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Gemarre
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet

Le nom de Gemarra signifie complément, perfection. Les rabbins donnent au Pentateuque, ou aux cinq livres de Moïse, le nom de Loi simplement. Il ont après cela le Talmud, qui est partagé en deux parties la première, qui n’est qu’une application de la loi aux cas particuliers, avec la décision des anciens rabbins sur cela : cette première partie du Talmud est nommée Mischna, ou Seconde Loi, ou Deuteroses ; l’autre partie, qui est une explication plus étendue de la même loi, est une collection des décisions des rabbins postérieures à la Mischna. Ils la nomment Gemarre, perfection, achèvement, parce qu’ils la considèrent comme une explication de la loi à laquelle il n’y a rien à ajouter, et après laquelle il n’y a plus rien à souhaiter.

Il y a deux Gémarres, ou deux Talmuds, celui de Jérusalem et celui de Babylone. Celui de Jérusalem a été compilé, selon les Juifs, vers la fin du second ou du troisième siècle de Jésus-Christ, par un rabbin célèbre nommé Jochanan ; mais le père Morin, fameux critique, soutient que les Juifs donnent à la Gémarre une trop grande antiquité, et qu’elle ne fut achevée que vers la fin du septième siècle. Les Juifs estiment peu ce Talmud de Jérusalem à cause de son obscurité. La Gémarre de Babylone est plus nouvelle, à ce que disent les rabbins. Elle fut commencée par un docteur juif nommé Asé, et continuée par ses fils ou ses disciples, Marmar et Mar.

La Gémarre est à l’égard de la Misne ce que sont à notre égard les commentaires de nos théologiens sur le Maitre des Sentences, ou sur la Somme de saint Thomas, à la diffé rence que les Juifs donnent à leurs docteurs une autorité bien plus grande que nous n’en donnons aux nôtres. Ils croient que la Gémarre ne contient que la parole de Dieu, conservée dans la tradition des anciens, et transmise sans altération depuis Moïse jusqu’au rabbin Juda le Saint, Jochanan, Asé et José, et les autres compilateurs du Talmud, lesquels n’ont commencé à la rédiger par écrit que dans la crainte qu’elle ne se corrompit par les diverses transmigrations et persécutions auxquelles leur nation était sujette. On peut voir l’article, Talmud.