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Tête
Dictionnaire Biblique Westphal
Calmet

L’hébreu rôch, le grec képhalê sont rendus, dans notre langue plus nuancée, par des termes variables : tête, chef, sommet, personne, etc.

1.

Au sens propre, le mot est fréquent dans la Bible, appliqué aux hommes (Genèse 40.16 ; 2 Rois 4.19 ; Esther 2.17, cf. 1 Samuel 5.4 ; Marc 6.25 ; Marc 14.3 etc.) et aux animaux (Genèse 3.15 ; 2 Samuel 3.8 ; 2 Rois 6.25 ; Apocalypse 9.17 ; Apocalypse 9.19 etc.). Il s’applique aussi au sommet des montagnes ou des rochers (Genèse 8.5 ; Nombres 23.9 ; Apocalypse 17.9, cf. l’arabe ras [= promontoire), des tours (Genèse 11.4), aux chapiteaux de colonnes (1 Rois 7.19), aux épis sur la tige (Job 24.24), à la pierre de fondation ; Psaumes 118.22 ; Marc 12.10 ; 1 Pierre 2.7 ; voir Angle (pierre de l’), au chevet du lit (Genèse 47.31), etc. Pour les soins de la tête, voir Chevelure, Onction, Parfum. Pour les diverses coiffures, voir Vêtement, V La décapitation est souvent mentionnée, non comme châtiment légal (voir Crimes, délits et peines), mais comme fait de guerre (1 Samuel 17.51 ; 1 Samuel 17.54 ; 1 Samuel 31.9 ; 2 Samuel 20.21 et suivant, Juges 13.8, 1 Macchabées 7.47 ; 1 Macchabées 11.17) ou comme un crime de tyran (Matthieu 14.8-11).

2.

La tête étant considérée comme organe de direction, siège de la pensée et de la volonté, la partie peut être prise pour le tout, ainsi qu’en français : tête = corps de troupes (Juges 7.16), le nombre des têtes en armes (1 Chroniques 12.23). La tête représente la personne humaine dans son existence (1 Samuel 28.2 ; littéralement, la garde de ma tête), dans ses responsabilités (2 Samuel 1.16 ; Psaumes 7.17 ; Ézéchiel 9.10 ; Ézéchiel 17.19), dans sa force dominatrice (Juges 8.28 ; Psaumes 27.6 ; Psaumes 83.3). Se raser ou non la tête (Genèse 41.14 ; Lévitique 21.5 ; Nombres 6.5 ; Nombres 6.18 ; Job 1.20), la couvrir de cendres (1 Samuel 4.12), rester tête couverte ou nu-tête (Genèse 24.63 ; Lévitique 10.6 ; 2 Samuel 15.30 ; Ézéchiel 24.17 ; 1 Corinthiens 11.4 ; 1 Corinthiens 11.7) sont des attitudes de dignité ou de révérence, de douleur, de deuil, de consécration (voir Deuil, Gestes). Répandre l’huile sur la tête de quelqu’un (Psaumes 133.2 ; Psaumes 141.5 ; Marc 14.3; Luc 7.46 etc.). c’est lui rendre un hommage d’honneur et de gratitude. Pour la métaphore de Proverbes 25.22 ; Romains 12.20, voir Charbon. Bien des expressions courantes de la Bible se retrouvent en français et n’ont pas besoin d’explications : lever ou relever la tête (Psaumes 75.6 ; Psaumes 110.7; Luc 21.28 etc.), hocher la tête (Psaumes 44.15 ; Psaumes 64.9 ; Siracide 12.18 ; Marc 15.29), reposer sa tête (Luc 9.58), rompre la tête (Luc 18.5), tomber la tête en bas (Sagesse 4.19), la tête blanche du vieillard (Siracide 25.4 et suivant), etc.

3.

L’hébreu ou le grec appellent aussi tête un chef (comme le latin caput), tête d’une collectivité, prince, pontife, mari (Exode 6.14-25 ; 1 Samuel 15.17 ; 2 Chroniques 10.11 ; 2 Chroniques 24.6 ; Job 29.25 ; Éphésiens 1.22 ; Éphésiens 4.15 ; Éphésiens 5.23) ; saint Paul applique l’expression à la hiérarchie chrétienne (1 Corinthiens 11.3, voir chef). Par analogie, la tête désigne aussi la ville capitale d’un pays (Ésaïe 7.8 et suivant), le premier mois de l’année (Exode 12.2), les denrées de premier choix (traduit par exquis, Exode 30.23 ; Ézéchiel 27.22, etc.). Pour la locution : être à la tête ou à la queue, voir (Deutéronome 28.44 ; Ésaïe 9.13 et suivant) Queue. Dans les tableaux apocalyptiques, les têtes sont un symbole fréquent des chefs, des rois ou des empires (Daniel 2.32 ; Daniel 2.38 ; Daniel 7.6 ; Apocalypse 9.17 ; Apocalypse 9.19 ; Apocalypse 12.3 ; Apocalypse 13.1 ; Apocalypse 13.3  ; Apocalypse 19.12 La 4e vision, celle de l’aigle, dans Pseudo-Esdras 11 et 12, etc.) ; les Similitudes d’Hénoc désignent le Tout-Puissant, juge suprême du monde, comme « Tête (ou Chef) des jours ».


Dictionnaire Encyclopédique de la Bible par Alexandre WESTPHAL, Pasteur, Docteur en Théologie, et professeur honoraire de l'Université de Toulouse (Faculté de Théologie protestante de Montauban).
Edition originale publiée en 1932 par les Editions et Imprimeries « Je Sers », Issy-les-Moulineaux. Imprimeries Réunies Ducros et Lombard, Aberlen et Cie. Valence sur Rhone.
Numérisation Yves PETRAKIAN – 2005 France.