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Plante
Dictionnaire Biblique Westphal

Généralités

On désigne sous ce nom tous les êtres vivants qui tirent leur subsistance de la matière inorganique. C’est en effet la principale caractéristique des plantes de former des produits organiques à partir de la matière brute. L’élaboration de ces produits est due à la fixation du carbone par l’activité des parties vertes des plantes : c’est la synthèse chlorophyllienne qui se fait sous l’action des radiations solaires (voir Lumière). La plante nous apparaît donc dans l’économie naturelle comme un organisme unique, destiné à assurer la subsistance du règne animal (voir Animal). Le même être ne pouvait à la fois assurer les fonctions élémentaires de l’assimilation et devenir indépendant du milieu ; les longues expositions au soleil d’une grande surface chlorophyllienne sont le propre de la plante ; l’animal trouve, en la substance même du végétal, les matériaux organiquement élaborés et assimilables par lui.

Les plantes appartiennent au règne végétal dont elles constituent la plus grande partie. L’autre partie est composée des végétaux saprophytes (bactéries, ferments), qui s’alimentent de la décomposition de produits organiques et dont le rôle est fort différent de celui des plantes (voir Levain). Ces végétaux président à certaines transformations chimiques indispensables dans l’économie organique ; par exemple, certaines bactéries fixent l’azote atmosphérique dans le sol où les plantes l’utilisent pour leur croissance ; d’autres assurent la formation de terreau en désagrégeant la cellulose végétale.

On doit en outre reconnaître aux plantes un rôle assainissant, car elles sont de véritables épurateurs de l’atmosphère. Tandis que l’animal absorbe l’oxygène par la respiration et restitue de l’acide carbonique, la plante s’empare de cet acide carbonique et restitue de l’oxygène. On voit l’importance du règne végétal qui se présente à nous comme le producteur unique de la nourriture assimilable et de l’air respirable dont les animaux et l’homme ne peuvent se passer. Les plantes se classent en plantes à fleurs (phanérogames) et plantes sans fleurs (cryptogames). Elles sont herbacées, buissonneuses ou arborescentes (voir Herbe, Arbrisseau, Arbre). Toutes les plantes comportent une ou plusieurs racines, une tige plus ou moins distincte, portant ou non des branches ou rameaux et des feuilles. Les phanérogames présentent des fleurs et des fruits contenant des graines (semence) ; les cryptogames présentent des spores.

Bible

Il n’existe pas en hébreu d’équivalent de notre mot plante. Les mots des racines nâta (Ésaïe 60.21 ; Ésaïe 61.3 ; Psaumes 144.12 ; Michée 1.6) et châthal (Psaumes 128.3) peuvent se traduire par : plante, plant, plantation, rejeton, etc (cf. 1 Chroniques 4.23 ; Job 14.9 ; Psaumes 144.12 ; Ésaïe 5.7 ; Ésaïe 17.10 ; Ésaïe 60.21 ; Ésaïe 61.3 etc.).

Le récit de la création dans la Genèse (Genèse 1.12-29) distingue les plantes herbacées et les arbres, les unes portant la semence en elles, les autres la portant dans un fruit. Les herbes sont données par le Créateur en nourriture à l’homme et aux animaux (Genèse 1.29 et suivant). La semence de l’herbe c’est le grain, et spécialement le grain des graminées : blé (Genèse 27, Psaumes 72.16), froment (Deutéronome 8.3 ; 2 Samuel 17.28 ; Psaumes 65.13 ; Jérémie 12.13), orge (Deutéronome 8.8 ; 2 Samuel 17.28 ; Jérémie 41.8), dont la valeur alimentaire est grande. Ni l’avoine ni le seigle ne sont mentionnés. Le blé et le moût (pain et vin) sont la base de la nourriture (Genèse 27.37 ; Deutéronome 7.13 ; Deutéronome 11.14 ; Osée 2.22 ; Néhémie 2.15) ; le pain et l’eau sont d’ailleurs l’essentiel (Exode 23.25 ; Nombres 21.5 ; Job 22.7 ; Ésaïe 33.16, etc.).

Les herbes servent au vêtement, par exemple le lin (Genèse 41.42), qui se tisse (Exode 35.25) et se brode (Exode 35.35) ; mais il ne doit pas être tissé avec la laine (Deutéronome 22.11). Le coton et le chanvre sont inconnus. Voir Lin.

L’herbe est la plus humble des plantes ; elle est éphémère (Psaumes 90.5) comme la vie de l’homme ; (Psaumes 37.2 ; Psaumes 72.16 ; Psaumes 103.15 ; Ésaïe 40.6 ; Ésaïe 51.12) elle sèche l’été (Psaumes 102.5 ; Jacques 1.11 ; 1 Pierre 1.24) et brûle (Ésaïe 5.24).

La racine (voir ce mot) puise dans le sol l’aliment et l’eau nécessaires à la plante (Job 14.8 ; Job 29.19 ; Ésaïe 40.24 ; Matthieu 13.6). C’est elle qui assure sa prospérité, d’où les comparaisons de Proverbes 12.3 ; Proverbes 12.12 et de Romains 11.16 et suivants, Osée 9.16 ; Matthieu 13.21; Luc 8.13 ; 1 Timothée 6.10 ; Hébreux 12.15. La racine pousse de la tige et peut donner une plante nouvelle par bouture (Psaumes 80.10) ; la propriété de prendre racine est mentionnée au figuré dans Job 5.3 ; Ésaïe 27.6. Réciproquement, elle peut pousser une tige et donner une plante nouvelle par rejet (Ésaïe 11.1 ; Ésaïe 60.21 ; Romains 15.12).

La tige est la partie centrale de la plante : chez les plantes herbacées, elle est souvent peu distincte ; les tiges de lin sont mentionnées (Josué 2.6). Chez les grands végétaux elle porte le nom de tronc : c’est le tronc qui porte les racines (Ésaïe 40.24). Les troncs ou les restes de troncs d’arbres abattus peuvent donner des rejetons (Ésaïe 11.1 ; Genèse 49.22 ; Job 14.7).

Des rameaux partent du tronc (Néhémie 8.15 ; Psaumes 80.11). Ce sont eux qui portent les feuilles. Les bourgeons ou boutons sont peu remarqués (Nombres 17.8). Les rameaux abritent les oiseaux du ciel. Les plantes buissonnantes qui n’ont pas de tronc principal sont formées de rameaux touffus (Lévitique 23.40). Au contraire, les rameaux des grands arbres sont portés par des branches ou rameaux principaux (Ézéchiel 17.23 ; Ézéchiel 31.6 ; Daniel 4.14). Mais dans la Bible le mot branche est le plus souvent synonyme de rameau (Genèse 30.37 ; Lévitique 23.40 ; Ésaïe 9.13 : branches de palmier ; Nombres 13.23 ; Ézéchiel 17.6 : de vigne ; Jérémie 1.11 : d’amandier ; Ésaïe 27.10, etc.). Lors de l’entrée de Jésus à Jérusalem, on étendit sur son passage des branches qui sont des rameaux (Matthieu 21.8 ; Marc 11.8) ; selon saint Jean on agitait des palmes (Jean 12.13). Les palmes sont les rameaux de certains arbres de la famille des palmiers (voir ce mot) : c’est un rameau décoratif et honorifique (1 Rois 6.29 ; 1 Rois 6.32 ; 1 Rois 6.35 ; 2 Chroniques 3.5 ; Ézéchiel 41.18 ; Apocalypse 7.9).

La feuille est la partie verte par excellence de la plante (Proverbes 11.28 ; Jérémie 17.8). Adam et Eve firent de la feuille de figuier leur premier vêtement (Genèse 3.7). La colombe rapporta à Noé une feuille d’olivier, gage de l’abaissement des eaux du déluge (Genèse 8.11). La feuille flétrie qui tombe est une fréquente comparaison (Ésaïe 64.6 ; Jérémie 8.13). La feuille nouvelle marque le printemps (Marc 13.28 ; Matthieu 24.32). Certaines feuilles servaient de remède (Ézéchiel 47.12 ; Apocalypse 22.2).

La fleur (voir ce mot) vient en son temps sur la plante (Genèse 40.10) ; comme les feuilles elle est portée par le rameau (Nombres 17.8). Comme l’herbe la fleur est éphémère (Job 14.2 ; Psaumes 90.6 ; Ésaïe 40.6 ; Jacques 1.11 ; 1 Pierre 1.24). La fleur est un signe de prospérité (Psaumes 72.7 ; Proverbes 14.11) ; c’est elle qui donne le fruit (Ésaïe 18.5).

Le fruit (voir ce mot) a une grande importance en raison de sa valeur alimentaire. Dans Genèse 1.29, l’Éternel donne à l’homme pour nourriture l’herbe portant semence et l’arbre portant du fruit. Le fruit doit mûrir (Marc 4.29; Luc 8.14) ; les plus importants sont ceux de la vigne et de l’olivier.

La greffe, pratique consistant à faire croître un rameau d’une espèce sur le tronc d’une autre, ne paraît pas avoir été connue en Israël. D’ailleurs Israël avait en horreur tout ce qui ressemblait à un métissage. Dans Romains 11.17 et suivants, saint Paul fait une comparaison avec la greffe d’olivier (voir ce mot, paragraphe 2). H. L.


Dictionnaire Encyclopédique de la Bible par Alexandre WESTPHAL, Pasteur, Docteur en Théologie, et professeur honoraire de l'Université de Toulouse (Faculté de Théologie protestante de Montauban).
Edition originale publiée en 1932 par les Editions et Imprimeries « Je Sers », Issy-les-Moulineaux. Imprimeries Réunies Ducros et Lombard, Aberlen et Cie. Valence sur Rhone.
Numérisation Yves PETRAKIAN – 2005 France.