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Gedeon
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal

Gédéon (1)

Fils de Raphaïm, père de Jamnor, de la tribu de Siméon (Judith 8.1), un des aïeux de Judith.

Gédéon (2)

Fils de Joas, de la tribu de Manassé, qui avait sa demeure dans la ville d’Ephra, fut choisi de Dieu, et par une vocation tout extraordinaire, pour délivrer les Israélites de l’oppression des Madianites (Juges 6.1-2), où ils étaient tombés après la mort de Barac et de Débora. Les Madianites tinrent les Hébreux dans une si grande humiliation, qu’ils les obligèrent de se retirer dans des cavernes et de se fortifier dans les lieux les plus propres pour résister aux Madianites. Ceux-ci, après que les Israélites avaient semé, venaient sur leurs terres, y dressaient leurs tentes, ravageaient tous les grains en herbe, et tuaient tout le bétail qui tombait entre leurs mains. Israël, accablé de tant de maux, cria au Seigneur ; et le Seigneur leur députa un prophète qui leur fit de grands reproches de leur ingratitude : mais en même temps Dieu envoya son atm vers Gédéon, fils de Joas, qui demeurait a Ephra, et qui était alors occupé à battre furtivement son grain dans un pressoir, sous un chêne, pour en dérober la connaissance aux Madianites, et pour s’enfuir aussitôt avec son blé de devant les Madianites.

L’ange du Seigneur le salua donc, et lui dit : Le Seigneur est avec vous, Ô le plus vaillant des hommes ! Gédéon répondit : d’où vient donc que tous ces maux sont tombés sur nous, si le Seigneur est avec nous ? Où sont les merveilles qu’il a faites autrefois en faveur de nos pères, si à présent il nous abandonne et nous livre aux Madianites ? Alors l’ange, qui parlait au nom du Seigneur, lui dit : Allez ; avec la force dont vous êtes rempli vous délivrerez Israël de la puissance des Madianites. Sachez que c’est moi qui vous ai envoyé. Gédéon s’excusa. Mais le Seigneur lui dit : Je serai avec vous, et vous battrez les Madianites comme s’ils n’étaient qu’un seul homme. Gédéon lui demanda un signe pour s’assurer que ce n’était point une illusion, et le pria d’attendre un moment sous le chêne, jusqu’à ce qu’il lui offrilun sacrifice. Gédéon fit donc cuire un chevreau et des pains sans levain, apporta le tout sous le chêne, où l’ange était demeuré, et le lui offrit. Mais l’ange lui dit : Prenez la chair et les pains sans levain, et mettez-les sur cette pierre, et jetez pardessus le jus de la chair. Ce que Gédéon ayant fait, l’ange étendit le bout de son bâton ; et en ayant touché la chair et les pains sans levain, il sortit un feu de la pierre qui les consuma ; et en même temps l’ange du Seigneur disparut de devant ses yeux.

Gédéon, voyant que c’était un ange, s’écria : Hélas, Seigneur mon Dieu, j’ai vu l’ange du Seigneur face à face ! Mais le Seigneur lui dit : La paix soit avec vous. Ne craignez point ; vous ne mourrez pas. Il dressa au même lieu un autel au Seigneur, qu’il appela : La paix du Seigneur. La nuit suivante, Dieu lui ordonna d’abattre le bois et l’autel qui étaient consacrés à Baal, d’ériger un autel au Seigneur au haut du rocher où il avait déjà offert le chevreau et les pains sans levain, et d’y brûler en holocauste un des deux taureaux de son père. Gédéon obéit ; et, la nuit étant venue, il se mit avec dix de ses serviteurs à abattre le bois et à renverser l’autel de Baal. Le lendemain, les habitants d’Ephra dirent à Joas, père de Gédéon, qu’il fallait faire mourir son fils, pour venger l’injure faite à Baal. Mais Joas leur répondit : Est-ce à vous à défendre Baal ? Si Baal est Dieu, qu’il se venge lui-même de celui qui a détruit son autel. Depuis ce temps on donna à Gédéon le nom de Jero-baal, c’est-à-dire, que Baal voie, ou que Baal conteste contre celui qui a abattu son autel. C’est sous le nom de Jerobaal, ou de Jerombal, qu’il est connu dans la fausse histoire de Sanchoniathon.

Vers ce même temps les Madianites, ayant passé le Jourdain, vinrent camper dans la vallée de Jezrael ; et Gédéon, rempli de l’esprit de Dieu, sonna de la trompette, assembla les Israélites de la maison d’Abiézer, qui demeuraient à Ephra et aux environs, et qui étaient de sa famille. Il envoya aussi des courriers dans les tribus de Manassé, d’Azer, de Zabulon et de Nephtali, qui étaient au nord du pays de Chanaan. Il les exhorta à secouer le joug des Madianites, et à se joindre à lui. Ces tribus vinrent en diligence et en grand nombre ; de sorte que Gédéon, afin de les assurer que c’était Dieu même qui l’avait suscité pour les délivrer, pria le Seigneur de lui donner quelque signe de sa vocation, et qu’il lui plût faire tomber la rosée Sur une toison qu’il étendrait sur la terre, pendant que le reste de la terre demeurerait sec et sans rosée. Dieu exauça sa prière, et la chose arriva comme il l’avait souhaitée. Il demanda après cela au Seigneur un signe tout contraire : que la toison demeurât sèche, pendant que toute la terre des environs serait humide et chargée de rosée ; et Dieu lui accorda encore l’effet de cette seconde demande.

Gédéon, affermi par tous ces signes de la volonté de Dieu, marcha droit au camp des Madianites, qui étaient dans la campagne de Jezrael. Il s’arrêta avec ses troupes à la fontaine d’Harad. Alors le Seigneur lui dit : Renvoyez une partie de ceux qui sont avec vous. Madiun ne sera pas livré entre les mains d’une si grande troupe, de peur qu’Israël ne dise : C’est par mes propres forces que j’ai été délivré. Gédéon permit donc à tous ceux qui avaient peur de s’en retourner, et il y en eut vingt-deux mille qui s’en retournèrent dans leurs maisons, en sorte qu’il n’en demeura que dix mille avec Gédéon. Ce nombre était encore trop grand ; et le Seigneur dit à Gédéon : Menez votre peuple sur le ruisseau ; renvoyez tous ceux qui mettront le genou à terre pour boire à leur aise, et ne retenez que ceux qui auront jeté de l’eau à leur bouche, ou qui en auront lapé avec la langue comme les chiens ; et il ne s’en trouva que trois cents de ces derniers. Gédéon retint donc ceux-ci, et renvoya les autres.

Il dit à ces trois cents hommes de se tenir prêts, et de faire provision de vivres pour quelques jours ; d’avoir chacun une trompette, une lampe nu un falot, et un pot de terre vide, pour cacher le feu du falot. Cependant Dieu lui dit de s’avancer seul vers le camp des ennemis. Il y alla, et ouït un Madianite qui racontait son songe à son compagnon, et qui lui disait qu’il avait vu comme un pain d’orge cuit sous la cendre, qui roulait dans le camp des Madianites, et qui renversait une tente qui s’était rencontrée sur son chemin. Celui à qui il parlait, lui répondit : Cela n’est autre chose que l’épée de Gédéon à qui le Seigneur a livré le camp des Madianites avec toute leur armée.

Gédéon, encouragé par ce songe et par l’interprétation que le Madianite lui avait donnée, vint rejoindre ses gens, les exhorta à attaquer l’ennemi, leur dit de prendre leurs falots, leurs cruches et leurs trompettes, et de faire tout ce qu’ils lui verraient faire. Il leur donna pour mot du guet : Au Seigneur, et à Gédéon ; les partagea en trois troupes de cent hommes chacune et ils s’avancèrent par trois endroits vers le camp des Madianites. Ils arrivèrent à l’entrée du camp au milieu de la nuit ; et Gédéon ayant tout à coup tiré sa lampe de dessous son pot, qu’il jeta, par terre avec grand bruit, et s’étant mis a sonner de ta trompette, ses trois cents hommes en firent de même et demeurèrent chacun à leur poste en trois endroits du camp des Madianites. Alors la terreur se répandit parmi les ennemis ; toute leur armée fut en désordre ; ils commencèrent à s’enfuir, à tirer l’épée les uns contre les autres, et à se tuer mutuellement. Les Israélites des tribus de Manassé, de Nephtali et d’Aser, qui étaient voisines, accoururent, et les poursuivirent. En même temps Gédéon envoya des courriers dans la tribu d’Éphraïm, pour les avertir de garder les gués, et d’empêcher les Madianites de repasser le Jourdain. Pour lui, avec ses trois cents guerriers et ceux qui s’étaient joints à eux, il passa le Jourdain, et suivit les Madianites jusqu’au delà de Socoth et de Phanuel (Juges 8.1-3). Il les trouva qui se reposaient, ne croyant plus avoir rien à craindre, tomba sur eux, les défit, prit leurs deux rois, Zébée et Salmana, et revint vers Socoth et Phanuel avant le coucher du soleil.

Ces deux villes lui avaient refusé des vivres et des rafraîchissements, lorsqu’il passait près d’elles, en poursuivant les ennemis. Mais à son retour il en tira une terrible vengeance, écrasant les principaux de Socoth sous les épines du désert, et en tuant ceux de Phanuel, et en détruisant leur tour. Après cela il tua Zébée et Salmana, chefs des Madianites, et prit les ornements et les bossettes d’or qu’on mettait d’ordinaire au cou des chameaux des rois.

Ceux de la tribu d’Éphraïm firent quelque bruit, se plaignant que Gédéon ne les eût pas appelés à cette guerre : mais il les apaisa en relevant les services qu’ils avaient rendus dans cette expédition, en prenant Oreb et Zeb, princes des Madianites. Après cette victoire (Juges 8.22,23), les enfants d’Israël dirent à Gédéon : Soyez votre prince, et commandez-nous, vous, votre fils, et le fils de votre fils ; parce que vous nous avez délivrés de la main des Madianites. Gédéon leur répondit : Je ne serai point votre prince, ni moi, ni mon fils ; mais ce sera le Seigneur qui sera votre prince, et qui vous commandera. Je ne vous demande qu’une chose : Donnez-moi les pendants d’oreilles que vous avez eus de votre butin ; car les Madianites avaient coutume de porter des pendants d’oreilles d’or. Il les lui offrirent de tout leur cœur, et les jetèrent sur un manteau qu’on étendit par terre. Il s’en trouva le poids de mille sept cents sicles d’or, sans compter les colliers, les ornements et les habits de pourpre que portaient les rois de Madian, et sans les carcans d’or des chameaux. Gédéon fit de toutes ces choses précieuses un éphod, qu’il mit dans sa ville d’Ephra ; et cet éphod fut pour les Israélites un sujet de chute, et causa la ruine de Gédéon et de toute sa maison. Gédéon fut juge d’Israel depuis cette année, qui est l’an du monde 2759, jusqu’en 2768, qui est celui de sa mort, pendant neuf ans. Il eut soixante et dix fils, qui étaient sortis d’un grand nombre de femmes qu’il avait épousées ; et outre cela, il eut À bimélech, fils d’une concubine, lequel régna pendant trois ans à Sichem.

Il y a beaucoup d’apparence que Gédéon, autrement nommé Jerobaal, ou Jerubaal, est le même que Jerombal, prêtre du Dieu Jao, que Sanchoniathon se vante d’avoir consulté sur les antiquités phéniciennes. Sanchoniathon avait vécu sous le règne d’Ithobal, roi de Tyr, vers le même temps que Sémiramis, reine d’Assyrie, et par conséquent peu après Jérobaal ou Gédéon. Mais la plupart des savants sont convaincus aujourd’hui que Sanchoniathon est un auteur fabuleux, et que celui qui a fabriqué l’ouvrage dont on a quelques fragments sous son nom était un imposteur, qui avait malicieusement mêlé quelques traits de l’histoire sacrée avec les fables des Phéniciens, pour décrier les livres sacrés des Hébreux. Voyez ci-après Sanchoniathon. David (2 Samuel 11.21) appelle Gédéon Jeruhoseth, au lieu de Jerobaal, parce que les Hébreux n’aimaient pas à prononcer le nom de Baal ; d’où vient aussi qu’on dit Miphiboseth, au lieu de Miphibaal [Voyez Josué, paragraphe 23].

Gédéon (3)

Père d’Abidan, prince benjamite (Nombres 1.11 ; 2.22).