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Josaphat
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal

Josaphat (1)

Fils d’Ahilul, secrétaire de David, et ensuite de Salomon (2 Samuel 8.16 ; 1 Rois 4.3).

Josaphat (2)

Fils de Pharué, intendant de la part de Salomon en la tribu d’Issachar (1 Rois 4.17).

Josaphat (3)

Roi de Juda, fils d’Aza, aussi roi de Juda, et d’Azuba, fille de Salaï. Il monta sur le trône âgé de trente-cinq ans, et en régna vingt-cinq (Josaphat régna depuis l’An du monde 3090 jusqu’en 3115, Avant. Jésus-Christ 885, Avant l’ère vulgaire 889, 1 Rois 15.24 ; 2 Chroniques 17.1-2). Il eut toujours l’avantage sur Basa, roi d’Israël, et il mit de bonnes garnisons dans les villes de Juda, et même dans celles d’Éphraïm, que son père avait conquises. Le Seigneur fut toujours avec lui, parce qu’il fut fidèle au Seigneur. Il fit abattre les hauts lieux, et les bois où l’on commettait des actions abominables. La troisième année de son règne (An du monde 3093, Avant. Jésus-Christ 907, Avant l’ère vulgaire 911), il envoya des officiers de sa cour, des prêtres et des lévites dans tous les cantons de Juda, avec le livre de la loi, pour instruire le peuple de ses devoirs. Dieu bénit de telle sorte le zèle de ce prince, qu’il était craint et révéré de tous ses voisins. Les Philistins et les Arabes lui étaient tributaires.

Il bâtit dans Juda plusieurs maisons en forme de tours, et fit fortifier plusieurs villes. Il entretenait ordinairement onze cent soixante mille hommes, sans compter les troupes qui étaient dans ses places. Ce nombre parait prodigieux pour un aussi petit État que celui de Juda, et ces troupes apparemment ne servaient que par quartiers. Mais enfin Josaphat pouvait mettre sur pied ce nombre de soldats [« Si l’élévation du chiffre des diverses troupes n’est pas l’exagération ou l’erreur d’un copiste, nous ne verrons dans ces onze cent soixante mille combattants que le nombre des Juifs dont le roi Josaphat pouvait disposer en cas de guerre, et non point une armée sur pied et constamment entretenue aux frais du gouvernement de Juda. L’Écriture parle de citadelles, de tours, de divers travaux de défense exécutés sous le successeur d’Oza. Du reste, il fallait que la force guerrière du pays de Juda eût grandi sous la main de Josaphat, car aucun peuple n’osait l’attaquer, et tous les royaumes d’alentour le redoutaient. » Poujoulat]

Une chose que l’Écriture lui reproche, c’est l’alliance qu’il fit avec Achab, roi d’Israël (1 Rois 22 ; 2 Chroniques 18). Quelque temps après (An du monde 3107, Avant. Jésus-Christ 893, Avant l’ère vulgaire 897), il alla visiter Achab à Samarie ; et Achab l’invita à marcher avec lui contre Ramoth de Galaad. Josaphat y consentit : mais il voulut auparavant que l’on consultât sur cette entreprise un prophète du Seigneur. On fit donc venir Michée, fils de Jemla, qui dit : J’ai vu tout Israël dispersé dans les montagnes comme des brebis sans pasteurs. Et le Seigneur dit : Ces gens-là n’ont point de chefs, que chacun s’en retourne dans sa maison. Aussitôt le roi dit à Josaphat : Ne vous ai-je pas bien dit que cet homme ne me prophétise jamais rien de bon ? Achab fit donc mettre Michée en prison, et ne laissa pas de marcher contre Ramoth, accompagné de Josaphat. Mais Achab dit à Josaphat : Je changerai d’habits avant que d’aller au combat : mais pour vous, prenez vos habits ordinaires. Or le roi de Syrie, qui défendait Ramoth, avait donné ses ordres que l’on ne s’attachât qu’au roi d’Israël, et qu’on le lui amenât vif ou mort. Lors donc que l’on aperçut Josaphat avec les ornements royaux, on ne douta point que ce ne fût le roi d’Israël ; et tout le fort du combat tomba sur lui. Mais Josaphat se mit à crier au Seigneur ; on le reconnut, et on cessa de le poursuivre. Cependant il arriva qu’un soldat syrien tira au hasard une flèche, et perça Achab, qui mourut dans son chariot. Pour Josaphat, il s’en retourna en paix Jérusalem.

Mais le prophète Jéhu, fils d’Hanani, le reprit fortement du secours qu’il avait donné à Achab (2 Chroniques 19.1-3), et Josaphat répara cette faute, par les bons règlements qu’il fit et par le bon ordre qu’il établit dans ses États, tant pour le civil, en mettant de bons juges dans les lieux, que pour le sacré, en réglant l’ordre et la discipline des prêtres et des lévites, et en leur ordonnant d’exécuter fidèlement ce qui était de leur devoir.

Après cela (2 Chroniques 20.1-3, An du monde 3108, Avant. Jésus-Christ 892, Avant l’ère vulgaire 896), les Moabites, les Ammonites, et les Méoniens, peuples de l’Arabie Pétrée, déclarèrent la guerre à Josaphat. Ils s’avancèrent jusqu’à Azazon-Thamar, autrement appelée Engaddi. Josaphat eut recours au jeûne et à la prière. Il alla au temple avec tout le peuple, et adressa son oraison au Seigneur. Alors Jahaziel, fils de Zacharie, animé de l’Esprit du Seigneur, rassura le roi, et promit de la part de Dieu que le lendemain ils auraient la victoire sans combattre. En effet, le lendemain ces peuples assemblés contre Juda, frappés d’un esprit de vertige, se tuèrent l’un l’autre ; en sorte que Josaphat et son armée n’eurent qu’à recueillir les dépouilles et les armes des morts.

Quelque temps après (An du monde 3108, Avant. Jésus-Christ 892, Avant l’ère vulgaire 896), Josaphat fit alliance avec Ochozias, roi d’Israël. Ils équipèrent ensemble une flotte dans le port d’Asiongaber, sur [le bras de] la mer Rouge [nommé golfe Elanitique], pour aller à Tharsis. Dieu n’approuva point cette conduite de Josaphat, parce qu’Ochozias, roi d’Israël, était un prince impie (2 Chroniques 20.35-36). Eliézer, fils de Dodaü de Maréza, vint trouver Josaphat, et lui dit : Parce que vous avez fait alliance avec cet impie, Dieu a renversé vos desseins, et vos vaisseaux ont été brisés ; de sorte qu’ils n’ont pu faire le voyage de Tharsis. Ce prince continua le reste de sa vie à marcher dans les voies du Seigneur, sans s’en détourner ; mais néanmoins il ne détruisit pas les hauts lieux, et son peuple n’avait pas tourné son cœur vers le Dieu de ses pères. Josaphat mourut après vingt-cinq ans de règne (An du monde 3115, Avant. Jésus-Christ 885, Avant l’ère vulgaire 889), et fut enterré à Jérusalem dans le tombeau des rois. Son fils Joram régna en sa place (2 Chroniques 21.1-2 ; 1 Rois 22.42). [Voyez leur vie dans mon Histoire de l’Ancien Testament].

Josaphat (4)

Père de Jéhu, qui devint roi d’Israël (2 Rois 9.2-14).

Josaphat de Mathani (5)

Un des héros de David (1 Chroniques 11.43).

Josaphat (6)

Prêtre du temps de David (1 Chroniques 15.24).

Josaphat (7)

Vallée de Josaphat. Joël (Joël 3.2-12) dit que le Seigneur assemblera toutes les nations dans la vallée de Josaphat, et qu’il entrera en jugement avec elles dans cet endroit. Aben-Ezra croit que cette vallée est celle où le roi Josaphat remporta une si grande victoire, et avec tant de facilité, sur les Moabites, les Ammonites et les Méoniens de l’Arabie Pétrée (2 Chroniques 20.1-2, 3) et suivants. Cette vallée était vers la mer Morte, et au delà du désert de Thécué ; et depuis cet événement, elle porta le nom de Vallée de bénédiction (2 Chroniques 20.26). d’autres croient que la vallée de Josaphat est entre les murs de Jérusalem et le mont des Oliviers, et qu’elle est arrosée du torrent de Cédron, qui coule au milieu de cette vallée. Saint Cyrille d’Alexandrie, sans s’expliquer davantage, dit que cette vallée n’est éloignée que de quelques stades de Jérusalem. Enfin il y en a qui soutiennent que les anciens Hébreux n’ayant aucun lieu distinct sous le nom de vallée de Josaphat, Joël a voulu sous ce nom marquer en général le lieu où le Seigneur doit exercer son jugement contre les nations, et celui où il doit paraître au jugement dernier avec tout l’éclat de sa majesté. Josaphat en hébreu signifie le jugement de Dieu. Voyez les commentateurs sur Joël (Joël 3.9). Il y a assez d’apparence que dans Joël, la vallée de Josaphat, ou du Jugement de Dieu, est symbolique, aussi bien que le même prophète, et au même chapitre, la vallée du carnage (Joël 3.14). C’est sur cet endroit que les Juifs et plusieurs chrétiens ont cru que le dernier jugement se ferait dans la vallée de Josaphat [Que l’on nomme vallée do Josaphat cette vallée qui s’étend à l’orient de Jérusalem, entre la ville et le mont des Oliviers, et que traverse le torrent de Cédron, c’est ce qui a lieu communément. Si ce nom lui vient, comme on le croit généralement aussi, du roi Josaphat, c’est ce qui est vraisemblable. « En sortant par la porte Dorée, dit l’auteur des Voyages de Jésus-Christ, on descend dans la vallée de Josaphat, qui s’étend du nord au sud. Elle a souvent changé de nom, suivant les différents rois qui se sont succédé. Celui du roi Josaphat, qu’elle a conservé, n’est pas un des moins célèbres. La longueur et la profondeur de cette vallée sont peu considérables, mais son aspect est délicieux par les arbres dont elle est plantée. Sur la partie orientale de la vallée de Josaphat et vis à vis le temple, on voit le tombeau du prince dont elle porte le nom ; il est taillé dans le roc comme une petite salle carrée ; auprès se trouve celui d’Absalom… Il y a aussi celui du prophète Zacharie… [Voyez Absalom]. Entre ces deux derniers sépulcres est placée la grotte où saint Jacques se cacha lorsque Jésus-Christ fut arrêté… Continuons à descendre vers le sud dans cette vallée, qui semble, dit M. de Châteaubriand, avoir toujours servi de cimetière à Jérusalem : on y rencontre les monuments des siècles les plus reculés et des temps les plus modernes. Les Juifs y viennent des quatre parties du monde. Un étranger leur vend au poids de l’or un coin de terre pour couvrir leurs os, dans le champ de leurs aïeux. La vallée de Josaphat prend au sud le nom de Siloé… »] [« Il n’est aucun voyageur qui, à la vue du cimetière des Juifs dans la vallée de Josaphat, n’ait songé un moment à l’étonnante destinée des enfants d’Abraham et de Jacob. Après la mort de Jésus-Christ, lorsqu’un vent de malédiction dispersa le peuple hébreu sur toute la surface de la terre, la première douleur de ces proscrits fut sans doute de ne plus pouvoir mêler leurs os aux os de leurs pères. Chez les Hébreux, la coutume la plus sainte, la consolation la plus douce était d’être enseveli dans le sépulcre des ancêtres. Aussi ceux-là furent toujours réputés heureux, qui purent trouver un peu de place pour leurs cendres dans le pays de Jérusalem. Les Juifs de toutes les nations de l’univers sont ramenés sans cesse par leurs vœux et leurs pensées vers la montagne de Sion. Chaque année il arrive ici une foule de vieillards israélites. Leur passage dans le monde, avant qu’ils ne touchent le sol sacré de Jérusalem, est pour eux ce qu’avaient été pour leurs pères ces longs voyages dans le désert, avant d’arriver à la terre de promission ; mais les Israélites voyageurs marchaient ayant à leur tête un pontife, un législateur et un Dieu, et maintenant les débris du royaume de Juda passent sur la terre comme des tribus errantes, condamnés au travail et aux humiliations, sans roi, sans autels, sans prophètes et presque sans Dieu ; car Israël a tué ses pontifes et ses prophètes, et suspendu au bois infâme celui qui avait été envoyé comme un Dieu Sauveur. Pour ce peuple hébreu, qui n’a plus de patrie au monde, qui n’obtient qu’à prix d’or la liberté de vivre et de mourir dans la capitale de ses anciens rois, la vallée de Josaphat est devenue comme une dernière patrie ; c’est là qu’après les longues courses et les tribulations de l’exil, le Juif vagabond trouve son repos sous la pierre et dans l’étroit espace de terre qu’il s’est acheté » (M. Poujoulat).

« L’aspect de la vallée de Josaphat est conforme à la destination que les idées chrétiennes lui assignent. Elle ressemble à un vaste sépulcre, trop étroit cependant pour les flots du genre humain qui doivent s’y accumuler. Dominée de toutes parts elle-même par des monuments funèbres ; encaissée à son extrémité méridionale dans le rocher de Silhoa, tout percé de caves sépulcrales comme une ruche de la mort ; ayant çà et là pour bornes tumulaires les tombeaux de Josaphat et celui d’Absalon, taillés en pyramides dans le roc vif et ombragés d’un côté par les noires collines du mont des Offenses, de l’autre par les remparts du temple écroulé ; ce fut un lieu naturellement imprégné d’une sainte horreur, destiné de bonne heure à devenir les gémonies d’une grande ville, et où l’imagination des prophètes dut placer sans efforts les scènes de mort, de résurrection et de jugement. On se figure la vallée de Josaphat comme un vaste encaissement de montagnes où le Cédron, large et noir torrent aux eaux lugubres, coule avec des murmures lamentables ; où de larges gorges, ouvertes sur les quatre vents, s’élargissent pour laisser passer les quatre torrents des morts venant de l’orient et de l’occident, du septentrion et du midi ; les immenses gradins des collines s’y étendent en amphithéâtre pour faire place aux enfants innombrables d’Adam, venant assister, chacun pour sa part, au dénouement final du grand drame de l’humanité : rien de tout cela. La vallée de Josaphat n’est qu’un fossé naturel creusé entre deux monticules de quelques cents pieds d’élévation, dont l’un porte Jérusalem et l’autre la cime du mont des Olives ; les remparts de Jérusalem, en s’écroulant, en combleraient la plus grande partie ; nulle gorge n’y a son embouchure ; le Cédron, qui sort de terre à quelques pas au-dessus de la vallée, n’est qu’un torrent formé en hiver par l’écoulement des eaux pluviales qui dégouttent de quelques champs d’oliviers au-dessous des tombeaux des rois, et il est traversé par un pont au milieu de la vallée, en face d’une des portes de Jérusalem ; il a quelques pas de large, et la vallée, dans cet endroit, n’est pas plus large que son fleuve. Ce fleuve, sans eau, trace seulement un lit rapide de cailloux blancs au fond de cette gorge. La vallée de Josaphat, en un mot, ressemble tout à fait à un de ces fossés creusés au pied des hautes fortifications d’une grande ville, où l’égout de la ville roule en hiver ses immondices, où quelques pauvres habitants des faubourgs disputent un coin de terre aux remparts pour cultiver quelques légumes, où les chèvres et les ânes abandonnés vont brouter, sur les pentes escarpées, l’herbe flétrie par les immondices et la poussière. Semez le sol de pierres sépulcrales appartenant à tous les cultes du monde, et vous aurez devant les yeux la vallée du Jugement (M. de Lamartine – Voyage en Orient t. 1 page 462-464)].