébreu que l’on trouve èn quelques endroits de l’Écriture, et qui est ordinairement traduit par l’Orient (Genèse 11.1-2). Il est dit, par exemple, que les enfants de Noé n’ayant qu’un seul langage, partirent de l’Orient et vinrent dans la terre de Sennaar. On forme sur cela quelque difficulté, parce que la terre de Sennaar n’est pas au couchant de l’Arménie, où l’on sait que l’arche s’arrêta, et que l’Arménie n’est pas à l’orient de la Babylonie, où était la terre de Sennaar : On sait au contraire qu’elle est au nord de ce pays.

Pour se tirer d’embarras, les interprètes et les commentateurs ont imaginé différentes explications de ce passage. Les uns ont entendu par le nom de Kédem le pays qui, dans la suite fut peuplé par Kedma, dernier des fils d’Ismaël (Genèse 25.15). d’autres, que Kédem était mis pour, au commencement ; et que Moïse a voulu marquer le terme d’où les premiers hommes partirent après le déluge, pour se répandre dans différents pays d’autres, que Moïse a parlé selon l’usage des Assyriens, qui nommaient Kédem, ou Orient : toutes les provinces de leur empire qui étaient situées au delà du Tigre ; et Occident, ou Arab, celles qui étaient au deçà de ce fleuve. Drusius, au lieu de, Ils partirent de l’Orient, traduit, ils partirent pour aller vers l’Orient. Il rapporte quelques passages qui paraissent favoriser son explication. Mais il faut avouer qu’elle est violente.

Il nous paraît par un grand nombre d’endroits de l’Ancien et même du Nouveau Testament, que les auteurs sacrés appelaient du nom de Kédem, ou d’Orient, les provinces qui étaient au delà de l’Euphrate et du Tigre, même la Mésopotamie, l’Arménie et la Perse. Moïse, qui avait été nourri en Égypte, et qui avait vécu longtemps en Arabie, suivait aussi apparemment en cela l’usage de ce pays. Il est certain que la Babylonie, la Chaldée, la Susiane, la Perse et une partie de la Mésopotamie, de même que les fleuves de l’Euphrate et du Tigre, dans la plus grande partie de leur cours, sont à l’orient de la Palestine, de l’Égypte et de l’Arabie.

Il est encore certain que les peuples qui venaient de l’Arménie, de la Syrie, dee Médie, de la Mésopotamie supérieure, entraient dans la Palestine et dans l’Égypte du côté d’orient. Il n’en a pas fallu davantace aux Hébreux pour dire que ces peuples étaient à l’orient à leur égard. Enfin nous prouvons que ces pays étaient connus parmi les Hébreux sous le nom d’Orient, par ces passages : Balaam dit que Balac, roi de Moab, l’a fait venir des montagnes d’Orient (Nombres 23.7), c’est-à-dire, de Péthor sur l’Euphrate. Isaïe dit qu’Abraham est venu de l’Orient dans la terre de Chanaan (Isaïe 41.2). On sait qu’il était venu de la Mésopotamie et de la Chaldée. Le même prophète dit (Isaïe 46.11) que Cyrus viendra de l’Orient contre Babylone. Il met la Syrie à l’orient de la Judée (Isaïe 9.12). Daniel dit qu’Antiochus fut troublé par les nouvelles qu’il reçut touchant la révolte des provinces d’Orient ; c’est-à-dire, des provinces de delà l’Euphrate (Daniel 11.41). Saint Matthieu dit que les mages qui vinrent adorer Jésus-Christ étaient partis de l’Orient (Matthieu 2.1).

Tout cela démontre, à mon sens, ce que nous avons avancé, que dans le style de l’Écriture, l’Orient se met souvent pour les provinces qui sont au nord de la Judée et de l’Égypte, mais d’où l’on n’entre d’ordinaire dans la Palestine que du côté de Damas, qui est à l’orient septentrional de ce pays.

Kedma