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Abdias
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet
Westphal

Abdias (1)

Intendant de la maison d’Achab, roi d’Israël du temps du prophète Élie. Pendant la sécheresse et la famine qui désolaient la Judée et la Samarie, et qui avaient été prédites par Élisée, Achab dit à Abdias d’aller par la campagne pour voir s’il ne trouverait pas quelque endroit arrosé, d’où l’on pût tirer du secours pour les hommes et pour les bêtes qui mouraient de faim et de soif (1 Rois 18.3). Abdias obéit ; et comme il était au milieu des champs, il eut à sa rencontre le prophète Élie. Aussitôt il se prosterna le visage contre terre et lui dit : Est-ce donc vous, mon seigneur Élie ? Le prophète lui dit : Allez, dites à votre maître que voilà Élie. Abdias répondit : Mon seigneur, quel est mon péché ? qu’ai-je fait pour que [vous me chargiez d’un si dangereux message et que] vous m’envoyiez à Achab afin qu’il me tue ? Vive le Seigneur votre Dieu ; il n’y a ni province ni royaume où mon seigneur n’ait envoyé pour avoir de vos nouvelles ; et tout le monde lui a dit : Il n’est point ici. Et maintenant vous me dites : Allez dire à Achab qu’Élie est ici ; et pendant que j’irai trouver le roi, l’Esprit de Dieu vous saisira et vous emportera en quelque lieu que je ne sais point ; et lorsque Achab ne vous trouvera point, il me fera mourir. Au reste, votre serviteur craint Dieu dès son enfance. N’a-t-on pas raconté à mon seigneur ce que j’ai fait, lorsque Jézabel faisait mourir les prophètes du Seigneur, que j’en cachai cent dans des cavernes, et que je les nourris pendant tout ce temps ? Dispensez-moi donc, je vous prie, d’aller annoncer à Achab votre venue, et ne m’exposez point à un danger de mort si évident. Élie lui répondit : Vive le Seigneur des armées que je sers ; je me présenterai aujourd’hui devant Achab. Abdias alla donc, et dit au roi qu’Élie était arrivé [Voilà tout ce que l’Écriture nous apprend de ce fidèle israélite qui eut le mérite rare de conserver sa foi intacte dans une cour qui était le foyer de l’idolâtrie et de la corruption. La prudence d’Abdias égalait sa foi et son dévouement ; sans elle, il eût sans doute expié par une mort affreuse le courage avec lequel il ravit aux fureurs de la femme d’Achab les cent prophètes qu’il cacha et nourrit dans deux cavernes. Ce qui relève encore la générosité d’Abdias ; c’est que la famine exerçait les plus grands ravages. Un tel homme ne pouvait être faible : il représente à Élie qu’il ne peut remplir sans éviter d’être mis à mort la commission dont il le charge ; il connaissait Achab, et avait trop de raison de croire que la menace du prophète exciterait plutôt sa haine si vive et sa cruauté si prompte ; il craint une mort cruelle et inutile ; car il craint, non pas qu’Élie ne le suive point d’assez près, mais qu’il ne vienne pas du tout. Mais quand le prophète lui a fait serment qu’il se présentera le jour même devant le roi, alors Abdias, sans doute et sans peur, ne balance plus ; il court annoncer l’arrivée d’Élie].

Quelques-uns ont cru que cet Abdias était le même dont nous avons les écrits dans les petits prophètes ; et que s’étant rendu disciple d’Élie, Dieu lui communiqua le don de prophétie. D’autres ajoutent qu’il était l’époux de la femme de Sunam chez qui logeait le prophète Élisée ; et que c’est lui qui fut ce troisième centenier envoyé par le roi Ochosias pour se saisir d’Élie, et que le feu du ciel épargna (2 Rois 1.14-15). Mais l’Écriture ne dit pas le nom de ce dernier officier, et l’on n’a aucune preuve qu’Abdias, dont nous parlons ici, ait été prophète ni qu’il soit le même que le quatrième des douze petits prophètes. Voyez dans l’article suivant ce que nous en allons dire. Saint Jérôme, dans l’épitaphe de sainte Paule, dit que cette sainte femme étant sortie de Samarie, alla voir la montagne et les cavernes où Abdias avait caché cent prophètes, et que de là elle vint à Nazareth. Ce qui fait croire que cette montagne était au nord de Samarie.

Abdias (2)

Le quatrième des douze petits prophètes ; a écrit un seul chapitre contre les Iduméens. Nous venons de voir que plusieurs le confondent avec l’intendant d’Achab. Si cela était, il faudrait dire qu’il est le premier de tous les prophètes dont nous ayons les écrits (Il n’aurait pu remplir son ministère, tant la corruption et l’impiété y étaient générales. On ne doit pas supposer qu’il l’exerçait en secret, à l’égard de quelques fidèles qui pouvaient s’y trouver, comme l’intendant dont s’occupe l’article précédent. Le ministère prophétique, établi pour l’utilité publique, se remplissait publiquement et au péril de la vie). Nous avons tâché de montrer dans la préface sur ce prophète qu’il vivait pendant la captivité de Babylone et en même temps que Jérémie. Il menace les Iduméens d’une perte totale en punition de l’inhumanité qu’ils ont exercée contre leurs propres frères. Le prophète leur reproche de s’être joints aux ennemis de Juda, lorsqu’ils jetaient le sort sur Jérusalem, et de s’être mis sur les avenues pour tuer ceux qui cherchaient à se sauver. Il dit que Jérusalem sera rétablie, que la maison d’Israël se rendra maîtresse de ceux qui l’ont dominée, qu’elle sera comme un feu, et la maison d’Ésaü comme la paille. Il prédit fort clairement le retour de la captivité de Juda. Il imite en quelques endroits le style de Jérémie, et copie jusqu’à ses paroles. Nous croyons que les menaces qu’Abdias prononça contre Édom s’exécutèrent en partie par le roi Nabuchodonosor, qui, en la cinquième année après la ruine de Jérusalem (An du monde 3421 ; avant Jésus-Christ 579 ; avant l’ère vulgaire 583), porta ses armes contre les nations voisines des Juifs (Josèphe Antiquités) et que le reste s’accomplit du temps des Machabées. Saint Jérôme parle du tombeau de ce prophète que sainte Paule vit à Samarie.

Abdias prédit le retour de la captivité en ces termes, selon la Vulgate (Abdias 1.20) : L’armée des enfants d’Israël, qui avait été transférée hors de son pays, possèdera toutes les terres des chananéens jusqu’à Sarepta, et les villes du midi obéiront à ceux qui avaient été emmenés de Jérusalem jusqu’au Bosphore. L’Hébreu lit : La captivité de cette armée des enfants d’Israël possédera les chananéens jusqu’à Zarphat ; et la captivité de Jérusalem, qui est à Sapharad, possèdera les villes du midi. Quelques Hébreux, sous le nom de chananéens, entendent l’Allemagne ; sous le nom de Zarphad, la France ; et sous celui de Sapharad, l’Espagne. Le Juif qui montrait l’hébreu à saint Jérôme entendait le Bosphore sous le nom de Sapharad, qu’il joignait à la préposition be, qui signifie dedans, et n’en faisait qu’un mot ; mais il vaut mieux suivre les septante : Les Israélites de retour de la captivité posséderont la terre des chananéens, ou des Phéniciens, jusqu’à la ville de Sarepta, qui était voisine de Tyr et de Sidon, capitale de Phénicie ; et les captifs qui seront de retour de Jérusalem posséderont le pays qui s’étend depuis Ephrata jusque vers le midi de la terre promise.

Abdias (3)

Père de Jesmaïas, du temps de David (1 Chroniques 27.19)

Abdias (4)

Lévite de la famille de Mérari, fut employé sous Josias à la réparation du temple de Jérusalem (2 Chroniques 34.12)

Abdias (5)

De Babylone, fameux imposteur, qui a écrit la vie des apôtres, et qui a voulu se faire passer pour un homme qui avait vu Jésus-Christ, et qui avait été ordonné par les apôtres mêmes, évêque de Babylone. C’est ce qu’il dit de lui-même dans sa préface. Il a voulu faire croire qu’ayant écrit en hébreu, son ouvrage a été traduit en grec par un nommé Eutrope, son disciple ; et de grec en latin par Jules Africain. Mais on convient que cet Abdias est un auteur supposé, et que son ouvrage ne mérite aucune créance.

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