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Jezabel
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal Bost

Fille d’Ithobaal, roi de Sidon, et épouse d’Achab, roi d’Israël (1 Rois 16.31 nomme son père Ethbaal, tandis que Josèphe le nomme Ithobal). Cette princesse introduisit dans le royaume de Samarie le culte public de Baal, d’Astarté, et des autres divinités phéniciennes ou Chananéennes, que le Seigneur avait interdit d’une manière si expresse à son peuple ; et avec ce culte impie, on y vit régner toutes les abominations qui avaient autrefois si fort irrité le Seigneur contre les chananéens, et qui les avaient fait exterminer de dessus la terre.

Jézabel était si zélée pour l’honneur de cette fausse religion, qu’elle nourrissait de sa table jusqu’à quatre cents faux prophètes des bois de futaie consacrés à la déesse Astarté ; et Achab, son mari, avait de même quatre cent cinquante prophètes de Baal (1 Rois 18.19), qu’il entretenait comme ministre de ses faux dieux.

Jézabel semblait avoir entrepris d’abolir le culte du Seigneur, dans Israël, en persécutant et en mettant à mort les prophètes du Seigneur. Elle les aurait tous fait mourir, si quelques gens de bien n’en avaient sauvé une partie. Abdias, officier du roi Achab, en avait consevé jusqu’à cent pour sa part (1 Rois 18.13, An du monde 3096, Avant. Jésus-Christ 904, Avant l’ère vulgaire 908). Élie, qui parut en ce temps là, ayant fait descendre le feu du ciel sur son holocauste, à la vue d’Achab et de tout Israël assemblé au mont Carmel, et le peuple ayant mis à mort (1 Rois 18) les quatre cents prophètes de Baal qui s’y étaient trouvés, Jézabel fit dire à Élie qu’elle le ferait périr dès le lendemain. Élie s’enfuit, et évita la fureur de cette reine impie (1 Rois 19)

Quelque temps après (1 Rois 21.1, An du monde 3105, Avant. Jésus-Christ 895, Avant l’ère vulgaire 899), Achab ayant voulu acheter la vigne de Naboth, et ce bon Israélite n’ayant pas cru la pouvoir vendre, Jézabel écrivit au nom du roi aux principaux de Jezrael, où il demeurait, de le faire mourir, et de suborner des témoins qui l’accusassent de blasphème contre Dieu, et de discours injurieux contre le roi. Ces ordres ne furent que trop exactement exécutés, et Naboth ayant été condamné et mis à mort, Achab se mit en possession de sa vigne, comme d’un bien confisqué à son profit. Comme Achab revenait, de Jezrael, où il s’était mis en possession de cette vigne, Élie vint au devant de et le menaça de la part du Seigneur de le faire périr lui et sa maison ; et à l’égard de Jézabel, qui avait été la première cause de tout ce mal, il lui dit que son corps serait mangé des chiens dans la campagne de Jezrael, ou selon l’Hébreu, dans l’avant-mur de Jezrael (1 Rois 21.23 ; Romains 9.10).

Ces prédictions, furent vérifiées à la lettre. Lorsque Jéhu, fils de Namsi, s’étant révolté contre Achab (An du monde 3120, Avant. Jésus-Christ 880, Avant l’ère vulgaire 884) et étant venu à Jesrael, Jézabel se farda les yeux (2 Rois 30.31-32), avec de l’antimoine pour les faire paraître plus grands et plus noirs, mit ses ornements sur sa tête, et regardant par la fenêtre qui était dans l’appartement au-dessus de la porte de la ville, et voyant Jéhu qui entrait, monté sur son chariot, elle cria : Celui qui comme Zambri, a tué son maître peut-il espérer quelque paix ? Jéhu, levant la tête, demanda : Qui est

Celle-là ? Aussitôt, deux ou trois eunuques, qui étaient en haut lui firent une profonde révérence, et Jéhu leur dit : Jetez-là du haut en bas. Aussitôt ils la jetèrent par la fenêtre ; et étant tombée dans l’enceinte de l’avant-mur, elle y fut mangée par les chiens. Jéhu étant entré pour boire et pour manger, dit à ses gens : Allez voir ce qu’est devenue cette malheureuse, et ensevelissez-la, parce qu’elle est fille de roi. Ils y allèrent, et n’en trouvèrent que le crâne, les pieds et l’extrémité des mains. Ils revinrent en rendre compte à Jéhu, qui dit : C’est l’accomplissement de se que le Seigneur avait prononcé par Élie, en disant : Les Chiens mangeront la chair de dans l’avant-murde Jesrael. La chair de Jézabel sera dans la campagne de Jesrael comme le fumier de la terre ; et touss ceux qui passeront diront en la voyant : Est-ce là Cette Jézabel ?

Le nom de Jézabel est passé en proverbe pour marquer une femme cruelle et impie. Saint Jean, dans l’Apocalypse (Apocalypse 2.20), reproche à l’évêque de Thyatire, dans l’Asie Mineure, qu’il souffre que Jezabel, cette femme qui se dit prophétesse, enseigne et séduise les serviteurs de Jésus-Christ, pour les faire tomber dans la fornication, et leur faire manger ce qui est consacré aux idoles. Il dit qu’il lui a donné du temps pour faire pénitence, mais qu’elle n’a point voulu se repentir. C’est pourquoi Dieu menace de l’accabler de maladies et d’afflictions avec ceux qui se sont corrompus avec elle ; de frapper de mort ses enfants, afin que toutes les églises connaissent que le Seigneur sonde les reins et les cœurs, et qu’il rend à chacun selon ses œuvres. On ne doute pas que jezabel en cet endroit ne soit un nom figuré, et ne signifie quelque femme qui s’amuse à dogmatiser dans l’Église. Voyez les commentateurs sur l’Apocalypse (Apocalypse 2.20).