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Égypte
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal Bost

Pays d’Afrique, nommé en hébreu Mezor ou Mezraïm, et en grec Aiguptos, d’où vient le latin Aegyptus, et le français Égypte, et Cophte Mizraïm, était fils de Cham ; et AÉgyptus était, dit-on, un ancien roi de ce pays, fils de Bélus, et frère d’Armaïs. Mizraïna eut pour fils (Genèse 10.13) Ludim, Anamim, Laabim, Nephtüim,Phetrusim et Caslüim, qui ont peuplé divers cantons de l’Égypte, ou des environs. Les anciens géographes mettaient une partie de l’Égypte dans l’Asie, et l’autre dans l’Afrique. La partie d’Asie était à l’orient du Nil, et l’autre partie à l’occident du même fleuve. Souvent aussi, dans les anciens, on attribue à l’Arabie la partie de la basse Égypte qui est à l’orient du Nil ; et l’Écriture attribue le même terrain au pays de Chus, qui est si souvent traduit par l’Éthiopie.

L’Égypte était partagée par nomes ou cantons ; ils y comptaient quarante-deux nomes, qui étaient comme autant de petites provinces. On distinguait la haute et la basse Égypte. La haute s’appelait aussi Thébaïde ; à cause de la ville de Thèbes, qui en était la capitale. Elle s’étendait bien avait vers le midi, jusqu’aux frontières de l’Éthiopie. La basse Égypte comprenait principalement le Delta et ce qui s’étend sur les côtes de la Méditerranée. Tout le monde sait que l’Égypte n’a proprement qu’un fleuve, qui est le Nil, lequel, par ses inondations, cause toute la fertilité du pays.

Les Arabes nomment Rib ou Rif cette partie d’Égypte qui s’étend depuis le Caire jusqu’à la Méditerranée. La haute Égypte s’appelle Saide, ou Thébaïde, et la partie d’entre deux s’appelle Souf. Le nom de Rib, ou de Rif, est connu dans l’Écriture (Psaumes 86.4) : Memor ero Rahab et Babylonis scientium me. Rahab est le même que Rib. On le trouve encore en ce sens dans le Psaume (Psaumes 88.11), et dans Isaie (Isaïe 30.7 ; 51.9). Le non, de Souf se trouve aussi dans les livres saints écrits en hébreu. Moïse appelle mer de Souf ce que nous appelons mer Rouge. Il est étonnant que Sel, qui est le nom de la fameuse Thèbes, capitale de la haute Égypte, ne se trouve pas dans l’Écriture. On croit que Thèbes y est nommée No-Ammon, ou la demeure de Jupiter. M. d’Herbelot dit que Saïd, en arabe, signifie un terrain élevé, et qu’ils appellent Said-lidesr la partie supérieure de l’Égypte, qui est la Thébaïde. Or la Thébaïde est encore divisée en supérieure, inférieure et moyenne. La supérieure comprend les villes d’Arment, d’Arsoftan (ou Syenne) d’Asna (Apparemment Latopolis), de Soiouth : quelques-uns y joignent les villes de Kift, Coss et d’Acsour.

La Thébaïde inférieure comprend les villes d’Abousig, d’Aschmounim, de Manraloux et de Fioum. Celle du milieu comprend la ville d’Akonin.

Le nom de Mesr, ou Misor, ou Misraim, fils de Cham, s’est conservé dans la ville de même nom, qui a été nommée successivement Misor, Memphis, ou Moph, Babylone, et le Caire. Elle porta le nom de Moph, ou Memphis, jusqu’au temps d’Alexandre le Grand ; alors on lii donna le nom de Babylone, à cause de sa situation et du rapport qu’elle avait avec Babylone de Chaldée. Cette ville fut conquise par les Arabes, l’an 18 ou 19 de l’hégire. Amrou-Ben-As, qui la prit, fit bâtir tout auprès une autre ville, qui fut nommée Fusthath, à cause de la tente de ce général, qui fut dressée fort longtemps au même lieu. Les califes fatimites s’étant rendus maîtres de l’Égypte, en ajoutèrent encore une autre qu’ils nommèrent Caherah, c’est-à-dire la Victorieuse, qui nous est connue aujourd’hui sous le nom du grand Caire. [Voyez Babylone d’Égypte].

Les sultans marnmelus, de la dynastie des Circassiens, ayant fait depuis bâtir un château fort élevé et bien fortifié sur la rive orientale du Nil, y attirèrent la plupart des habitants du Caire, en sorte que cette ville insensiblement changea de situation, et que le Caire, bâti par les Fatimites, n’est plus connu que sous le nom de vieux Caire. Le Caire est bâti sur la rive orientale du Nil, mais l’ancienne Misor, ou Mesr, était bâtie sur la rive occidentale du même fleuve.

Quant au nom d’Égypte, il vient de Kibt, ou Kibthi, qui est l’ancienne ville de Coptos, dans la haute Égypte, éloignée du Nil de sept parasanges, qui font environ quatorze lieues. Cette même ville de Coptos donna le nom aux Cophtes, ou Égyptiens d’aujourd’hui, qui sont tous chrétiens, et parlent un langage mêlé du grec et de l’ancien égyptien. Les Turcs appellent Kibs les anciens Égyptiens naturels du pays, qui ne sont pas musulmans. Leurs auteurs parlent de l’Égypte comme d’un des plus beaux et des meilleurs pays du monde : un de leurs auteurs dit que le terroir de ce pays est, pendant trois mois de l’année, blanc et éclatant comme une perle, trois mois noir comme le musc, trois mois vert comme les émeraudes, et trois mois jaune comme l’ambre. Il fait le dénombrement de toutes les choses qui ne se trouvent qu’en Égypte : les principales sont la mine des émeraudes orientales, l’orge rouge, l’opium, le baume de la Matarée, le froment de Joseph, l’art de faire éclore des poulets dans des fours, le miel des abeilles de Baensa, la colocase, le fin lin, la case, le limon aigre adouci par l’eau du Nil, le poisson nommé scinchur, plusieurs sortes de bois et de marbres singuliers, la plante du papier, etc. Il ne doit donc pas paraître si surprenant que les Israélites dans le désert regrettassent un si beau et un si excellent pays.

Homère a donné au Nil le nom d’AÉgyptus. Plusieurs anciens ont écrit que l’Égypte n’était qu’un grand atterrissement produit par le Nil ; et les Éthiopiens en étaient si persuadés, qu’ils se servaient de ce raisonnement pour prouver qu’ils étaient plus anciens que les Égyptiens. Bochart a réfuté ce sentiment dans son Phaleg., livre 4 chapitre 24.

L’Égypte est partagée en deux par une grande chaîne de montagnes, qui est entre le Nil et la mer Rouge, et qui s’étend du nord au midi. L’espace qui est entre ces montagnes et la mer Rouge est occupé par les Arabes, et presque entièrement désert ; mais ce qui est entre le Nil et ces montagnes est le pays du monde le plus fertile. On est obligé de jeter du sable sur les terres, pour diminuer leur excessive fécondité : elle vient des débordements du Nil, qui se répand régulièrement sur ses terres, en commençant au solstice d’été, et y demeure pendant tout le temps que le soleil parcourt le signe du Lion : il décroît quand il vient au signe de la Vierge, et finit au signe de la Balance : Les anciens Égyptiens faisaient par an sur le même fonds deux récoltes de blé ; aujourd’hui on se contente d’une. Après la moisson de l’orge, on sème dans le même champ du ris, des melons, des concombres. On dit que l’Égypte fournissait à Rome vingt millions de boisseaux de blé.

Pline dit qu’on commence à semer au commencement de novembre, qu’on fait la moisson en avril, et qu’on l’achève au mois de mai. Moïse (Exode 9.31-32) remarque qu’au milieu de mars, lorsque les Israélites sortirent de l’Égypte, l’orge et le lin, qui étaient déjà avancés, furent gâtés par la grêle ; mais que le froment, qui est plus tardif, fut conservé. Les Égyptiens semaient leur orge et leur lin avant l’hiver, c’est-à-dire, au commencement de novembre, après que les eaux du Nil s’étaient retirées. L’hiver en ce pays est très-modéré, et l’on y met les chevaux au vert aux mois de janvier et de février. La moisson du froment était achevée, pour la Pentecôte, dans la Palestine et dans l’Égypte : il faut bien que toute la moisson soit faite, lorsque le Nil commencé à se déborder.

Les Égyptiens se vantaient d’être les plus anciens peuples du monde : ils ont passé pour inventeurs des sciences et des arts ; ils ont communiqué aux Grecs les noms des dieux et la fausse théologie ; ils ont poussé la superstition et l’idolâtrie plus loin qu’au ; cuti autre peuple, ayant rendu leur culte aux astres, aux femmes, aux animaux, et même aux plantes, si l’on en croit les païens eux-mêmes, qui ont raillé leur excessive superstition. C’est à leur imitation que les Hébreux dans le désert ont rendu leur culte au veau d’or (Exode 32.6), et que Jéroboam proposa à ses sujets de pareilles figures pour objet de leurs adorations. Moïse nous apprend que les Hébreux immolaient des animaux, dont les Égyptiens regardaient la mort comme une abomination (Exode 8.25) et une chose détestable. Il nous dit aussi que les Égyptiens ne voulaient pas manger avec les Hébreux (Genèse 46.34), parce qu’ils détestaient tous les pasteurs de brebis.

On est assez partagé sur le motif de celle haine. Les uns croient qu’elle est fondée sur ce que les rois surnommés pasteurs, venus d’Arabie, ayant fait irruption en Égypte, y dominèrent assez longtemps, selon le récit de Manéthon.

D’autres croient que les Égyptiens, accoutumés, depuis leur roi Sésostris, à une vie molle et oisive, avaient horreur des pasteurs, dont la profession est plus laborieuse et plus active. Enfin d’autres veulent que les Égyptiens aient eu un grand éloignement des pasteurs hébreux et des autres, parce qu’ils tuaient et qu’ils mangeaient les brebis, les moutons, les chèvres, les boucs, qui étaient l’objet du culte des Égyptiens.

Nous avons examiné, sous le nom de Cérémonies ; si les Hébreux ont reçu des Egytiens les cérémonies et les lois qui sont communes aux deux nations, ou si les Égyptiens les ont reçues des Hébreux).

Rien n’est plus commun dans l’Écriture que le nom de l’Égypte. Ce pays est, à proprement parler, le berceau de la nation des Hébreux. Joseph, y ayant été mené et vendu comme esclave, fut bientôt, par un effet sensible de la sagesse et de la providence de Dieu, établi intendant et comme vice-roi de toute l’Égypte. Il y fit venir son père et toute sa famille, au nombre d’environ soixante et dix personnes ; et, après deux cent quinze ans, ils en sortirent au nombre de six cent trois mille cinq cent cinquante hommes capables de porter les armes, sans compter les femmes ni les enfants. Ce ne fut qu’à force de miracles et de châtiments que le roi d’Égypte permet aux Hébreux de sortir de son pays. Moïse frappa l’Égypte de dix plaies, avant que ce prince endurci pût se résoudre de relâcher un grand peuple qu’il avait asservi, et dont il tirait de grands services ; et, après nième les avoir congédiés et contraints de se retirer, il se repentit, les poursuivit avec son armée ; et étant entré inconsidérément après eux dans le lit de la mer Rouge, il y périt avec tous les siens.

Le nom commun des rois d’Égypte était Pharaon, qui, parmi eux, signifie la souveraine puissance. Mais outre ce nom ils en avaient un autre qui leur était propre. L’histoire nous a conservé les noms de plusieurs rois d’Égypte, et une suite de leurs dynasties. Mais l’envie qu’ont eue les historiens de cette nation de relever leur grande antiquité leur a fait exagérer la durée de leur empire, et leur a fait perdre toute créance auprès des gens qui aiment la vérité. Ils soutiennent que l’Égypte a été gouvernée successivement par les dieux, les demi-dieux, ou les héros, et enfin les hommes, ou les rois. Ils donnent au règne des dieux et des demi-dieux trente-quatre mille deux cent un ans, et à celui des rois, depuis Ménès jusqu’à Nectanèbe, deux mille trois cent vingt-quatre ans. Nectanèbe fut déposé par Artaxerxès Ochus, roi de Perse, quinze ans avant la monarchie d’Alexandre le Grand. Depuis Nectanèbe jusqu’à la naissance de Jésus-Christ on compte environ trois cent quarante ans. De sorte que depuis le commencement de la monarchie des Égyptiens jusqu’à la naissance du Sauveur il y aurait trente-six mille huit cent soixante-cinq ans. Supputation qui est abandonnée par tous nos chronologistes.

On prétend que la manière dont les anciens Égyptiens comptaient leurs années a beaucoup contribué a enfler leur chronologie et à multiplier le grand nombre d’années de leurs premiers rois. Paléphate dit qu’anciennement ils comptaient la durée du règne de leurs princes par jours, et non par années. Et qui nous assurera que ceux qui sont venus depuis n’auront pas mis des années au lieu de jours et que lisant, par exemple, que Hélios, fils de Vulcain, a régné quatre mille quatre cent soixante-dix-sept jours, c’est-à-dire, douze ans trois mois quatre jours, ils n’auront pas avancé qu’il aura régné quatre mille quatre cent soixante-dix-sept ans ?

Diodore de Sicile dit que les Égyptiens nous content des fables, lorsqu’ils nous assurent que les plus anciens de leurs dieux ont régné chacun au moins douze cents ans, et les moins anciens au moins trois cents ans. En sorte que depuis le règne d’Hélios ou du Soleil jusqu’au passage d’Alexandre le Grand dans l’Asie ils comptent vingt-deux mille ans de règne. Mais, ajoute-t-il, comme ce nombre d’années excède toute créance, quelques-uns, pour les excuser, remarquent qu’au commencement leur année n’était que d’un mois, suivant le cours de la lune ; de sorte que les douze cents ans de règne de chaque dieu se reduiraient à douze cents mois, ou cent ans. Dans la suite, dit-il encore, l’année d’Égypte ayant été faite de quatre mois, ils avancèrent que leurs rois avaient régné chacun au moins trois cents ans, qui font douze cents mois, ou cent ans. De cette sorte on réduisait à une durée raisonnable l’excessive antiquité des dynasties égyptiennes. Censorin assure qu’anciennement l’année égyptienne n’était que de deux mois, et que ce fut le roi Pison qui lui en donna quatre, et qui enfin le fixa à douze mois.

De plus il est certain que les dynasties d’Égypte, que l’on nous vante, ne sont pas toutes successives, mais qu’il y en a beaucoup de collatérales, et que la plupart de ces rois, que l’on place l’un après l’autre, ont souvent été contemporains, l’un régnant dans un canton de l’Égypte, et l’autre dans un autre. Aussi ces listes portent-elles sept noms différents, suivant les sept cantons ou les dynasties subsistaient ; savoir : à This, à Memphis, à Diospolis, à Thanis, à Séthron, à Eléphantine et à Sais. Or, en mettant ces dynasties bout à bout, on comprend aisément qu’on en peut extrêmement étendre la durée, et leur donner une antiquité qu’elles n’ont point du tout. Ainsi, pour ne pas risquer de donner le faux pour le vrai, on nous excusera si nous ne rapportons pas ici la liste des premiers rois d’Égypte. [Voyez Josué, passim].

Depuis Mezraïm, l’Écriture nomme toujours les rois de ce pays du nom de Pharaon. Elle ne nous a conservé les noms propres que de quatre de ces princes : Sésac (2 Rois 11.40), Néchao (2 Rois 23.29 ; Jérémie 46.2), Sua (2 Rois 17.4), et Ephrée (Jérémie 44.30). Sésac est peut-être Sésonchis ; Néchao est Néchos d’Hérodote ; Sua est le même que Sabacon ou Séthon, et Ephrée est Apriès, marqué dans le même auteur. Sésac vivait du temps de Roboam, fils de Salomon ; Néchao, du temps de Josias, roi de Juda ; Sua, du temps d’Osée, roi d’Israël ; et Ephrée du temps de Jérémie et de Sédécias. Hérodote le fait fils de Psammis, et petit-fils de Néchos. On peut voir son histoire dans cet auteur. Depuis Apriès, nous trouvons Amasis, Psammétichus, sur lequel Cambyse fit la conquête de l’Égypte, l’an du monde 3479, avant Jésus-Christ 521, avant l’ère vulgaire 525. Après cela, on trouve encore dans l’Égypte les rois suivants, Inarus, Achoris, Tuchos, Nectanebus. Ce dernier fut dépouillé par Artaxerxès Ochus, l’an du monde 3654., avant Jésus-Christ 346, avant l’ère vulgaire 350. Environ dix-neuf ans après., Alexandre le Grand entra dans l’Égypte, et en fit la conquête l’an du monde 3673, avant Jésus-Christ 327, avant l’ère vulgaire 331. Les Ptolémées succédèrent à Alexandre, et on en a une suite bien assurée.

Ptolémée, fils de Lagus, et surnommé Soter, régna trente-neuf ans ; depuis la mort d’Alexandre, ai rivée l’an du monde 3681, jusqu’en 3720.

Ptolémée Philadelphe régna trente-huit ans depuis 3720 jusqu’en 3758.

Ptolémée Èvergète régna vingt-cinq ans ; depuis 3758 jusqu’en 3783.

Ptolémée Philopator, dix-sept ans ; depuis 3783 jusqu’en 3800.

Ptolémée Epiphatte, vingt-quatre ans ; depuis 3800 jusqu’en 3824,

Ptolémée Philométor, trente-sept ans ; depuis 3824 jusqu’en 3861.

Ptolémée Èvergète, ou Phiscon, vingt-sept ans ; depuis 3861 jusqu’en 3888.

Ptolémée Lathure, trente-six ans six mois ; depuis 3888 jusqu’en 3923.

Cléopâtre, fille de Lathure, et femme d’Alexandre I régna six mois.

Alexandre I neveu de Lathure, établi en 3324, mort en 3943. Vide Usserium ad annum mundi 3924.

Alexandre II fils d’Alexandre I fut chassé par les Alexandrins en 3939.

Ptolémée Nothus, ou Aulètes, régna treize ans ; depuis 3940 jusqu’en 3953.

Ptolémée Denys, ou Bacchus, régna trois ans huit mois ; mort en 3957.

Cléopâtre, sœur de Ptolémée, depuis 3957 jusqu’en 3974. [Voyez Lagides].

On fera des articles particuliers de tous ces rois, qui sont nommés dans la Bible, et qui ont eu quelque part aux affaires des Hébreux.

Égypte (torrent d’) ou Fleuve d’Égypte. L’Écriture marque assez souvent le fleuve, ou le torrent d’Égypte, comme limites de la terre promise du côté de l’Égypte et du midi. Par exemple, Dieu dit à Abraham (Génèse 15.18) : Je vous donnerai cette terre, depuis le torrent d’Égypte jusqu’au fleuve de l’Euphrate. Et ailleurs (2 Chroniques 7.8), Salomon rassembla tout son peuple pour la dédicace du temple, depuis l’entrée d’Emath jusqu’au torrent d’Égypte. Enfin Moïse, marquant les limites méridionales de la terre promise, les met (Nombres 34.5) depuis Asemona jusqu’au torrent d’Égypte, et jusqu’à la grande mer, qui est la Méditerranée. Voyez la même chose (Josué 15.4).

Il s’agit à présent de savoir quel est ce fleuve ou ce torrent d’Égypte. Plusieurs ont cru que c’était le torrent de Resor (1 Samuel 30.10) autrement le torrent du Désert, situé entre Gaze et Rhinocorure. Mais nous ne doutons nullement que ce ne soit le Nil, le seul fleuve qui arrosait l’Égypte. Josué le désigne visiblement par le nom (Josué 13.3) de Sichor, qui est le vrai nom du Nil ; comme qui dirait, le fleuve trouble, à cause des eaux de ce fleuve, qui sont souvent troubles et boueuses. Amos (Amos 6.15) le désigne sous le nom de torrent du Désert, parce que le bras le plus oriental du Nil, et le plus voisin de la terre de Chanaan, était près de l’Arabie, on du désert nommé en hébreu Araba, et arrosait le nome nommé Arabique par les Égyptiens. Le terme hébreu nahol, que l’on a rendu par torrent, signifie aussi un fleuve [N. Sanson ne marque pas le torrent d’Égypte sur sa carte, et dans sa table il le confond avec le torrent de Besor. Beichard l’a aussi confondu avec ce même torrent. Barbié du Bocage le distingue, mais il semble ne pas admettre avec dom Calmet, qu’il soit un des bras du Nil. Le fleuve ou torrent d’Égypte, dit-il, était situé sur la limite méridionale de la terre de Chanaan, du côté de l’Égypte. On le considère généralement comme le torrent qui se jette à la mer près de l’ancienne Rhinocorure. On l’appelait aussi Sihor.

Égypte (Fuite de Jésus-Christ en). Voyez Fuite.