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Mort
Dictionnaire Biblique Bost
Westphal Calmet

Voir Meurtre, et Peines.

Conjurer les morts, voir Python, Mer Morte, voir Mer. Le nom de mort a, dans l’Écriture, différentes significations que l’on ne doit pas confondre : d’abord le sens simple et matériel, la séparation du corps et de l’âme, la fin de la vie physique, la mort qui est entrée dans le monde avec le premier péché, comme un dérangement, un affaiblissement de la nature primitive qui avait été créée saine et immortelle. Cette mort n’est point naturelle ; c’est, au contraire, un accident violent dont la nature a été troublée, mais qui a passé dans le cours ordinaire des choses comme le péché. Puis l’ensemble de la vie actuelle, négation permanente de la vie primitive, est également désigné dans l’Écriture sous le nom de mort ; l’homme ne vit pas, il est mort dans ses fautes et dans ses péchés (Éphésiens 2.1). Cette mort est aussi appelée la colère de Dieu, et il faut en être délivré pour hériter le royaume du bonheur éternel (Éphésiens 2.3). Si cette mort se consomme, elle est appelée la condamnation ; c’est dans ce sens que la parole de Dieu, qui parle d’une nouvelle naissance, parle aussi de la conversion comme d’une résurrection (Colossiens 3.1). Enfin, il faut distinguer le sens mystique du mot, la mort du chrétien au monde et à la vie extérieure, la mort des sens, dont la mort de Christ a été l’image sans préjudice à sa propre réalité ; elle est appelée une vie cachée avec Christ en Dieu (Colossiens 3.3). Celui qui est mort au monde a cessé d’être sujet à la mort du péché ; le rétablissement de l’être a commencé, il n’attend plus que la résurrection du corps comme dernière délivrance. La mort seconde désigne aussi la damnation éternelle (Apocalypse 20.6-14).

On trouve dans l’Écriture plusieurs expressions poétiques et comparaisons particulières pour rendre l’idée de mort ; mais elles se comprennent facilement. La mort est appelée le roi des épouvantements (Job 18.14) ; les portes de la mort désignent le tombeau (Psaumes 107.18) ; les instruments de mort sont des armes meurtrières ; un fils de la mort, c’est un homme condamné à mourir, ou qui a mérité la mort. L’amour est fort comme la mort, dit Salomon (Cantique 8.6), c’est-à-dire que l’amour triomphe de tout, de même que rien ne peut résister à la mort. Les Hébreux avaient, pour les corps-morts, un grand respect, autant par l’idée de la souillure légale qui résultait de leur contact, qu’à cause de leur croyance en la résurrection des corps ; ils regardaient comme un malheur réel la privation de sépulture (1 Rois 14.11 ; 16.4 ; 21.24 ; Jérémie 7.33 ; 8.2 ; 9.22 ; etc. Ézéchiel 29.5 ; etc. Psaumes 79.3 ; etc.). C’était aux plus proches parents, aux fils, qu’était imposé le devoir d’enterrer leurs pères et leurs mères (Matthieu 8.21). Si un corps restait exposé ou abandonné, il risquait de devenir promptement la proie de bandes de chiens affamés et sans maîtres, ou celle des oiseaux de l’air (1 Rois 14.11 ; 1 Rois 16.4 ; 1 Rois 21.24) ; mais ce cas était rare chez les Juifs, et n’arrivait presque qu’en temps de guerre, car les criminels eux-mêmes étaient ensevelis après leur exécution (Deutéronome 21.23 ; Matthieu 27.58).

Il n’en était pas toujours de même chez les Égyptiens (Genèse 40.19). D’après le Talmud, il y aurait eu à Jérusalem des sépulcres spécialement destinés aux suppliciés. La sépulture, ou enterrement, a été chez les Juifs, dès les temps les plus anciens, la manière ordinaire de faire disparaître les cadavres (Genèse 23.19 ; 25.9 ; 35.8-19 ; Juges 2.9 ; 1 Samuel 25.1 ; Jean 11.17 ; etc.). L’usage grec de les brûler n’existait pas, et le seul exemple que nous en trouvions (1 Samuel 31.12), se présente avec des circonstances extraordinaires, qui ont pu justifier ou provoquer cette mesure également extraordinaire. Saül était rejeté de Dieu ; roi d’Israël, il s’était suicidé, et les usages, comme les nécessités de la guerre, la mutilation, et peut-être la décomposition des corps, exigeaient qu’il en fût ainsi. On peut comparer encore Amos 6.10, dont l’idée principale est que le malheur des temps voudra que les corps soient brûlés (et cela, par les plus proches parents, à défaut d’autres), comme le seul moyen de s’en défaire sans danger. Après l’exil, l’usage de brûler les corps n’entra pas davantage dans les mœurs judaïques ; le Talmud en fait exclusivement une coutume païenne, et Tacite dit aussi que les Juifs ne se défaisaient pas de leurs morts autrement que par l’inhumation.

L’Écriture ne donne pas beaucoup de détails sur les cérémonies funèbres et sur l’ensemble des funérailles ; on peut voir ce que nous avons dit aux articles Cadavres, Deuil, et Sépulcres. Le corps était ordinairement enveloppé de linges (Jean 19.40 ; 11.44), et emporté les pieds devant. Comme on ne se servait pas toujours de bières, il n’était pas besoin d’un long temps entre la mort et la sépulture, on le voit par l’exemple d’Ananias et de Saphira. Anciennement, des pleureuses à gages et des joueurs d’instruments accompagnaient le convoi, auquel devaient se joindre, par respect, tous ceux qui le rencontraient, usage auquel notre Sauveur semble faire allusion (Luc 7.32), et Paul (Romains 12.15).